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O’Toole accuse les libéraux de n’avoir « rien fait » pour les interprètes afghans

Erin O'Toole répond à des questions dans une conférence de presse à Ottawa.

Erin O’Toole, chef du Parti conservateur du Canada, dénonce la gestion du dossier afghan par le gouvernement libéral.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le chef conservateur Erin O’Toole a accusé le gouvernement de Justin Trudeau d'« inaction » et d'« indifférence » à l'égard des Afghans qui ont travaillé pour les Forces canadiennes ou pour l'ambassade canadienne en Afghanistan.

De passage dans la capitale néo-brunswickoise Fredericton, vendredi, pour une annonce à saveur électorale, M. O'Toole a attaqué plus précisément le ministre Ahmed Hussen, qui était à la tête du ministère de l’Immigration de janvier 2017 à novembre 2019, après le départ à la retraite de l’ancien ministre John McCallum.

Le premier ministre Justin Trudeau a poussé M. McCallum à la retraite et l’a remplacé par un ministre peu convaincant. […] Le ministre Hussen n’a rien fait, rien, même quand les conservateurs ont promis d’offrir un soutien bipartisan, a fustigé M. O’Toole.

Le gouvernement libéral avait annoncé, vendredi dernier, un programme spécial pour protéger et réinstaller les Afghans qui ont contribué aux efforts du Canada pendant les 13 années qu'a duré la mission canadienne en Afghanistan.

Or, nombre d’entre eux se butent à un processus long et compliqué.

Aux yeux d’Erin O’Toole, non seulement ce programme arrive-t-il trop tard, mais il s'avère en outre déconnecté de la réalité et il constitue une insulte pour la communauté militaire.

Efforts déployés par Ottawa

Vendredi, à Hamilton, en Ontario, la vice-première ministre Chrystia Freeland a reconnu que ces travailleurs afghans, qui ont accompli un travail important, [...] sont maintenant en danger.

Nous travaillons très fort pour identifier ces gens et les amener le plus rapidement possible au Canada, a-t-elle assuré.

Néanmoins, Mme Freeland a offert une réponse évasive à un journaliste qui suggérait que ces citoyens remplissent leur demande de réinstallation hors du sol afghan, afin d'être en sécurité le plus rapidement possible. Je ne vais pas entrer dans les détails, a-t-elle affirmé au sujet des procédures qui leur sont imposées.

Jeudi, Chrystia Freeland avait assuré que les délais administratifs ne visaient pas à restreindre les droits de ces citoyens ayant été à l'emploi des Forces canadiennes ou de l'ambassade canadienne.

Les talibans contrôlent actuellement de vastes zones du pays, et les troupes gouvernementales peinent à les repousser sans le puissant support aérien et logistique des forces américaines, qui doivent terminer leur retrait d’Afghanistan le 31 août.

C'est le chaos total

En critiquant le programme de protection et de réinstallation des travailleurs afghans, vendredi, le chef conservateur Erin O'Toole a joint sa voix à celles d'anciens combattants selon qui ce programme a été mal ficelé par le gouvernement Trudeau.

C'est le chaos total, a dénoncé David Morrow à l'émission Midi info sur ICI Première, vendredi. Cet ancien combattant des Forces armées canadiennes affirme être en contact quotidiennement avec des Afghans qui pourraient être admissibles à un relogement.

Cela devient de plus en plus dangereux pour eux. Les talibans prennent de plus en plus de territoire, et ils commanditent les assassinats de civils dans les villes et villages de l'Afghanistan, a-t-il dit.

Or, le programme créé par Ottawa est compliqué et mal fait, de l'avis de M. Morrow. Ce dernier décrit que non seulement les Afghans n'ont pas de connexion fiable à Internet, mais qu'en outre, ils se heurtent, en fin de compte, aux problèmes qu'éprouve le gouvernement canadien lui-même.

Parmi ces problèmes : l'adresse électronique où les interprètes afghans ont été invités à envoyer d'urgence leur formulaire de demande d'asile ne fonctionnait pas, jeudi. M. Morrow a dit en substance : Imaginez, vous êtes en Afghanistan, vous avez 72 heures pour compléter tous ces documents et, quand vous les envoyez, vous recevez la réponse "désolé, la boîte courriel est pleine".

On ne peut pas faire ça. C'est horrible. Et on est toujours en train de corriger les fautes du gouvernement [canadien].

Une citation de :David Morrow, décrivant les efforts d'anciens combattants du Canada pour aider les Afghans

M. Morrow évalue à entre 5000 et 6000 le nombre d'Afghans qui pourraient être relogés au Canada en vertu de ce programme spécial. Et, à son avis, cela ne devrait pas poser de difficultés, considérant qu'Ottawa était parvenu à faire venir des milliers de réfugiés syriens, en 2015. L'opération actuelle devrait être assez facile pour un pays comme le nôtre, avance-t-il.

En 2012, CBC rapportait qu'un programme spécial, destiné à reloger des interprètes afghans et leurs familles, avait permis à 800 personnes de s'établir au Canada. Vendredi, le chef conservateur O'Toole a d'ailleurs précisé que ce programme avait été créé en 2009 à l'initiative du gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Des Afghans arrivent en sol américain

Pendant que les critiques fusent au Canada, vendredi, un premier vol avec 221 Afghans à bord – accompagnés de 70 enfants – est arrivé à l'aéroport international de Washington-Dulles.

Nous remercions ces braves Afghans de s'être tenus aux côtés des États-Unis et, aujourd'hui, je suis fier de leur dire : bienvenue à la maison, a déclaré le président Joe Biden.

Toutefois, selon une agence luthérienne qui s'occupe des réfugiés, le sort de milliers d'Afghans pouvant potentiellement élire domicile aux États-Unis demeure incertain.

À ce jour, il n'y a tout simplement pas de plan clair pour assurer la sécurité de la vaste majorité de nos alliés, a dit Krish O'Mara Vignarajah, présidente de l'agence Lutheran Immigration and Refugee Service (LIRS).

En toute conscience, nous ne pouvons pas les mettre à risque dans des pays tiers, dont les agissements en matière de droits de la personne ne sont pas fiables, ou dans des endroits où les talibans peuvent les atteindre, a mis en garde Mme O'Mara Vignarajah.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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