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Le chef d’orchestre trifluvien Jacques Lacombe s’offre la liberté

La pandémie a amené plusieurs personnes à revoir leurs priorités ou leur rythme de vie. C’est le cas du chef d’orchestre originaire de Trois-Rivières, Jacques Lacombe, qui désire mieux harmoniser sa vie professionnelle et personnelle.

Jacques Lacombe en action sur la scène de l'Amphithéâtre Fernand-Lindsay.

Le chef d'orchestre Jacques Lacombe et l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) au Festival de Lanaudière, à Joliette. (17 juillet 2021)

Photo : Agence BigJaw/Annie Bigras

À 58 ans, le chef d’orchestre trifluvien a décidé de s’offrir un peu plus de liberté. Il veut prendre du temps pour lui, mais aussi pour se plonger dans les univers musicaux qui le passionnent.

J’assume depuis 30 ans des postes de direction artistique et de directeur musical; parfois deux ou trois postes cumulés en même temps et ça vient avec une grande lourdeur administrative, raconte-t-il. J’ai envie de me donner le loisir de me concentrer sur ce que j’aime faire le plus, c’est-à-dire la musique.

Bien qu'il ait eu beaucoup de plaisir à suivre une cadence effrénée, la pandémie lui a fait réaliser qu’il voulait changer de rythme. Si je n’avais pas vécu cet arrêt brusque, je ne suis pas certain que je me serais donné le temps de me poser et de réfléchir à ce que je voulais faire de ma vie et de ma carrière, confie-t-il.

Jacques Lacombe va poursuivre ses activités à titre de chef invité dans les orchestres et maisons d’opéra un peu partout dans le monde. Le seul engagement qu'il a gardé, c’est son rôle de professeur et de chef d’orchestre au Conservatoire de musique de Montréal.Son contrat avec l’Orchestre symphonique de Mulhouse, en France, se terminera officiellement à la fin août.

Très bientôt, je vais être un homme libre, lance-t-il en souriant. Le fait de n’être attaché à aucune formation musicale lui permettra de se composer une année à son goût.

C’est d’avoir cette possibilité, au gré des offres, de choisir un peu plus ce que je veux faire et finalement, aussi, de ne pas meubler à outrance mon agenda, ce que j’ai eu tendance à faire, je dois l’admettre, pendant quelques années. Avec plaisir, mais maintenant, j’arrive à une autre phase.

Une citation de :Jacques Lacombe
Jacques Lacombe qui regarde l'objectif de la caméra dans une cour extérieure à Montréal.

Jacque Lacombe, qui est originaire du secteur Cap-de-la-Madeleine, a dirigé l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières (OSTR) de 2006 à 2018. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Une pause obligée, mais bénéfique

Jacques Lacombe a passé la majeure partie de son confinement chez lui, à Montréal. Il y a une grosse partie du travail du chef d’orchestre qui est l’étude et la lecture des partitions et moi, je le fais mieux quand je suis isolé, explique celui qui a donc profité de cette pause pour parfaire ses connaissances.

Il a aussi développé son goût pour la cuisine. J’ai découvert le plaisir d’être à la maison et de faire la cuisine, donc maintenant, quand je suis sur la route, ça me manque encore plus, dit-il. C’est devenu un hobby, une façon de m’évader aussi, donc j’ai envie de me garder du temps pour cela.

Même s’il compte ralentir la cadence, Jacques Lacombe est toujours aussi passionné par son métier. Pour moi, le plaisir de découvrir de nouvelles œuvres et après cela, d’en concevoir mon interprétation, de mettre cela en place avec l’orchestre et ensuite, de l’offrir au public, il y a peu de choses qui égalent cela.

Jacques Lacombe à son bureau.

C'est avec patience et passion que Jacques Lacombe étudie ses partitions, chez lui, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Diriger en temps de pandémie

Jacques Lacombe s’est senti très privilégié de pouvoir recommencer à exercer son métier durant la pandémie. Il a notamment donné un concert à l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau avec l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM).

Des voitures sont devant une scène sur laquelle jouent des musiciens et des musiciennes.

C'était la première fois de sa vie que Jacques Lacombe se faisait applaudir à coups de klaxon.

Photo : Antoine Saito

Des ajustements ont dû être faits pour répondre à une contrainte apparue en raison de la COVID-19 : la distanciation physique. Plus les musiciens sont loin, plus le délai dans le son [est grand] et ceux qui sont loin entendent moins bien ce qui se passe, explique Jacques Lacombe. Il affirme que tout le monde a réussi à s’adapter, après avoir dû travailler fort pour s’ajuster à cette nouvelle réalité.

Le chef d'orchestre Jacques Lacombe et l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) au Festival de Lanaudière, à Joliette, sur la scène de l'Amphithéâtre Fernand-Lindsay.

Durant la pandémie de COVID-19, les musiciens ont dû mettre beaucoup plus de distance qu'à l'habitude entre eux afin de respecter les règles sanitaires. (17 juillet 2021)

Photo : Radio-Canada / Agence BigJaw/Annie Bigras

Il a aussi dû s’habituer à ce que les différentes sections d’instruments ne soient plus aux mêmes endroits mais, ayant coutume des configurations différentes d’un orchestre à l’autre, le maestro s’est vite ajusté.

Certains choix d'œuvres ont dû être pensés en fonction du nombre de personnes permises sur scène au moment de déterminer le répertoire. Des pièces ont aussi dû être adaptées.

Un été tout québécois pour Jacques Lacombe

Il y a deux semaines, Jacques Lacombe a retrouvé une nouvelle fois l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), cette fois dans le cadre du Festival de Lanaudière, à Joliette. Pour moi, c’était un retour [à ce festival] après 17 ans et j’étais très touché d’y diriger l’OSM, raconte-t-il.

Jacques Lacombe a participé durant une dizaine d’années à ce festival, qui se déroule à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay. Il était notamment responsable des chœurs.

C’est un festival où les gens de la place se sont approprié l’événement. C’est un des aspects qui le rend si spécial, en plus de l'acoustique et du cadre qui est merveilleux.

Une citation de :Jacques Lacombe

Il dirigera à nouveau l’OSM les 30 et 31 juillet au Festival de Lanaudière.

Jacques Lacombe se rendra ensuite dans Charlevoix où il sera en concert avec l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) le 7 août aux côtés de Guylaine Tremblay, au Domaine Forget. La comédienne lira des poèmes entre les différentes pièces.

J’aime bien ces concerts-là, de faire tomber les cloisons, c’est-à-dire de permettre à deux formes d’arts de se rencontrer. Quand j’étais à Trois-Rivières, je l’ai fait aussi de provoquer des rencontres avec différentes formes d’art.

À quand une réunion entre Jacques Lacombe et l’OSTR?

Même si son agenda sera plus libre, Jacques Lacombe exclut pour l’instant un retour avec l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières (OSTR), qu’il a dirigé durant près de 12 ans. Il veut laisser toute la place au nouveau chef, Jean-Claude Picard, pour qui il a vraiment beaucoup d’estime.

Après des [mandats] aussi longs que celui que j’ai fait à Trois-Rivières, c’est bien de prendre un moment de pause, de ne pas prendre le risque d'être la belle-mère ou d’être celui qui repasse par en arrière.

Une citation de :Jacques Lacombe

Le maestro, qui est originaire du secteur Cap-de-la-Madeleine, ne ferme pas la porte à un retour comme chef invité. Éventuellement que je retrouve l’orchestre, pourquoi pas? Mais je pense que dans un premier temps, c’est sage que les choses se passent comme cela et on verra ce que l’avenir nous réserve. On est encore jeune, on a encore du temps!

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Le chef d'orchestre Jacques Lacombe et l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) au Festival de Lanaudière, à Joliette. (17 juillet 2021)

Photo : Agence BigJaw/Annie Bigras

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