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Une nouvelle formation virtuelle pour lutter contre le racisme développée à Ottawa

Des mains de différentes couleurs se joignent.

La nouvelle formation virtuelle « Devenir antiraciste » sera lancée dans les écoles en septembre (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

Le laboratoire Vulnérabilité, Trauma, Résilience et Culture (V-TRaC) de l’Université d’Ottawa a développé une nouvelle formation virtuelle, Devenir antiraciste, qui sera lancée à la rentrée en septembre. Les vidéos bilingues seront diffusées dans les écoles secondaires en Ontario et au Québec.

Cette formation est née du travail de recherche en santé mentale des professeurs Jude Mary Cénat, de l’École de psychologie de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa, Assumpta Ndengeyingoma, du V-TRaC à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), et Cary Kogan, de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa.

En fait, on a développé une première formation pour les professionnels de la santé mentale : Comment offrir des soins en santé mentale antiraciste. Et on a plusieurs institutions, aussi bien dans le secteur public que privé, qui nous ont demandé de suivre le premier module de cette formation qui [abordait] les enjeux du racisme de façon générale, explique le professeur Cénat en entrevue, en marge de la présentation de la nouvelle formation jeudi.

Mais cette formation-là n’était pas adaptée à ce type de besoin, estime-t-il. Une nouvelle version a donc été développée et lancée en octobre 2020.

Finalement, les écoles aussi ont manifesté de l’intérêt et il a donc été décidé d’aller plus loin.

Jude Mary Cénat pose pour une photo.

Jude Mary Cénat, directeur du laboratoire de recherche Vulnérabilité, Trauma, Résilience et Culture (V-TRaC) à l’Université d’Ottawa

Photo : Gracieuseté/Université d'Ottawa / Bonnie Findley

Certains enseignants ont parfois du mal à aborder ces enjeux-là, remarque M. Cénat.

Avec l’aide financière, notamment, de l’Agence de la santé publique du Canada, quatre vidéos animées ont été créées par Chocolate Moose Media pour les élèves du secondaire.

Elles s’attaquent au racisme dont sont victimes les communautés noires, mais aussi autochtones, juives ou japonaises, énumère M. Cénat qui rappelle que pendant la Deuxième Guerre mondiale, ces dernières aussi en ont été victimes.

C’est une bonne façon [de considérer] toute la question de l’historique de tout ça, ajoute-t-il.

Un effet sur la santé mentale

Lutter contre le racisme, c’est aussi une question de santé mentale, insiste le professeur Cénat.

On a publié dernièrement la première étude sur la prévalence de la dépression chez les personnes issues des communautés noires. On a trouvé que la discrimination raciale quotidienne, c’est ce qui expliquait le mieux la dépression chez les personnes issues de ces communautés, rapporte-t-il. Quand on compare ceux qui en sont le plus victimes [...], ils ont 36 fois plus de risque de développer des syndromes de dépression sévère.

Adresser la question du racisme, c’est prévenir toute la question de la santé mentale également. C’est donc adresser le mal, au lieu d’adresser les conséquences du mal.

Une citation de :Jude Mary Cénat, professeur de l’École de psychologie, Université d’Ottawa

L’école est également un lieu où de nombreux jeunes font face au racisme, poursuit-il.

On a mené la première étude canadienne sur la santé mentale des communautés noires. Et cette étude-là a montré que l’école fait partie des deux endroits où les personnes issues des communautés noires sont le plus victimes de discrimination raciale majeure, souligne le professeur Cénat. Plus de 60 % des personnes issues des communautés noires vont dire qu’elles ont été victimes de discrimination raciale à l’école ou à l’université.

En s’adressant aux jeunes, ces vidéos vont permettre d’éduquer les prochaines générations, selon lui.

Les jeunes sont plus réceptifs, mais si on ne fait pas leur éducation aujourd’hui, on se retrouvera, dans 10 ou 15 ans, avec plus ou moins la même société, ajoute-t-il.

Pour les adultes aussi

Si cette formation a d’abord été faite pour les jeunes du secondaire, c’est aussi pour en développer l’aspect grand public, ajoute M. Cénat. Il loue une approche pédagogique qui n’entre pas dans une démarche d’accusation.

On pense qu’il y a un vrai besoin d’éduquer les adultes sur ces enjeux-là, mais de le faire de façon non accusatrice, et c’est ce que font ces vidéos-là, note-t-il. Si elles arrivent à permettre aux jeunes de comprendre les enjeux liés au racisme, ce sera plus facile également pour les personnes adultes de pouvoir les utiliser et de comprendre.

Prochaine étape

En plus de l'Ontario et du Québec, le professeur Cénat espère bien intéresser, à terme, d’autres provinces et territoires.

Le groupe de chercheurs verrait également d’un bon œil rendre cette formation disponible pour les plus jeunes encore.

On peut développer quelque chose de beaucoup plus important. Nous avons les connaissances, le bagage technique pour le faire. Mais ça prend du financement, précise le professeur Cénat.

Pour la doyenne à la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa, Victoria Barham, ce projet marque le premier pas d’un long cheminement.

C’est notre responsabilité de faire de la place et de revoir nos idées préconçues et d’être humbles dans notre apprentissage. Ça va être un voyage pour tout le monde qui va nous amener vers une société meilleure, a-t-elle lancé lors de la présentation virtuelle.

Avec les informations de Patricia Sauzède-Bilodeau

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