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Enquête sur les disparitions à un ancien pensionnat pour Autochtones en Ontario

Une plaque est représentée devant l'ancien pensionnat du Mohawk Institute.

Le Mohawk Institute fait partie des pensionnats pour Autochtones qui sont restés le plus longtemps en activité. Il a définitivement fermé ses portes en 1970.

Photo : CBC/Evan Mitsui

CBC News

La police des Six Nations a annoncé mercredi qu’elle lancera une enquête sur les morts survenues au Mohawk Institute, un ancien pensionnat pour Autochtones.

La semaine dernière, le chef du service policier, Darren Montour, a reçu une lettre signée par des survivants de l’établissement situé à Brantford, dans le Sud-Ouest de l’Ontario.

Cette lettre soulignait les abus mentaux, physiques et sexuels commis par des membres du personnel du pensionnat, a déclaré la police, dans un communiqué.

La lettre allègue également que certains étudiants ont disparu, n'ont jamais été revus et que beaucoup sont morts à l'école, peut-on également lire.

Lors de la conférence de presse pendant laquelle l’échange de la lettre a été effectué, le chef élu des Six Nations de la rivière Grand, Mark Hill, avait indiqué que sa communauté envisageait de rechercher des traces de corps d’enfants qui ont fréquenté le pensionnat.

Il s'agit d'une enquête criminelle, et notre objectif est de rechercher la justice, avait alors déclaré le chef de la Première Nation.

Mark Hill devant le micro de journalistes. Il est devant des escaliers recouverts de souliers et de peluches.

Mark Hill, chef élu des Six Nations de la rivière Grand, souhaite que les recherches souterraines à l'ancien pensionnat Mohawk Institute commencent dès que possible.

Photo : CBC/Bobby Hristova

Les archives recensent 54 décès au Mohawk Institute, mais la police a expliqué qu'on ne sait pas où les défunts ont été enterrés.

La police des Six Nations en est aux premiers stades de la planification de l'enquête et de la détermination de ce à quoi elle ressemblera, selon M. Montour.

Participation de la police provinciale

Le service a contacté la Police provinciale de l'Ontario (PPO) et la police de Brantford pour obtenir de l'aide et des ressources.

Une enquête de cette ampleur n'est pas quelque chose que nous sommes capables de faire par nous-mêmes, a-t-il déclaré.

Cela va également avoir un effet sur la communauté. C'est notre préoccupation, a ajouté le chef de la police des Six Nations.

Un ancien pensionnat pour Autochtones sur un terrain boisé.

Le Mohawk Institute de Brantford est devenu le centre culturel Woodland.

Photo : CBC / Sue Reid

Bill Dickson, un porte-parole de la PPO, a confirmé avoir reçu une demande formelle de M. Montour voulant que les forces de l’ordre fournissent une aide aux enquêtes sur les incidents d'abus et de décès survenus au Mohawk Institute, et pour aider à localiser les tombes anonymes des enfants disparus.

La PPO examine la demande et rencontrera les polices des Six Nations et de Brantford pour définir les prochaines étapes, notamment la possible affectation d'un gestionnaire de cas à la Police provinciale de l'Ontario, a indiqué M. Dickson.

Nous ne pouvons pas spéculer sur le calendrier, les processus ou les résultats de toute enquête pendant que cette évaluation est faite, a-t-il continué, ajoutant que la PPO reconnaît le traumatisme et les dommages causés aux peuples autochtones par le système des pensionnats du Canada et l'importance d'écouter les survivants et leurs familles.

Les émotions sont vives parmi les survivants et la communauté maintenant que l'enquête avance, a quant à lui souligné le chef élu Mark Hill.

Je pense que nos enfants, nos ancêtres nous disent : "C'est la bonne chose à faire", a-t-il déclaré.

Des fonds publics toujours en attente

Selon M. Hill, la police des Six Nations, la Police provinciale de l'Ontario, la police de Brantford et le coroner en chef de l'Ontario ont tous indiqué qu'ils souhaitaient poursuivre l'enquête criminelle et les recherches.

Il indique avoir également été en contact avec les bureaux du premier ministre ontarien Doug Ford et du premier ministre du Canada Justin Trudeau. Cependant, la demande de fonds de 10 millions de dollars pour commencer les recherches est jusqu'à présent restée lettre morte, a-t-il ajouté.

S'ils sont [pour faire les recherches] alors qu'est-ce qui empêche d'obtenir des fonds pour les communautés? C'est ma plus grande frustration, a déclaré M. Hill.

Selon lui, les survivants priorisent des fouilles sur les parties du terrain de l'école.

Nous avons le soutien et la direction que nos survivants nous donnent, a-t-il déclaré. C'est entièrement dirigé par les survivants, dirigé par la communauté et ce sont eux à qui nous répondons.

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