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Interprètes afghans : Chrystia Freeland rassurante sur leur accueil au Canada

Des interprètes afghans, qui sont debout côte à côte, tiennent une banderole qui dénonce les talibans.

Le 30 avril 2021, d'anciens interprètes afghans ont manifesté devant l'ambassade américaine à Kaboul, en Afghanistan.

Photo : AP / Mariam Zuhaib

Radio-Canada

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a répondu jeudi aux critiques dans le dossier des interprètes afghans qui se butent à un processus long et compliqué pour trouver refuge au Canada.

Mme Freeland a assuré que l’objectif du gouvernement est de les faire venir le plus rapidement possible, eux et leurs proches, puisqu’ils sont ciblés par les talibans et qu’ils sont en danger.

Beaucoup d’entre eux ont travaillé avec les Forces armées canadiennes durant la mission en Afghanistan.

Mais le délai de 72 heures pour soumettre les documents nécessaires à leur accueil au Canada est difficile à respecter, même s'il a été assoupli.

Il leur faut fournir jusqu’à 10 numérisations de documents différents pour déposer une demande, et utiliser le logiciel Adobe Acrobat. Cependant, le service Internet particulièrement inégal en Afghanistan rend la chose difficile.

De nombreux anciens combattants, qui ont collaboré avec les interprètes afghans, ont manifesté leur mécontentement par rapport à cette situation. Ils s’interrogent aussi sur les restrictions liées à l’accueil des Afghans, qui ont travaillé pour les Forces armées canadiennes ou l’ambassade du Canada.

En effet, il n’y aurait que leur famille immédiate, soit conjoint et enfants, qui seraient admis au Canada, alors que les talibans menacent aussi leur famille élargie.

Engagement du Canada

D'après Mme Freeland, le gouvernement du Canada n’essaie pas de restreindre les droits de ces Afghans.

Ce sur quoi nous nous concentrons vraiment, a-t-elle dit, c’est de nous assurer que la logistique fonctionne et que ces braves gens aient la chance de venir au Canada. Je suis sûre qu’ils feront de grands Canadiens.

Nous sommes très, très reconnaissants pour votre travail et nous reconnaissons absolument la responsabilité que nous avons envers vous et vos familles.

Une citation de :Chrystia Freeland, vice-première ministre du Canada

Mais les mesures qui ont été annoncées demeurent peu détaillées et nourrissent des inquiétudes à la fois chez les interprètes afghans et les anciens combattants qui ont collaboré avec eux.

Réaction des anciens combattants

Malgré les engagements du gouvernement, les résultats tardent à se concrétiser.

Robin Rickards, un ancien combattant qui a participé à trois missions en Afghanistan, a ainsi révélé qu’il a reçu, comme d’autres soldats, des courriels et des appels téléphoniques pour fournir de l’aide relativement à la nouvelle demande d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Nous sommes littéralement en train de nous noyer, a dit Robin Rickards. S'ils avaient contacté l'une des personnes impliquées dans ce projet avant de le lancer, nous aurions pu les guider sur la façon de structurer un processus ordonné qui n'aurait pas créé le chaos sur le terrain.

Quand vous commencez à penser à ces restrictions, ces délais et ces obstacles, vous mettez un volume important de vies en danger, a pour sa part mentionné Andrew Rusk, cofondateur du groupe de défense No Left Behind, dont la sœur a été la première soldate du Canada à mourir au combat.

Et le leadership moral ne vient pas du gouvernement en ce moment. Il vient de la communauté des anciens combattants et cela ne semble pas juste, a-t-il poursuivi. Ce n'est tout simplement pas ainsi que les talibans tracent des lignes entre qui est inclus et qui ne l'est pas.

Khan, un ancien interprète des forces de la coalition et de l'Armée canadienne en Afghanistan entre 2008 et 2012, a déclaré que son père avait été assassiné en 2009, à cause de [son] travail.

Ils tueront mes frères, ils tueront n'importe quel membre de ma famille s'ils ne peuvent pas m'atteindre, a-t-il dit. Et la situation risque de se répéter pour de nombreuses autres familles d’interprètes afghans s’ils n’obtiennent pas l’asile au Canada.

Réponses timides, demandes urgentes

Le premier ministre Justin Trudeau se veut lui aussi rassurant.

Je peux souligner en même temps que nous continuons d'étendre les programmes de réunification familiale offerts à tous les immigrants et résidents permanents au Canada, et c'est quelque chose que nous continuerons d'examiner, a-t-il déclaré aux journalistes à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Émilie Simard, la porte-parole du ministre de l’Immigration Marco Mendicino, a aussi affirmé dans un courriel que le temps de réponse demandé reflète l’urgence sur le terrain d’obtenir le plus de candidatures possible le plus rapidement possible afin que nous puissions mettre les gens en sécurité.

Nous avons également engagé du personnel de soutien pour aider les clients confrontés à des barrières linguistiques à soumettre leurs demandes et à demander de la documentation. Cette politique a été élaborée pour être aussi inclusive que possible.

Une citation de :Émilie Simard, porte-parole du ministre de l’Immigration Marco Mendicino

Le retrait des forces américaines d’Afghanistan des dernières semaines a cependant changé la donne et a poussé les talibans à intensifier leur offensive dans le pays.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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