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Le recours judiciaire de Cime Aventures fait réagir

L'entreprise tente de faire invalider l'entente qui restreint ses activités estivales.

Des usagers de la rivière sont attroupés aux abords du cours d'eau. On aperçoit leurs embarcations derrière eux.

L'autorisation commerciale 2021 délivrée à Cime Aventures par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs limitait le nombre quotidien de descentes et de clients de l'entreprise dans la zone récréative du cours d'eau (archives).

Photo : Dylan Stewart Page

Roxanne Langlois

Le recours judiciaire intenté en Cour supérieure par l’entreprise récréotouristique Cime Aventures suscite des réactions au sein des différentes organisations concernées par la question de la cohabitation sur la rivière Bonaventure.

Le représentant des propriétaires riverains de la rivière Bonaventure, Ronald Arseneault, a admis être drôlement surpris de la judiciarisation du dossier.

Avec une dizaine d’autres partenaires, dont la ZEC de la rivière Bonaventure, M. Arsenault a pris part à l’élaboration du Plan global de cohabitation pour la rivière Bonaventure au cours de la dernière année à la suite de problèmes observés entre usagers l’été dernier. Ce document proposait notamment la réduction du nombre de descentes commerciales sur le cours d’eau.

M. Arsenault ne cache pas son inquiétude quant à la suite des choses.

[Si Cime Aventures va] à l’encontre du processus de concertation qui a été fait et à l’encontre du ministère, imaginez ce qui va arriver après. Si la population se soulève, [va-t-elle] poursuivre la population?

Une citation de :Ronald Arsenault, représentant des propriétaires riverains de la rivière Bonaventure

Selon M. Arsenault, une réflexion sur le bon partage de la rivière s’impose au sein de la population et des différents partenaires concernés.

Ronald Arsenault, représentant des propriétaires riverains de la rivière Bonaventure.

Le représentant des propriétaires riverains de la rivière Bonaventure, Ronald Arsenault

Photo : Gracieuseté de Ronald Arsenault

Tout cela démontre, au-delà des individus et des attitudes, qu’une richesse comme la rivière Bonaventure ne peut pas être laissée entre les mains d’une entreprise privée, fait valoir Ronald Arsenault, qui craint qu’à long terme, le cours d’eau devienne un site récréotouristique comme Valcartier.

Le Plan global de cohabitation pour la rivière de Bonaventure n’a jamais été approuvé ni rejeté par Québec à la suite de son dépôt au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) à la fin mars. Québec a néanmoins ajouté des contraintes aux activités commerciales de Cime Aventures dans son entente commerciale annuelle signée le 11 juin.

C'est cette entente que l'entreprise tente, avec sa requête déposée le 9 juillet, de faire invalider en Cour supérieure.

Déception pour le maire

Le maire de Bonaventure, Roch Audet, qui a lui aussi participé au processus de concertation de la dernière année, n’a pas été étonné de la judiciarisation de l’affaire. Se gardant de commenter le dossier plus en détail, l’élu a toutefois confié à Radio-Canada être déçu de la situation.

Le maire de Bonaventure, Roch Audet.

Le maire de Bonaventure, Roch Audet (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Il indique que le seul point positif des procédures intentées est le fait qu’un juge statuera dans ce dossier, ce qui clarifiera si la navigation sur la rivière peut bien être réglementée par Québec. Cime Aventures allègue en effet que le MFFP a empiété sur la compétence fédérale de la navigation.

On saura à quoi s’en tenir. On aura à prendre des décisions, tous les partenaires, pour s’assurer que ce soit clair et qu’il n’y ait pas d’ambiguïté au niveau de la gestion ou de l’occupation [de la rivière], mentionne le maire Audet.

D’importantes conséquences?

Appelé à commenter le dossier, le député de Bonaventure Sylvain Roy s’est lui aussi fait prudent en raison du processus judiciaire en cours.

L'élu précise toutefois que le dossier soulève la question de la légitimité du gouvernement à gérer le patrimoine collectif et qu’il dépasse ainsi largement les frontières régionales.

Plan moyen de M. Roy en plein débat.

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C’est à mon avis une boîte de Pandore, en ce sens où, en fonction du jugement qui sera [rendu], on peut assister à un nombre assez important d’actions juridiques du même style dans d’autres secteurs d’activités, dit l’élu.

C’est un enjeu extrêmement important, dans ce dossier-là, qui est soulevé.

Une citation de :Sylvain Roy, député de Bonaventure

Selon le député Roy, la requête déposée par Cime Aventures pourrait notamment changer la façon dont on gère les rivières publiques et d'autres enjeux territoriaux au Québec.

Des solutions espérées

La Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA) est bien au fait des problèmes vécus sur la rivière Bonaventure. Sa directrice générale, Myriam Bergeron, estime que le statu quo n’est pas envisageable en raison des tensions suscitées entre les usagers par la cohabitation et des préoccupations quant au sort du saumon.

Un saumon dans l'eau, dans les mains d'un pêcheur.

Un saumon atlantique (archives)

Photo : Radio-Canada / Jocelyn LeBlanc

Il faut trouver des pistes de solutions durables pour le développement des différentes activités […] dans le respect de l’environnement et de la pérennité de la population de saumon, plaide la gestionnaire.

Mme Bergeron entend suivre avec très, très grand intérêt le dossier de la rivière Bonaventure, puisque la suite des choses pourrait, selon elle, avoir un impact sur l’avenir d’autres rivières qui vivent une croissance des activités récréotouristiques.

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