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Des fonctionnaires de la région d'Ottawa bientôt de retour au bureau pour un projet pilote

Une femme portant un masque chirurgical marche sur un trottoir du centre-ville d'Ottawa.

Un projet pilote de SPAC sera lancé dans la capitale fédérale le 3 août (archives).

Photo : Radio-Canada / Trevor Pritchard

Quelques centaines de fonctionnaires fédéraux de la grande région de la capitale nationale se préparent à se rendre, en chair et en os, au bureau, après un an et demi de travail à domicile.

Plus de 200 employés de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), qui se sont portés volontaires, pourront, dès le 3 août, revivre l’expérience du présentiel avec l'arrivée d’un projet pilote dans la région. D’autres fonctionnaires intéressés pourraient s’ajouter.

Les employés qui s'inscrivent auront la possibilité de répartir leur présence au bureau et en télétravail de la manière qui répond le mieux à leurs besoins, explique le ministère par courriel, sans préciser la durée du projet.

Ce projet doit servir à orienter les prochaines étapes d’un retour plus vaste du présentiel à SPAC, qui emploie 16 892 personnes partout au Canada, selon les dernières données.

Le projet pilote de retour en personne a déjà été lancé dans d’autres régions que la capitale fédérale, avec 225 employés des régions Pacifique, Ontario et Québec.

Les données recueillies à travers ce projet dans la région de la capitale nationale serviront à informer l’évolution des lieux de travail à SPAC.

Une citation de :Services publics et Approvisionnement Canada (déclaration écrite)

À Ottawa et à Gatineau, SPAC rendra accessibles ses espaces de travail collaboratifs nouvellement rénovés, comme ceux de Portage III. Tous les employés devront faire une autoévaluation de COVID-19 avant de se rendre sur place.

Une formation pour se familiariser avec les processus et conseils en matière de santé et sécurité sur les lieux de travail a aussi été rendue obligatoire à tous.

Des inquiétudes apaisées, pour l'instant

Le recours aux espaces de travail collaboratifs a soulevé bien des inquiétudes, dans la foulée de la pandémie, chez les principaux syndicats représentant les travailleurs de la fonction publique fédérale. Ces endroits sans place assignée ont suscité des craintes quant à la propagation du virus.

En décembre, le secrétaire parlementaire et député de Gatineau Steven MacKinnon a assuré que tous les éléments dans les lieux physiques seraient repensés, de A à Z, pour être sans contact.

À l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), on craignait tout de même que les employés se portant volontaires pour le projet pilote de SPAC ne soient laissés à eux-mêmes et servent de cobayes.

Aujourd’hui, le vice-président national de l’IPFPC, Stéphane Aubry, se dit rassuré et content par la tournure que prend le projet. Au début, on était craintifs. Mais depuis plusieurs mois, on travaille en collaboration, en consultation, avec plusieurs syndicats et SPAC pour bien définir la structure, l'encadrement, le protocole, dit-il.

Il espère que les canaux de communication demeureront ouverts au fur et à mesure que le projet progressera.

L’important, pour nous, c'est que cette collaboration-là continue pour s'assurer que le projet va dans une bonne direction, est sécuritaire pour tout le monde et que ce soit utilisable à mesure que l’on considère un plein retour de la fonction publique dans un mode normal de travail.

Une citation de :Stéphane Aubry, vice-président national de l'IPFPC
Un homme parle à la journaliste.

Stéphane Aubry, vice-président national de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (archives)

Photo : Radio-Canada

M. Aubry affirme que le projet a déjà été bien accueilli à Halifax et à Montréal, où il été mis à l'essai.

À son avis, l’initiative de SPAC pourrait même inspirer d’autres ministères. À cette étape-ci, on trouve que le projet est bien développé et qu'il va probablement servir d'exemple quand le Secrétariat du Conseil du Trésor va réviser sa directive concernant le télétravail et le retour au travail, souligne-t-il.

L'accueil de ce projet pilote est également positif du côté de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC).

On est content de voir que le projet pilote va se faire de façon [volontaire], dit Alex Silas, vice-président exécutif régional de la région de la capitale nationale à l'AFPC. Pour garantir le succès de ce projet, ce qui est clé, c’est que l’employeur doit absolument continuer de consulter de manière proactive les comités de santé et sécurité au travail, ainsi que tous les représentants syndicaux, afin que tous les problèmes et préoccupations [...] puissent être rapidement résolus par l’employeur.

Définir les règles du retour au travail

Si l'AFPC et l’IPFPC sont confiants quant au projet pilote, le dossier du retour en présentiel des fonctionnaires fédéraux est loin d’être réglé.

M. Aubry souligne que l'initiative actuelle est lancée avec des participants sur une base volontaire. Mais l’option facultative ne pourra pas durer éternellement et des règles du jeu devront, à plus long terme, être définies.

Du côté syndical, on est aussi intéressés à ce que certaines règles soient inscrites noir sur blanc dans nos conventions collectives afin de sécuriser le mode de fonctionnement, au lieu que ce soit un peu trop à la discrétion de l'employeur, conclut-il.

Prise d'image lors d'une entrevue Skype. L'homme se trouve assis devant des affiches syndicales.

Alex Silas, vice-président exécutif régional de la région de la capitale nationale à l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC).

Photo : Radio-Canada

M. Silas plaide pour la flexibilité.

Le moment est venu pour réimaginer comment le travail dans la fonction publique va se faire. [Il faut] une bonne consultation et qu’il y ait une flexibilité pour que tous les besoins sont rencontrés, dit-il.

Pour l’heure, SPAC ne fixe pas de date de fin à son projet pilote. Le ministère attend de voir quand il sera prêt à passer à une prochaine étape.

Une bonne nouvelle pour les commerçants

Une chose est sûre, cette nouvelle est bien accueillie du côté des commerçants de Hull.

C’est sûr que c’est un début, c’est peu, mais ça demeure un pas dans la bonne direction dans la mesure où on peut commencer à entrevoir un retour graduel des fonctionnaires au travail, estime la directrice générale de Vision centre-ville, Annie-Pier Caron Daviault.

Dans une optique de relancer le centre-ville [...] c’est une excellente nouvelle, d’autant plus que nos commerçants attendaient ce retour très impatiemment.

Une citation de :Annie-Pier Caron Daviault, directrice générale de Vision Centre-Ville

Un avis que partage Antoine Normand, président-directeur général de Bluebear LES qui, même si la pandémie l'a moins affecté, a pu observer son effet chez les autres commerçants.

La grande majorité des commerçants souhaitent un retour assez rapide des fonctionnaires au centre-ville, même si ce n’est pas en permanence. Le fait de faire un test comme celui-là, c’est une bonne manière de mesurer quel impact ça pourrait avoir un retour comme celui-là. Pour le tissu économique du centre-ville [...], leur présence, leur retour, va faire une différence.

Même si elle est située un peu en retrait du Vieux Hull et dépend un peu moins de la clientèle des fonctionnaires, Véronique Rivest, propriétaire du restaurant Soif, accueille la nouvelle favorablement, tout en restant prudente.

On verra comment ça se passe, mais comme beaucoup de collègues, de gens en affaires et la majorité de la population, on préfère que les choses aillent doucement, mais sûrement, parce que pour nous, une autre fermeture, ça serait vraiment difficile à prendre.

Avec les informations de Nafi Alibert et Denis Babin

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