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Un enregistrement de Joni Mitchell par Jimi Hendrix sortira grâce à un batteur canadien

Une femme avec une guitare chante dans un micro sur scène.

Du matériel inédit de Joni Mitchell verra le jour grâce à Richard Patterson, un batteur originaire d'Ottawa décédé en 2011.

Photo : Radio-Canada / Still Photo Collection

Radio-Canada

Ian McLeish, un ami du batteur d’Ottawa Richard Patterson, qui collectionnait les bandes pour magnétophones à bobines avant de mourir en 2011, a dépoussiéré une bande audio de la chanteuse Joni Mitchell en spectacle. Des extraits de cette prestation enregistrée en 1968 de façon impromptue par nul autre que la légende de la guitare Jimi Hendrix sortiront cet automne.

Ils feront partie d’une compilation d’archives musicales de la chanteuse intitulée Joni Mitchell Archives Vol. 2: The Reprise Years (1968-1971), dont la sortie est prévue le 29 octobre. L’album comprend notamment une version inédite enregistrée par Jimi Hendrix de The Dawntreader, une chanson qui figurait sur l’album de Joni Mitchell Song to a Seagull.

L’existence de cette pièce d’anthologie était connue depuis longtemps, notamment de Hendrix qui en a parlé dans son journal intime, mais l’enregistrement est demeuré introuvable pendant des décennies.

Un concert à Ottawa en 1968

En 1968, une Joni Mitchell de 24 ans en pleine ascension s’est arrêtée au café de renommée internationale Le Hibou Coffee House à Ottawa pour une résidence de deux semaines. Le 19 mars 1968, après avoir présenté un deuxième concert à guichets fermés au Capitol Theatre, à proximité du café, Jimi Hendrix a appelé la chanteuse native de l’Alberta pour lui demander de l’enregistrer en prestation.

J’ai parlé avec Joni Mitchell au téléphone. Je crois que je vais l’enregistrer ce soir avec mon excellent appareil à bande magnétique (je touche du bois)... Hmmm… je ne trouve pas de bois… tout est en plastique, écrivait alors le musicien dans son journal.

Jimi Hendrix et sa Fender Stratocaster

Jimi Hendrix et sa Fender Stratocaster

Photo : SCANPIX

Dans le livret qui accompagne son album d’archives à venir, Joni Mitchell se remémore la soirée en détail : Ils sont entrés et m’ont dit : ''Jimi Hendrix est là, il est devant.'' Je suis allée le rencontrer et il avait une grosse boîte. Il m’a dit : ''Je suis Jimi Hendrix. Je fais partie de la même étiquette que toi, Reprise Records.''

Le guitariste a ensuite demandé à Joni Mitchell s’il pouvait enregistrer son spectacle, ce qu’elle a accepté volontiers. Il a alors sorti de la boîte un grand enregistreur à bande magnétique et s’est installé.

La scène se trouvait à un pied du sol à peine. Il s’est agenouillé à une extrémité avec un microphone, et tout le long du spectacle, il a bidouillé avec les boutons de l’enregistreur, affirme la chanteuse.

La bande audio obtenue ce soir-là a été volée peu après dans une voiture, puis Hendrix est mort deux ans plus tard, en 1970. Le précieux enregistrement avait disparu.

La bande audio retrouvée après 30 ans

Trente ans plus tard, le batteur Richard Patterson a demandé à son ami musicien Ian McLeish de numériser plus de 300 bandes audio qu’il avait accumulées au fil des ans.

Certains enregistrements lui avaient été envoyés par des artistes qui voulaient passer à la radio, d’autres venaient de groupes avec lesquels il avait travaillé. Et il y avait d’autres bandes audio qu’il avait ramassées ici et là, dans des studios d’enregistrement, s’est rappelé Ian McLeish dans une entrevue.

La ténacité d’Ian McLeish

Après le décès de Richard Patterson, en 2011, sa succession a demandé à Ian McLeish de passer en revue une fois de plus les vieux enregistrements.

J’ai trouvé une tonne de bandes audio que Richard ne m’avait pas envoyées la première fois. L’une d’entre elles était celle du spectacle de Joni Mitchell au café Le Hibou que Jimi avait enregistré en mars 1968, a-t-il expliqué.

Ian McLeish a numérisé l’enregistrement, et tous les autres de Patterson, avant d’envoyer les originaux à Bibliothèque et Archives Canada pour qu’ils y soient conservés. Mais j’ai gardé les versions numérisées de tout le matériel, a affirmé McLeish, qui vend d’anciens enregistrements par l’entremise de son étiquette Mousehole Music.

J’espérais que ce truc de Joni intéresserait quelqu’un un jour, dit-il, mais comme c’était un vieil enregistrement, je ne me doutais pas qu’il était particulièrement important.

Joni Mitchell renversée par l’enregistrement

L’an dernier, Ian McLeish a appris que Joni Mitchell avait commencé à dévoiler au public du matériel datant de ses débuts. Il a donc envoyé la bande audio de 1968 à son agence artistique.

De ce que je comprends, lorsqu’ils l’ont envoyée à Joni, elle a été renversée. Elle croyait que l’enregistrement avait disparu à jamais; elle était donc très emballée, a-t-il expliqué.

À la demande de Joni Mitchell, Ian McLeish a par la suite tenté de récupérer l’original auprès de Bibliothèque et Archives Canada, mais les restrictions sanitaires liées à la COVID-19 ont compliqué le processus. Finalement, Richard Green, un retraité de l'institution, s’est rappelé avoir reçu l’enregistrement à l’époque et l’avoir caché parmi tout le reste, puisqu’il y avait un moratoire sur les acquisitions du genre à ce moment. Il a donc pu récupérer le matériel.

Le seul mystère qui demeure dans cette histoire est de savoir comment l’enregistrement a pu atterrir dans la collection de Richard Patterson.

Je ne le sais pas, parce que Richard est maintenant décédé. Il ramassait toujours des enregistrements pour sa collection. Donc soit il l’a trouvé dans un studio, soit quelqu’un le lui a envoyé, a conclu Ian McLeish.

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