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Bioparc à Saguenay : la Ville ouvre le processus de consultation

Une terrain vague.

Saguenay projette de construire un bioparc visant à produire du gaz naturel renouvelable près de l'ancien dépotoir municipal de Laterrière.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Le processus de consultation entourant l’implantation d’un bioparc près de l’ancien lieu d’enfouissement sanitaire de Laterrière, un projet controversé à Saguenay, est lancé par la Ville.

Une visite guidée réservée aux médias a eu lieu jeudi au cours de laquelle les journalistes ont pu poser leurs questions. Les citoyens de l’ensemble de la Ville pourront s'exprimer sur Internet (batissons.saguenay.ca) et les résidents du secteur touché par l’implantation du complexe de biométhanisation auront droit à leurs propres séances d’information les 17 et 18 août prochain.

À l’heure actuelle, une seule entreprise formerait le bioparc, dont les coûts d’implantation sont estimés à environ 18 millions de dollars : Agriméthane Saguenay. Formé de plusieurs entreprises, dont Nutrinor et la Fromagerie Boivin, le consortium propose d’utiliser des matières agricoles comme du fumier de bovins, du lactosérum et du foin de mauvaise qualité pour en extraire du méthane. Le digestat, qui est le résidu du processus de méthanisation, serait retourné aux producteurs agricoles, tandis que le méthane serait injecté au réseau de gaz naturel existant.

En mars dernier, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a d’ailleurs annoncé l’injection de huit millions de dollars par son gouvernement pour aider Agriméthane Saguenay à construire son usine laterroise. La production de 2,9 millions de mètres cubes de gaz naturel annuellement par Agriméthane contribuerait à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7500 tonnes par année.

Discorde

Le projet est cependant loin de faire l’unanimité ni chez les citoyens du secteur ciblé ni chez les élus de Saguenay.

Un comité citoyen a été formé pour défendre les intérêts des résidents vivant à proximité du chemin Saint-Paul, qui craignent d’être dérangés par le bruit provoqué par le passage de nombreux camions lourds. Ils s’inquiètent aussi des odeurs émanant du site et de la dépréciation de leurs maisons.

Ce qui va être dérangeant pour nous, pour moi, c'est les odeurs et aussi le fait qu’on a un terrain de jeux extraordinaire. L'hiver, on a des sentiers de ski de fond, des sentiers de raquette , a fait valoir Claude Gagnon.

Il y a deux semaines, le conseiller du secteur, Michel Potvin, a accusé la mairesse Josée Néron d’incompétence dans ce dossier. Il a dit défendre les intérêts de quelque 400 de ses électeurs en s’opposant au projet, selon lui beaucoup trop embryonnaire pour aller de l’avant. Lors d’une assemblée de l’arrondissement de Chicoutimi, le président, Michel Tremblay, a indiqué qu’il n’appuierait pas le projet de bioparc en raison de la grogne qu’il suscite dans le voisinage. Il a indiqué que la Ville a intérêt à refaire ses devoirs pour dénicher un autre lieu.

Canaliser le méthane

Lors de la visite médiatique de jeudi, le porte-parole de la Ville, Dominic Arseneau, a indiqué que les gaz à effet de serre générés par l’ancien dépotoir ternissent le bilan carbone de la Ville en raison du méthane qui s’en échappe. Il a fait valoir qu’un bioparc, où le méthane serait récupéré, permettrait de le canaliser et de le récupérer.

Au sujet du transport lourd, pour lequel la Ville procède actuellement à une modification du règlement de zonage, les inquiétudes des citoyens sont apaisées.

L'accès naturel, il est par le boulevard Talbot, la rue de la Pinède. Il reste à ouvrir un petit tronçon de route qui est situé entre des entreprises déjà existantes qui ne seront pas déplacées. On va simplement passer entre elles , a assuré Dominic Arseneau.

Enfin, il a expliqué que l’émission d'odeurs serait contrôlée par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

La Ville a un rôle à jouer là- dedans, mais toutes ces normes-là de bioparc viennent du ministère de l'Environnement du Québec. Donc, toute entreprise qui s'installerait dans notre bioparc devrait le faire avec un certificat d'autorisation du ministère , a-t-il mis en relief.

S'il voit le jour, le complexe de biométhanisation agricole de Saguenay deviendrait le deuxième au Québec, après celui de Warwick, près de Victoriaville.

Avec les informations de Gilles Munger

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