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Corps confondu avec un mannequin : beaucoup de questions en suspens

Le corps de la femme a été retrouvé aux abords de ce boisé, sous les feuilles d'arbres brûlées.

Le corps de la femme a été retrouvé aux abords de ce boisé, sous les feuilles d'arbres brûlées.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Radio-Canada

La méprise des premiers répondants qui ont pris un corps brûlé pour un mannequin en silicone soulève de nombreuses réactions et beaucoup d'interrogations. À l'instar du pathologiste Robert Nicholson, Michel Savard, ex-directeur adjoint de la Sûreté du Québec (SQ), croit que la prémisse de départ a probablement fortement contribué à cette erreur. La Ville, de son côté, veut avoir des réponses.

Quand on regarde le fil des événements et l'appel initial, j'ai l'impression qu'on est parti avec une certaine vision tunnel des choses, estime Michel Savard.

On est déjà dans l'idée qu'on a à faire à un quelconque objet. Déjà, là, on est dans cet esprit-là, et c'est avec ça qu'on va travailler tout au long des minutes et des heures qui vont suivre, jusqu'à tant qu'on se dise qu'il y a quelque chose qui ne va pas.

On se fie tout le temps aux informations initiales. C'est d'abord pour un incendie d'objet, de broussailles. C'est ça, l'appel initial.

Une citation de :Michel Savard, ex-directeur adjoint de la SQ

Cependant, si le pathologiste soutient qu'il peut être facile de se tromper en raison du réalisme des mannequins, l'ex-directeur se demande comment une telle erreur a pu se produire. Il admet que la méprise est quand même importante, car un corps calciné est assez spécifique, soutient-il. Il y a des éléments qui nous font dire que c'est un corps calciné.

C'est surprenant. Il y a une enquête qui a manqué au départ, affirme-t-il. Il y a plusieurs éléments et plusieurs moments distincts dans toute l'histoire, la chronologie, où on peut faire cette distinction-là : au début, au milieu, au moment du sac, au moment du transport, au moment du dépôt dans la benne... Il y a des moments où on pourrait allumer.

C'est étonnant. Est-ce que tous les premiers répondants avaient la formation, l'expertise nécessaires?

Une citation de :Michel Savard, ex-directeur adjoint de la SQ
Des fleurs déposées sur le sol

Des fleurs ont été déposées à l'endroit où la femme a été trouvée.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Michel Savard rappelle toutefois que comme la cause initiale était un feu de broussailles, le dossier relevait à ce moment du Service des incendies.

Au départ, le Service des incendies traite des centaines d'appels et de causes d'incendie dans son quotidien. Il faut distinguer vraiment le départ de l'appel. [...] Si, au départ, on n'est pas dans la cause [criminelle], ça reste un dossier qui reste au Service des incendies.

Il y a une distinction et un passage de la responsabilité de l'enquête qui se fait quelque part, ajoute-t-il. Ce n'est pas coupé au couteau. Mais, dans le cas présent, on l'a échappé complètement.

Un dossier invraisemblable

Steve Lussier, maire de Sherbrooke, admet pour sa part qu'il s'agit d'un dossier complètement invraisemblable.

Je veux voir cette enquête aboutir. Je veux voir le rapport complet. Et avant de me prononcer, je veux voir tous les éléments.

Une citation de :Steve Lussier, maire de Sherbrooke

Le maire rappelle qu'il y a des employés sous le choc et que des mesures ont été prises pour les appuyer.

Pour l'instant, on ne parle pas de mesures disciplinaires. On va attendre la fin de l'enquête. Par la suite, on verra, résume-t-il.

Ce que je demande à la population, c'est de continuer à faire confiance à nos services, qui ont toujours bien agi. On va faire la lumière sur ce qui s'est passé.

Une citation de :Steve Lussier, maire de Sherbrooke
Steve Lussier, maire de Sherbrooke.

Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, demande à la population de continuer à faire confiance aux services de la Ville.

Photo : Radio-Canada

De son côté, la présidente du Comité de sécurité à la Ville de Sherbrooke, Danielle Berthold, souligne également avoir été stupéfaite.

C'est très difficile à comprendre, à comprendre le poids de ce qui est arrivé. Mais cette personne était dans une très grande détresse au départ. Et je tiens à offrir mes sympathies à la famille.

Le maire a aussi tenu à offrir ses condoléances, en son nom et celui du conseil municipal, à la famille touchée par cette affaire.

Assistance de la SQ dans l'enquête

Vendredi, le Service de police de Sherbrooke (SPS) a annoncé qu'il avait demandé l'assistance de la Sûreté du Québec pour accompagner les enquêteurs dans la contribution de l'enquête.

Par voie de communiqué, le directeur du SPS, Danny McConnell, a expliqué qu'il est important que l'objectivité et la transparence soient priorisées pour ce dossier jugé exceptionnel compte tenu des différentes perceptions véhiculées.

Danielle Berthold salue cette décision du SPS. Cela n'a pas été imposé par personne. C'est une initiative personnelle du chef de police, Danny McConnell.

Le maire Steve Lussier croit également que cette décision découle d'une volonté de transparence, qui permettra peut-être d'aller un peu plus loin. On se détache un peu avec une firme extérieure. C'est parfait qu'on puisse avoir toute la lumière sur cette affaire-là.

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