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L'histoire des espaces verts de Sherbrooke : au temps du zoo et de l'OTJ

L’imposition des règles sanitaires a poussé la population à l’extérieur et les gens ont envahi les parcs. Dans une série de trois reportages, notre journaliste René-Charles Quirion fait découvrir le passé des grands parcs sherbrookois, ce qui guide les décisions actuelles concernant ces espaces verts, mais aussi les projets qui se trouvent sur la planche à dessin de la Ville de Sherbrooke.

Un bâtiment de ferme.

La ferme du parc Victoria à Sherbrooke.

Photo : Gracieuseté Musée d'histoire de Sherbrooke

René-Charles Quirion

Au siècle dernier, une balade du dimanche pouvait impliquer une baignade dans le lac des Nations et l'observation de singes... à Sherbrooke. La ville foisonnait d'espaces verts et de lieux de récréation. C'est que les autorités municipales voulaient que les Sherbrookois puissent prendre l’air, ce qui les motivait à créer des parcs.

Durant les périodes de grande chaleur, les Sherbrookois s'éloignaient des quartiers ouvriers pour se retrouver au lac des Nations. Pour un divertissement plus exotique, ils pouvaient admirer les animaux au zoo du parc Victoria.

La conservatrice au Musée d'histoire de Sherbrooke, Karine Savary, explique que la Ville de Sherbrooke a acheté la ferme de la famille Terrill dans le quartier est afin d'y aménager le parc Victoria en 1891. L’architecte-paysagiste Frédéric Todd, l’un des pionniers de cette profession, qui a conçu divers parcs au Canada, a travaillé à son développement.

Une délégation s'est même rendue au Massachusetts, aux États-Unis, pour y puiser une inspiration et des apprentissages afin de faire du zoo du parc Victoria l’un des quatre plus beaux zoos du Québec.

Le zoo a eu jusqu'à 150 espèces en 1958. Et lorsqu'il est créé en 1947, c'est 7000 $ qui est investi pour le zoo. On a des espèces d'Amérique du Nord, des ours, des coyotes et des loups, et quelques espèces exotiques, comme des lions et des singes. [Il y avait] même un quartier d'hiver pour les espèces qui sont plus hivernales, comme l'ours, qui était là, explique la conservatrice au Musée d'histoire de Sherbrooke.

Le zoo du parc Victoria.

Le zoo du parc Victoria

Photo : Gracieuseté Musée d'histoire de Sherbrooke

Le zoo a fermé ses portes en 1979. L'enclos de l'ours est l'un des derniers vestiges encore visibles au parc Victoria.

L’OTJ du parc Jacques-Cartier

Le parc Jacques-Cartier, situé au cœur de Sherbrooke, a quant à lui été créé par le clergé dans les années 1930. L'Oeuvre des terrains de jeux, qu'on appelle communément l'OTJ, se trouve alors à l'extérieur du périmètre urbain. Il était donc difficile pour l'église de suivre avec diligence les activités de la jeunesse... et de s'assurer qu'elle respecte les bonnes moeurs!

Des baigneurs sur une plage.

La plage du parc Jacques-Cartier était bien populaire à Sherbrooke.

Photo : Gracieuseté Musée d'histoire de Sherbrooke

Là, on va pouvoir surveiller, mieux encadrer, sous l'oeil avisé des religieux, la jeunesse autant masculine que féminine, explique Karine Savary.

Des régates, des canots et deux grandes plages, l'une pour les hommes et l'autre pour les femmes, étaient présents aux abords du plan d’eau qui s’appelle encore à l'époque la rivière Magog.

Des femmes au parc Jacques-Cartier à Sherbrooke.

Des femmes au parc Jacques-Cartier à Sherbrooke

Photo : Gracieuseté Musée d'histoire de Sherbrooke, fonds de la famille Sévigny

Une époque, d'ailleurs, que l'ancien maire de Sherbrooke, Jean Perrault, a bien connue.

Quand j'avais 11, 12 ou 13 ans, tout le monde venait à l’OTJ, se souvient Jean Perrault.

C’est sur ce même plan d’eau qu’il participe au Championnat du monde de ski nautique en 1967, où il prend le 5e rang. Au cours de la même période, le lac change de nom et adopte celui du lac des Nations, en raison de l'affluence des visiteurs provenant d'un peu partout sur la planète.

C’était le plus beau site de ski nautique au monde, notamment parce qu’il n’y avait pas de vagues. Dans notre curriculum vitae comme Ville, le ski nautique a été la première compétition internationale.

Une citation de :Jean Perrault, ancien maire de Sherbrooke

Sherbrooke, cité des rivières

Jean Perreault y a fondé l'école de ski nautique et il a contribué à la création de la Fête du lac des Nations. Puis, il a fait de ce lac le cœur de son projet phare : Sherbrooke, cité des rivières.

Il était à la tête de l'Hôtel de Ville quand le conseil municipal a autorisé les travaux d’aménagement de la promenade qui borde tout le tour du lac des Nations.

L'ancien maire de Sherbrooke Jean Perrault.

L'ancien maire de Sherbrooke Jean Perrault

Photo : Radio-Canada

Encore aujourd'hui, les gens l'interpellent régulièrement lorsqu'il circule sur cette promenade, son héritage politique. Et il admire ce travail qui fait toujours le bonheur des Sherbrookois.

Ce que je trouve, la beauté de la cité des rivières, c'est que les gens sortent dehors maintenant. On l'a vu avec la pandémie, c'était bondé de monde. On y voit toutes les catégories d'âge, en pousse-pousse, avec des gens en fauteuil roulant, avec des gens qui marchent de tous âges. Je me dis qu'au moins ça aide à la santé des Sherbrookois et des gens de l'Estrie.

Une citation de :Jean Perrault, maire de Sherbrooke

À voir la popularité de la promenade, le mandat d'inciter les Sherbrookois à sortir au grand air semble en effet réussi.

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