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Le maire de Gatineau défend les démantèlements

Une pelle mécanique repose au sol, tandis que des employés se trouvent près d'une tente, à proximité de résidences.

Des employés de la Ville de Gatineau démantèlent un campement de fortune près de l'aréna Robert-Guertin.

Photo : Radio-Canada / Estelle Côté-Sroka

Radio-Canada

Une partie du campement illégal dressé à proximité du ruisseau de la Brasserie a été démantelée jeudi matin. Un autre campement spontané, sur la rue Main, devrait également être démantelé, la semaine prochaine. Une situation difficile que défend toutefois le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Installés dans le campement près du ruisseau de la Brasserie, Éric Peltier et bien d’autres s’étaient préparés, jeudi matin, à l’intervention. Finalement, la pluie a limité le démantèlement annoncé la semaine dernière.

Je trouve que c’est un peu dommage. C’est un peu drastique. Faute de logement, c’est ça le résultat, dit-il, occupé à trouver de la place pour entreposer les affaires d’une autre résidente des lieux.

Seulement quelques tentes ont finalement été retirées. Le reste devrait l’être la semaine prochaine.

Selon Annie Castonguay, directrice adjointe au Bureau régional d'action Sida (BRAS) Outaouais, le temps que les intervenants communautaires et les employés de la Ville démantèlent les campements, les itinérants regroupent leurs affaires pour finalement… les réinstaller à la même place ou presque.

Il n’y a pas de place dans les refuges d’urgence. C’est plein partout! dit-elle. On a 10 à 15 personnes qui dorment à la halte, chaque nuit. On a vraiment un problème de place en Outaouais, présentement. On a demandé au CISSS de l’Outaouais et à la Ville d’agir rapidement pour régler la situation, on a une rencontre la semaine prochaine à cet effet-là.

Maxime Pedneaud-Jobin répond aux questions de Radio-Canada.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Photo : Radio-Canada / Alexander Behne

Voilà déjà quelques années que la situation perdure. Mais pour le maire Maxime Pedneaud-Jobin, les démantèlements restent nécessaires.

On l’a dit au début de l’été, des démantèlements, il va y en avoir tout l’été. Pourquoi on démantèle? Parce que c’est dangereux, la situation dans laquelle se trouvent les gens dans ces campings improvisés. C’est dangereux au niveau de la santé pure, car ce n’est pas un endroit sain. Il y a une accumulation de déchets, il y a parfois de la vermine… Il faut démanteler, ne serait-ce que pour faire le ménage.

Effectivement, j’aimerais mieux qu’on ne fasse pas ça, j’aimerais mieux qu’on ait un système qui est adéquat, mais c’est une question de sécurité.

Une citation de :Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Le maire soutient que de tels campements ne sont pas une solution, d’autant qu’ils regroupent des personnes ayant des problèmes de santé mentale qui ont besoin d’aide, dit-il.

Ça prend de l’accompagnement 24 h sur 24, sinon la vie des gens est en danger. [...] Si on arrête les démantèlements, il y a aussi de graves conséquences possibles.

Mme Castonguay fait une autre lecture de la situation.

Selon la Ville, c’est pour une question de sécurité et de salubrité. Selon nous, c’est pour que les gens se tannent d’être en tente.

Augmenter les options d'accueil

La directrice adjointe du BRAS Outaouais demande à la Ville d’augmenter les possibilités d’accueil pour les itinérants.

Ce qu’on demande à la Ville, c’est d’avoir un local pour la Halte, mais aussi d’avoir une place de débordement, un autre refuge d’urgence, parce que le Gîte et le motel Montcalm ne suffisent plus à la demande.

Une femme pose pour une photo.

Annie Castonguay, coordonnatrice des haltes-chaleur en Outaouais et directrice adjointe du BRAS Outaouais

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Le maire insiste, des pas importants ont déjà été franchis dans le dossier.

Ça fait longtemps que ce dossier me tient à cœur. On n’a jamais autant travaillé ensemble avec le gouvernement du Québec pour des solutions à long terme. Il y a des gestes concrets qui ont été faits. Le CISSS a ouvert un centre sur Gréber, il y en a un autre sur Notre-Dame, il y a la halte-fraîcheur qui a été maintenue. Donc, ce n’est pas tout à fait vrai de dire que ces gens n’ont nulle part où aller. Il y a des endroits et il y a des projets, avec l’annonce du fédéral récemment, pour la création d’unités de logement supplémentaires.

Il insiste aussi sur le fait que certaines personnes ne veulent tout simplement pas se rendre dans ces endroits. Ajouter d’autres espaces ne serait pas une solution viable sans accompagnement, ajoute-t-il.

C’est pas juste un lieu physique, c’est aussi une question d’accompagnement. Guertin, on l’a fait, mais c’est un aréna, il n’y a pas tellement d’intimité quand on veut accompagner quelqu’un qui est en situation d’itinérance.

Un problème grandissant

Les deux parties se rejoignent toutefois sur un point : la crise du logement exacerbe le problème.

On ne fait pas de la magie non plus. La crise du logement, c’est une des pires au Québec, ici. La COVID a augmenté l’itinérance. [...] Il faut donc donner du temps au temps, dit le maire.

La directrice adjointe du BRAS Outaouais se tourne aussi vers la province et son ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe.

[On lui demande] de voir que c’est un problème qui est grandissant, que ça ne diminue pas, que ça va juste en argumentant. On a de plus en plus de places qui sont comblées et de plus en plus de gens qui sont dans des tentes, un peu partout sur le territoire.

Mathieu Lacombe prend la parole devant un micro

Le ministre de la Famille et le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe (archives)

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Présent à Gatineau pour plusieurs annonces, jeudi, le ministre a reconnu que la situation est difficile, mais a assuré que son gouvernement agit en la matière.

Depuis qu’on est arrivés [au pouvoir], dans le domaine de l’itinérance, on en a fait beaucoup. On a démontré qu’on veut aller dans la bonne direction. Ce que ça prend effectivement, c’est plus de ressources, plus d’accueil, mais on a déjà indiqué, de notre côté, quel sera notre plan de match et on va vouloir continuer là-dessus, a-t-il dit. Parfois, ça paraît simple, mais c’est un enjeu très compliqué. Je fais confiance aux personnes qui sont sur le terrain et aux services d’urgence qui savent ce qui est sécuritaire ou pas. Mais en bout de ligne, ce qu’il faut, c’est que ces gens-là aient un toit sur la tête.

Avec les informations de Nafi Alibert et Estelle Côté-Sroka

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