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Le recyclage des plastiques gagne le monde agricole en Chaudière-Appalaches

Des bottes de foin entourées de plastique blanc, dans un champ.

En 2018, Recycle-Action a récupéré près de 49 000 kg de plastiques agricoles.

Photo : Radio-Canada

Chaque année au Québec, le monde agricole utilise plus de 11 000 tonnes de plastique dont la majorité aboutit au dépotoir. L’organisme AgriRécup entend convertir ces déchets en ressource recyclée en lançant en Chaudière-Appalaches une vaste opération de récupération.

C’est une région agricole très dynamique qui utilise quand même beaucoup de plastique, explique Christine Lajeunesse, directrice d’AgriRécup pour l’est du Canada, à propos de la région choisie pour mettre en branle le projet pilote.

Selon un rapport de Recyc-Québec datant de 2019, Chaudière-Appalaches utilise à elle seule environ 1300 tonnes de plastiques agricoles par année. La très grande majorité finit à la poubelle.

Des sacs de plastique blanc servent à emballer les balles de foin dans les champs.

Des sacs de plastique blanc servent à emballer les balles de foin dans les champs.

Photo : Radio-Canada

Pour la première année du projet, AgriRécup espère valoriser entre 5 et 10 % de ce plastique. À plus long terme, le but est d’en récupérer plus de la moitié à la grandeur de la province, soit 6500 tonnes.

Mobilisation des MRC

On n'a pas le choix, croit Patrick Allen, propriétaire de la ferme laitière Jallen à Saint-Anselme. On ne peut pas continuer à juste prendre du plastique et à l'enterrer dans les centres d'enfouissement.

Un des obstacles qui a longtemps freiné la valorisation des déchets plastiques agricoles est la faiblesse du volume produit.

Un pont fait de plastiques agricoles recyclés a vu le jour à Tingwick.

Un exemple de valorisation possible : à Tingwick, dans la MRC d'Arthabaska, un pont fait de plastiques agricoles recyclés a vu le jour.

Photo : Radio-Canada

Il y a eu des tentatives un peu partout d'un bord puis de l'autre et ce qu'on a appris, c'est que les volumes n’étaient pas assez grands pour réussir à développer [ce projet pilote], renchérit James Allen, président de l’UPA de Chaudière-Appalaches.

Pour pallier le problème, AgriRécup a mobilisé les neuf MRC de Chaudière-Appalaches pour mettre en commun leurs plastiques agricoles.

Quand c'est fait par les MRC, parfois on n'est pas capable d'avoir assez de volume pour être capable d'organiser un transport efficace. En travaillant ensemble, ça nous permet justement d'être capables d'accumuler assez de volume pour intéresser les recycleurs.

Une citation de :Christine Lajeunesse, directrice d'AgriRécup pour l'est du Canada
Des serres dont le sommet n'est pas recouvert de plastique en hiver.

Les serres sont souvent recouvertes de plastique.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le projet pilote, implanté dans Chaudière-Appalaches, en Montérégie et dans une quinzaine de MRC au Québec, doit déboucher sur un programme permanent de récupération du plastique agricole dont la mise en place est prévue d’ici la fin 2022.

Notre objectif principal, c'est d'être capable d'offrir à tous les agriculteurs québécois la chance d'avoir accès à des programmes de récupération, indique Christine Lajeunesse.

Un processus qui devra être facile

Les agriculteurs devront aussi contribuer et faire le tri de leur plastique résiduel.

Ça nous permet d'obtenir un plastique de meilleure qualité. C'est le nerf de la guerre [...] de faire en sorte que le plastique n'est pas mélangé, que le plastique soit propre. [...] Ça fait en sorte que les recycleurs québécois sont plus intéressés par notre plastique, précise la directrice d’AgriRécup pour l’est du Canada.

Un homme barbu devant des balles de foin emballées dans du plastique blanc

Patrick Allen estime que le recyclage des matières plastiques dans le monde agricole est inévitable et souhaitable.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Patrick Allen maintient que les agriculteurs, habitués à travailler la terre, participeront au projet à condition que le recyclage des matières plastiques soit simple.

Si c'est facile, on va le faire naturellement. Plus que c'est long et complexe, moins que ça va être fait et moins l'adhésion va être là au niveau des producteurs, estime ce producteur laitier de Saint-Anselme.

Il se dit convaincu, toutefois, du bien-fondé de l’initiative. Habitué à travailler la terre, le monde agricole tient aussi à en prendre soin, croit-il, pour son propre bien.

On travaille tous les jours dans la nature. Les producteurs, on est les premiers témoins de la nature. On est les derniers qui vont la saccager. On est des témoins des changements climatiques et de tout ce qui s'en vient. On va être les premiers touchés par ça. Il faut faire notre part.

Une citation de :Patrick Allen, propriétaire de la ferme laitière Jallen

Avec les informations de Marc-Antoine Lavoie

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