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Après le creux de la pandémie, regain d’intérêt en vue pour le sport féminin

Les nageuses canadiennes célèbrent la fin de leur course à relais aux Jeux olympiques.

L'équipe du relais féminin 4 x 100 m libre a offert au Canada sa première médaille des Jeux olympiques de Tokyo, une récolte toute féminine jusqu'à présent.

Photo : Getty Images / Tom Pennington

La pandémie de COVID-19 a provoqué des pertes d’inscriptions dans les clubs de sports amateurs du Québec, qui ont fonctionné au ralenti au cours de la dernière année. Toutefois, les succès olympiques des athlètes canadiennes pourraient entraîner un regain d’intérêt chez les jeunes filles, selon des acteurs du milieu.

Pour Guylaine Demers, codirectrice du Centre national de recherche sur l'équité entre les genres dans le sport, c’est certain que les olympiennes deviennent des modèles à suivre pour les filles.

Ça devient un stimulant incroyable pour amener des jeunes filles à adopter une pratique sportive et à rêver un jour de monter sur le podium, explique celle qui est aussi professeure au Département d’éducation physique de l’Université Laval.

Mais les Olympiques représentent une rare vitrine pour le sport féminin, selon la professeure Demers. Encore aujourd’hui en 2021, si on exclut la courte période des Olympiques aux deux ans, le sport féminin est invisible dans les médias, déplorait-elle en entrevue à Tout un matin, mercredi.

Une étude récente menée par une équipe de chercheuses de l’Université de Toronto suggère pourtant que les modèles d’athlètes féminines sont particulièrement importants pour les femmes.

Les participantes étaient significativement plus motivées par des modèles du même genre dans leur sport, peut-on lire dans l’étude, publiée dans la revue Sex Roles (Nouvelle fenêtre) en janvier. Les modèles du même genre fournissent la preuve que le succès est réalisable et contrecarrent les stéréotypes de genre négatifs.

Et ça se vérifie sur le terrain. Lorsque Mark Nehme est devenu entraîneur d’haltérophilie, dans les années 1990, les femmes étaient peu présentes dans le milieu, se souvient-il. Mais il a pu assister à la transformation du sport depuis l’introduction d’un volet féminin aux compétitions olympiques, qui n’a eu lieu qu’aux Jeux de Sydney, en 2000. À partir de là, les femmes et les filles sont devenues de plus en plus nombreuses à venir s’entraîner au Complexe sportif Claude-Robillard.

Maintenant, avec la médaille d'or de Maude [Charron], je pense que ça va avoir un effet décuplé, prédit l’entraîneur-chef du Club d’haltérophilie de Montréal, qui a déjà reçu des demandes d’inscription depuis le triomphe de la Québécoise.

Une vague qui arrive à un bon moment pour la natation

Et les autres sports ne sont pas en reste. Francis Ménard, le directeur général de la Fédération de natation du Québec (FNQ), dit qu’il n’a pas encore constaté de vague d’inscriptions, les clubs fonctionnant toujours au ralenti et la fin de saison approchant. Mais si on se fie à Rio, il y aura sans doute un regain, avance-t-il.

Les performances de la nageuse canadienne Penny Oleksiak, qui avait remporté quatre médailles olympiques au Brésil en 2016, avaient alors fait mousser l’intérêt des jeunes filles pour la natation, selon M. Ménard. À Tokyo, Oleksiak est devenue l’athlète la plus décorée de l'histoire du pays aux Olympiques d’été avec déjà deux médailles supplémentaires en poche.

À chaque cycle olympique, il y a tout le temps un engouement pour le sport, pas juste en haltérophilie, surtout chez les jeunes, constate M. Nehme.

Un regain d’intérêt qui est plus que bienvenu, après que la pandémie eut mené beaucoup de jeunes à abandonner le sport. Si la première vague de la pandémie n’a pas fait trop de dommages, la fermeture d’octobre à juin a été plus coûteuse, surtout chez les jeunes. M. Nehme estime avoir perdu environ la moitié des membres du club à la réouverture.

Même son de cloche en natation, alors que la FNQ a essuyé une baisse de près de 40 % des inscriptions depuis la dernière saison sans pandémie, tant chez les garçons que chez les filles, selon les chiffres fournis par M. Ménard.

Mais l’avenir s’annonce meilleur, alors que des clubs locaux comme Neptune Natation, qui regroupe des nageurs à Saint-Jérôme et à Montréal, reçoivent déjà plus d’appels de parents, en particulier pour leurs jeunes filles. On a un engouement qui est plus accentué que les autres étés, observe le directeur général Alexandre Gendron.

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