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Un faux soignant travaille 15 jours à l'Hôpital Saint-Boniface sans se faire repérer

La personne a soigné des patients de l’Hôpital Saint-Boniface, alors même qu'elle n'y était pas employée.

La façade de l'Hôpital Saint-Boniface, à Winnipeg.

L'Hôpital Saint-Boniface, à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Sylviane Lanthier

Radio-Canada

Une personne a réussi à effectuer plusieurs quarts de travail de nuit à soigner des patients à l’Hôpital Saint-Boniface, à Winnipeg, sans faire partie des travailleurs de la santé, indique l’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW).

L’individu a travaillé entre le 2 et le 17 juillet, selon un communiqué de l’ORSW.

Il s’était inscrit à une formation d’aides-soignants non certifiés, offerte par Soins communs Manitoba, mais ne l’a pas terminée.

Cependant, l'individu a appelé le bureau des ressources humaines de l’hôpital, leur indiquant qu’il était un aide-soignant et a été inscrit à l’horaire, dit l’ORSW.

Après la fin du premier quart de travail, l’Hôpital a découvert son erreur et a indiqué à l’individu qu’il ne pouvait pas travailler à l’hôpital ou dans tout autre centre de soins de santé.

Cependant, l’individu a continué à se rendre à l’hôpital et se présentait comme un employé aux gardes de sécurité. Il a pu rentrer à plusieurs reprises et a effectué jusqu’à huit quarts de travail, dont certains dans le service d’urgence, indique l’ORSW.

L’Hôpital et la région sanitaire enquêtent pour comprendre comment une telle situation a pu se produire.

Des mesures correctives ont été, et continueront, d’être prises, affirme le communiqué de l'ORSW. L’Hôpital Saint-Boniface regrette profondément cet incident et s’excuse sincèrement auprès des patients et des employés.

L’ORSW affirme que l’individu n’a pas eu accès à des médicaments lorsqu’il était à l’hôpital. Le communiqué ne mentionne aucun préjudice pour les patients.

La région sanitaire indique que la police a parlé avec l’individu et a déterminé qu’il n’y avait rien de malveillant dans ses intentions. Aucune action supplémentaire ne sera prise.

Un incident causé par des compressions, selon le syndicat

La présidente de la section locale 204 du Syndicat canadien de la fonction publique, Debbie Boissonneault, affirme qu’il s’agit d’une situation effrayante pour ses membres. Elle représente tous les travailleurs de soutien de l’hôpital, tels que les concierges ou encore les aides-soignants.

J’étais vraiment choquée par cette intrusion, pour simplement visiter un proche à l’hôpital il faut passer un contrôle, affirme-t-elle. C’est très préoccupant, il y a un risque pour le soin des patients et pour les employés.

Elle croit que l’administration a été trop lente à agir. Je crois qu’ils s’activent maintenant, mais c’est une situation qui n’aurait jamais dû survenir.

Selon elle, une pénurie d’employés et des compressions budgétaires sont responsables de l'incident.

Le gouvernement a effectué tellement de compressions des heures de travail que des aides-soignants non certifiés sont embauchés et envoyés ici. Ils sont embauchés par Soins communs et non par l’hôpital, alors on peut deviner ce qui s’est passé, poursuit Mme Boissonneault.

Elle croit que la province doit engager plus de personnel, dont des aides-soignants certifiés, pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise.

Dans une note de service envoyée aux employés de l’hôpital le 19 juillet, l’administration rappelle au personnel de toujours porter une pièce d’identification avec photo au travail.

La note indique que les employés ne devraient pas hésiter à empêcher une personne qu’ils ne connaissent pas d’entrer dans un lieu sans autorisation.

Dans le passé, des individus ont accédé à des lieux sécurisés avec l’accès par carte en suivant une personne qui y rentrait, parce que personne ne leur a demandé s’ils pouvaient être là, indique la note de service.

Une autre note de service envoyée une semaine plus tard indique que les gardes de sécurité de l’hôpital prendraient en note le nom des membres du personnel qui n’ont pas leur pièce d’identité de l’hôpital et qu’ils leur demanderaient de présenter une autre pièce d’identité avec photo.

Avec les informations de Charles-Étienne Drouin

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