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Front commun des microdistilleries pour une baisse de taxes

La façade extérieure de la distillerie Beemer de Roberval.

Malgré la période touristique, les propriétaires ne voient pas une importante hausse de leur chiffre d'affaires.

Photo : Radio-Canada / Kenza Chafik

Confrontées à des taxes pouvant atteindre la moitié de la valeur de leurs produits lorsqu’ils sont vendus à même leurs installations, les microdistilleries font front commun pour demander au gouvernement de revoir le modèle de taxation imposé à l’industrie.

La distillerie Beemer de Roberval fait partie du mouvement orchestré par L’Union québécoise des microdistilleries (UQMD). Malgré la saison touristique propice aux ventes, les propriétaires ne voient pas leurs revenus gonfler. Pour chaque bouteille vendue sur place, le gouvernement reçoit 52 % du montant.

Le problème qu’on vit en tant que jeune entreprise, c’est qu’on doit toujours passer par la SAQ pour vendre nos produits et quand on vend nos produits en boutique, on donne le même argent au gouvernement. Pour nous, ce n’est pas très avantageux de vendre ici. C’est encore plus avantageux de vendre à la SAQ parce qu’on a des employés à payer , explique Philippe Harvey, président-directeur général de la distillerie microbrasserie Beemer.

Alors que les coûts d’approvisionnement augmentent, la petite entreprise se trouve coincée puisqu’elle ne peut refiler une partie de la facture aux clients. Si c’était le cas, les prix deviendraient exorbitants et les produits inabordables.

Si on vend une bouteille 47 $, on n’a pas 47 $. On a vraiment très peu d’argent. Il faut la bouteille, ce qu’on met dedans, l’étiquetage, la manutention. Ça coûte de l’argent tout ça , poursuit le PDG, ajoutant que sur chaque bouteille vendue, il ne reste que 13 $ à l’entreprise.

L’UQMD est en pourparlers avec le ministère de l’Économie et de l’Innovation. Les distillateurs demandent au gouvernement de se pencher sur cette question cruciale pour la survie de l’industrie.

Pour la saison estivale, Québec a accepté de réduire de deux dollars la taxe imposée sur les spiritueux. C’est insuffisant, selon le regroupement de microdistilleries.

Philippe Harvey devant un appareil de distillerie.

Philippe Harvey est copropriétaire de la distillerie Beemer de Ro

Photo : Radio-Canada / Kenza Chafik

On sort de l’ombre aujourd’hui parce que le gouvernement nous avait promis de l’oxygène. Le ministère de l’Économie et de l’Innovation nous a promis de l’air. La réponse à cette aide-là, c’est un maigre deux dollars pour les trois mois d’été, alors qu’il y a plus de 20 dollars qui va à l’État quand on vend une bouteille sur les lieux de production , a fait valoir le président de l'UQMD, Jonathan Roy, au cours d’une entrevue accordée à Radio-Canada.

Il ajoute que l’industrie ne veut pas dépendre de petits coups de pouce ponctuels de la sorte.

On veut que notre industrie soit solide, qu’il puisse avoir des bases fiables pour les prochaines années pour réinvestir dans nos bâtisses. On croit que l’agrotourisme permettra à nos distilleries de grandir et d’offrir de l’alcool de qualité pour encore plusieurs années.

Une citation de :Jonathan Roy, président de l'Union québécoise des microdistilleries

Une dichotomie

Le domaine de la microbrasserie n’est pas confronté à cet enjeu, ce qui, aux yeux de nombreux distillateurs, représente une injustice. Beemer détient un volet microbrasserie et un volet distillerie.

Quand on fait une bière, on n’est pas obligé de passer 50 millions de tests et on n’est pas obligé d’avoir la permission du gouvernement pour pouvoir la vendre donc c’est beaucoup plus facile, tandis que dans le domaine de l’alcool et les spiritueux, c’est extrêmement difficile , poursuit Philippe Harvey. Il rappelle qu’à l’époque où les microbrasseries ont fait leur apparition au Québec dans les années 1980, elles faisaient face à ce même problème et des solutions ont été dénichées. Philippe Harvey espère qu’il en sera de même pour les distilleries.

Avec les informations de Kenza Chafik

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