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Des microdistilleries de la Mauricie dénoncent une majoration injuste de la SAQ

Bouteille d'alcool et ses pots d'ingrédients.

Le gin conifère est le deuxième produit par Distillerie Wabasso.

Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Trudel

Trois microdistilleries de la Mauricie critiquent la majoration de 52 % imposée par Québec sur les spiritueux vendus dans leurs commerces alors que la Société des alcools du Québec (SAQ) n’a pas à en faire la manutention ni la vente.

Elles joignent leurs voix à celle de l'Union québécoise des microdistilleries (UQMD) - dont elles sont membres - qui lance un cri du cœur contre une réglementation jugée inéquitable.

Les distilleries de la province doivent payer cette majoration à la SAQ pour les spiritueux vendus directement chez elles. La majoration n’existe pas pour les vignobles et les cidreries.

Le prix à la SAQ, ça inclut la distribution, la mise en marché, l’entreposage. Ce coût on le paie à la SAQ, mais on est obligés de le payer même si on vend sur place, ce qui fait que c’est moins intéressant. Pour vendre sur place, ça nous prend des aménagements et du personnel, explique Nathalie Laberge, directrice générale de la Distillerie Mariana, qui désire vendre éventuellement des spiritueux dans ses installations.

Ça engendre des coûts supplémentaires. On n’a pas d’avantages à vendre directement à l’usine.

Une citation de :Nathalie Laberge, directrice générale de la Distillerie Mariana

L'Union québécoise des microdistilleries soutient que les ventes de spiritueux ont bondi de 87 % entre 2019 et 2020. L’UQMD s’oppose toutefois à la majoration, “car elle engloutit les revenus qui devraient revenir [aux microdistilleries].

Maxime Vincent dans son usine de production.

Le président de Distillerie Wabasso, Maxime Vincent.

Photo : Radio-Canada

Aujourd’hui, en 2021, je pense qu’on a dépassé cette étape-là. On est rendus avec 200 gins sur les tablettes de la SAQ. C’est exceptionnel ce qu’on vit en ce moment. On peut se permettre de démocratiser et de faire en sorte que le producteur ait vraiment un gain réel à la vente sur place, juge le président de Distillerie Wabasso, Maxime Vincent.

À l’avenir, une vente sur place égale un revenu qui est 100 % sur place

Une citation de :Maxime Vincent, président, Distillerie Wabasso

Un frein à l’essor de l’industrie

Selon des distilleries de la région, cette réglementation freine la croissance d'une industrie locale en plein essor. Les gens veulent vraiment visiter les distilleries et veulent aller acheter directement sur les lieux de production, constate Nathalie Laberge.

L’UQMD avance que soustraire les microdistilleries à la majoration permettrait de développer une offre touristique.

Lorsque le client vient ici, on lui fait une visite, on lui parle de notre passion, soutient le président de Distillerie Wabasso, Maxime Vincent. Cet été, on a des clients tous les jours. Des visites. Les gens arrivent à l’improviste, on les accueille même si c’est une shop. On a du plaisir à les accueillir.

Philippe Leblanc et Nathalie Laberge en entrevue.

Le président et la directrice générale de Distillerie Mariana, Philippe Leblanc et Nathalie Laberge.

Photo : Radio-Canada

Le président de Distillerie Mariana Philippe Leblanc se montre lui aussi optimiste. On a un projet de construction au centre-ville de Trois-Rivières pour rendre la distillerie touristique. Le tourisme est une priorité pour nous. Donc on mise sur le fait que le gouvernement va venir aligner notre réalité à celle d’autres producteurs du Québec, indique-t-il.

Avec les informations de Raphaëlle Drouin

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