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Fin des exigences sanitaires : le NPD demande à la province d’annuler sa décision

Rachel Notley en conférence de presse.

La cheffe de l'opposition officielle, Rachel Notley, qualifie la décision de la province d'imprudente.

Photo : Radio-Canada

L’opposition officielle demande au gouvernement albertain de revenir sur sa décision d’assouplir les exigences sanitaires liées à l'isolement et au traçage des contacts des personnes infectées par le virus qui cause la COVID-19.

Je suis choquée par l’imprudence de cette décision, a déclaré la cheffe du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Alberta, Rachel Notley, en conférence de presse jeudi.

Selon elle, la présence du variant Delta ainsi que le fait que près du tiers de la population albertaine n’a pas encore été vaccinée représente un risque important pour la santé publique.

J’appelle la province à annuler sa décision de supprimer la quarantaine obligatoire des personnes infectées et de ne plus contacter les personnes ayant été en contact avec un cas de COVID-19, dit Rachel Notley.

Elle soutient que, sans ces mesures, il sera impossible pour la province de prévenir de nouvelles vagues d'infections. Les hôpitaux, dont les ressources sont déjà limitées, risquent donc de devenir la dernière ligne de défense contre la COVID-19, croit-elle.

Ce que nous demandons au gouvernement, c'est de continuer à faire le minimum.

Une citation de :Rachel Notley, cheffe de l'opposition officielle NPD

Des médecins inquiets

Alain Tremblay, pneumologue au Centre hospitalier Foothills et professeur au Département de médecine de l'Université de Calgary, pense lui aussi que la province fait fausse route.

C'est vraiment surprenant, peut-être même choquant, lance le Dr Tremblay. Je ne connais aucun endroit en Amérique du Nord ou en Europe où les gens qui sont atteints de la COVID n’ont plus à s’isoler pour 10 ou 14 jours. C’est impensable!

En conférence de presse mercredi, la médecin hygiéniste en chef, Deena Hinshaw, a expliqué que la vaccination prévient les hospitalisations et que la province doit apprendre à vivre avec le virus.

On a vu que les mesures contre la COVID-19 ont éliminé l’influenza. [...] Le [variant] Delta est encore plus contagieux que ce qu’on a vu l’hiver dernier avec la souche de base et la souche Alpha, de la Grande-Bretagne. C’est impensable de comparer la contagion et la propagation probable et même certaine de la COVID-19 aux autres virus respiratoires, affirme le Dr Tremblay.

La Dre Lynora Saxinger.

Lynora Saxinger, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université de l'Alberta.

Photo : John Ulan/Ulan Photography

Lynora Saxinger, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université de l'Alberta, pense elle aussi que la décision de la province est précipitée, surtout en regard du taux de vaccination dans la province.

Les hauts taux de vaccination que nous avons vus dans d’autres pays ont protégé de manière efficace les jeunes. On voit cependant que le virus gagne à nouveau du terrain dans certains endroits à cause du variant Delta, explique-t-elle.

Je ne peux cependant pas dire que ce sera assurément la catastrophe.

Une citation de :Lynora Saxinger, spécialiste des maladies infectieuses, Université de l'Alberta

Bonne ou mauvaise nouvelle?

Rohit Sharma, un résident d’Edmonton, accueille l’annonce de la province avec enthousiasme, même s’il craint un nouveau confinement.

D’un côté, c’est très bien parce que nous avons retrouvé notre liberté, mais il y a toujours un risque qu’un désastre se produise, dit-il.

Le professeur en psychologie clinique à l'Université de Calgary et chercheur à la Commission de la santé mentale du Canada Keith Dobson dit qu’il est normal que la levée des restrictions sanitaires ainsi que l’augmentation des cas de COVID-19 engendrent de l’anxiété au sein de la population.

Les humains sont très résilients, et nous nous adaptons rapidement à ce que nous appelons la nouvelle normalité. Je ne sais pas combien de temps il faudra pour revenir à la normale, mais [l’anxiété dans la population] sera certainement influencée par l’apparition d’une quatrième vague ou non et par les possibles éclosions dans les écoles , explique-t-il.

Gareth Neufeld, qui vit lui aussi à Edmonton, a pour sa part décidé de faire confiance aux autorités sanitaires albertaines.

J’ai souvent trouvé que les restrictions sanitaires durant le confinement étaient un peu trop strictes, mais j’ai suivi les recommandations du gouvernement. Maintenant qu’il nous dit que c’est sécuritaire, je lui fais confiance, dit-il.

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