•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un mois après l'incendie, la frustration monte chez les résidents de Lytton

La quantité de travail nécessaire pour reconstruire le village est « vertigineuse », reconnaît la Municipalité.

Un bâtiment complètement rasé par les flammes à Lytton, en Colombie-Britannique.

En juillet, les résidents de Lytton sont montés à bord d'un autocar pour une visite de leur village, détruit dans un incendie le 30 juin, afin de pouvoir constater les dégâts.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Un mois s’est écoulé depuis l’incendie qui a détruit le village de Lytton, en Colombie-Britannique. Si la poussière est retombée depuis, l'inquiétude et la frustration des résidents, qui ne savent toujours pas quand ils pourront s’y réinstaller, ne font qu'augmenter.

En quelques minutes, les flammes ont anéanti plus de 90 % de cette petite municipalité enclavée dans le canyon du Fraser.

Pierre Quevillon a tout perdu : sa maison, sa camionnette et ses deux chiens qui s'y trouvaient prisonniers. Ils étaient ma vie, mes amis, raconte le menuisier, qui a refusé de prendre part à la visite du village organisée peu après les événements, la charge émotive étant trop lourde.

J’aimerais être à Lytton, dit-il à l’hôtel qui lui sert d'abri temporaire. Mais je dois me faire à l’idée. Il n’y a plus rien.

La reconstruction sera longue, reconnaît-il. Il va falloir refaire les infrastructures, les égouts, l’eau, l’électricité. Rien de tout cela ne sera effectué avant l’été prochain, selon lui.

Des voitures brûlées devant les ruines d'un bâtiment.

Ce sera long avant que ne soit donné le premier coup de marteau pour la construction d’une maison, croit Pierre Quevillon.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Sans consultation ni information

Jennifer Thoss habitait à Lytton depuis 2015. Elle dénonce ce qu’elle considère comme un manque de communication de la part de la Municipalité.

Un mois s’est écoulé, et nous ne pouvons toujours pas accéder à nos propriétés, dit Mme Thoss. On voit que les routes ont été dégagées, ce qui nous permettrait au moins de nous y rendre en voiture, mais pour une raison quelconque, ce n’est pas permis.

La rencontre du conseil municipal tenue il y a quelques jours n'inspirait rien de bon, à son avis.

En réfléchissant au fait de construire Lytton avec des bâtiments à zéro émission nette, sans consulter les principaux intéressés, le village et le gouvernement provincial tentent d’imposer une vision futuriste dans une communauté qui n’en demande pas autant, dénonce Jennifer Thoss.

Le manque d'information est d'autant plus inquiétant que les différents assureurs imposent des limites pour la reconstruction, rappelle Mme Thoss. Elle a deux ans pour rebâtir sa maison, certains de ses voisins, seulement un.

Un mois est déjà passé, et nous n’avons aucun échéancier, aucune idée de quand nous pourrons simplement y remettre les pieds.

Une citation de :Jennifer Thoss, sinistrée de Lytton

Un travail vertigineux

La Municipalité de Lytton refuse de donner un échéancier pour le retour des résidents et la reconstruction.

La quantité de travail nécessaire pour reconstruire notre village est vertigineuse, admet la conseillère municipale Liliane Graie : Il faudra progresser une étape à la fois.

Notre village était peut-être de petite taille, mais l'ampleur des dégâts qu'il a subis est catastrophique.

Une citation de :Liliane Graie, conseillère municipale, Lytton

Le village tente actuellement d'obtenir des fonds pour la reconstruction, dit-elle. La Colombie-Britannique et le gouvernement fédéral ont promis d'aider le village financièrement.

Une clôture blanche avec des décombres à l'arrière.

Il reste très peu de structures encore debout à Lytton. Seules quelques cheminées et clôtures restent debout ici et là parmi les décombres des maisons.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Rebâtir intelligemment

Paul Cereno, un entrepreneur originaire de Lytton, veut mettre ses connaissances en charpenterie à profit pour la reconstruction. Il aimerait obtenir le feu vert de la Municipalité pour bâtir des résidences modulaires temporaires. Ces gens ont besoin d’un lieu pour guérir.

Le zonage et la construction devront être repensés de manière à mieux affronter de tels événements, dit Pierre Quevillon. Ce n’est une question de temps avant que cela ne se reproduise.

Le plan d’évacuation, qui a connu des ratés, selon lui, doit être plus efficace. Il va falloir mettre en place un système avec une sirène. Comment se fait-il qu’il n’y ait pas eu de sirène? demande-t-il.

On vit dans un environnement propice aux feux, il faut commencer à penser à sauver les vies, à sauver nos villes, conclut-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !