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Sécheresse dans l’Ouest : « c’est difficile de garder le moral et la motivation »

Un tracteur dans un champ asséché.

Un champ de blé de la ferme biologique familiale Loiselle à Vonda, en Saskatchewan.

Photo :  CBC / Cameron MacIntosh

Radio-Canada

Les semaines de sécheresse se poursuivent dans l’Ouest canadien, ce qui crée de l'angoisse chez les agriculteurs, notamment en Saskatchewan.

C’est le cas de Marc Loiselle, un agriculteur fransaskois de la région de Vonda, qui avoue humblement avoir de la difficulté à dormir.

Quand on a une mauvaise récolte, ça nous affecte pendant un an. Si on a une autre sécheresse dans deux ou trois ans, et qu’on est encore en train de sortir de celle-ci, c'est misère par-dessus misère, s’est-il confié mardi à l'émission Pour faire un monde avec Doris Labrie.

Celui qui est dans le milieu agricole depuis 40 ans affirme qu'il lui est difficile de garder le moral et la motivation.

Problèmes de santé mentale à venir ?

L’Union nationale des fermiers estime que les trois quarts des terres agricoles canadiennes sont victimes de la sécheresse.

J’ai parlé aux agriculteurs. Ils ont beaucoup de mal à s'adapter à faire face au stress et à être moins anxieux. Il va y avoir beaucoup de problèmes de santé mentale en automne et en hiver, nous sommes donc très inquiets, a noté le directeur des politiques climatiques de l’Union nationale des fermiers, Darrin Qualman.

Marc Loiselle ne serait quant à lui pas étonné de voir des collègues hospitalisés.

Le fermier de quatrième génération Jeremy Walter, de Kerrobert, à 185 kilomètres à l’ouest de Saskatoon, vit difficilement le stress financier, un fardeau qui l'empêche de dormir la nuit.

Qu'il s'agisse de payer la machinerie, de faire les courses ou de rembourser le crédit qui l'aide à ensemencer le sol, il est sous pression.

J'ai l'impression d'avoir fait tout ce que j'ai pu. Vous ne pouvez pas vous empêcher d'avoir l'impression d'avoir échoué, même si vous n'auriez rien pu faire de différent. Rien ne peut pousser dans un désert, six semaines sans pluie

Une citation de :Jeremy Walter, fermier de quatrième génération à Kerrobert

Stress extrême, désespoir, crise

Une organisation de la Saskatchewan vouée à la santé mentale dans l'industrie agricole s'efforce de fournir des ressources aux agriculteurs. Elle se nomme Do More Agriculture.

La directrice générale de l’organisme, Adelle Stewart, résume en quatre mots l'état d'esprit des agriculteurs : stress extrême, désespoir, crise.

Elle précise que son organisation voit souvent des agriculteurs et des producteurs chercher des ressources en santé mentale vers l'automne ou la fin août, pendant la saison stressante des récoltes. Cette année, beaucoup d'agriculteurs ont déjà contacté l'organisme, dont un qui a dû utiliser l'eau du bain pour ses plantes, raconte-t-elle.

Ce que nous voyons en ce moment est sans précédent et ne semble qu'empirer sans pluie dans les prévisions, ajoute-t-elle.

La ligne d'écoute pour les fermiers mise en place par le gouvernement de la Saskatchewan est sur le point de battre un record d'appels, selon sa directrice, Jen Thorson.

Elle dit même recevoir des appels en pleine nuit de fermiers en crise.

On ne peut pas régler le temps, mais on peut trouver des façons de relativiser nos problèmes, assure-t-elle.

De l'aide demandée

L’Association des éleveurs de bétail de la Saskatchewan exige de nouvelles demandes d’aide immédiate pour permettre aux éleveurs de prendre des décisions d’affaires cruciales et urgentes.

Compte tenu de la sécheresse extrême qui sévit dans la province, nous demandons au gouvernement fédéral d'étendre le programme de report de l'impôt sur le bétail annoncé la semaine dernière à un programme de cinq ans afin d'inclure toutes les classes de bétail et toutes les régions de la Saskatchewan, a affirmé le président de l’organisation, Kelcy Elford, par communiqué.

À la mi-juillet, le gouvernement de la Saskatchewan avait annoncé que la Saskatchewan Crop Insurance Corporation examinerait d'autres options pour les agriculteurs dont les cultures sont endommagées.

Le ministre provincial de l’Agriculture David Marit avait également interpellé son homologue fédéral en désignant tous les agriculteurs de la province admissibles au programme de report de l'impôt sur le bétail.

Avec les informations de Doris Labrie, Désiré Kafunda et Dayne Patterson

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