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Une taxe de 52 % qui fait mal aux microdistilleries du Québec

La devanture de la Chaufferie de Granby, une usine de production d'alcool.

Au total, les microdistilleries doivent redonner 52 % du montant de leurs produits en taxes à la SAQ.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Radio-Canada

Si l'engouement des Québécois pour les spiritueux produits locaux est certain, les producteurs, eux, estiment que leur développement est freiné par une taxe de plus 50 %. Un montant qu'ils doivent payer à la Société des alcools du Québec (SAQ), même si leurs produits ne sont pas vendus sur les tablettes de la société d'État.

C'est le cas de la microdistillerie La chaufferie de Granby, qui produit du gin, de la vodka et du whisky. Son propriétaire, Vincent Van Horn, déplore la difficulté qu'il a à développer de nouveaux produits.

Même si les clients se procurent des bouteilles d'alcool directement à l'usine de production, la microdistillerie doit redonner 52 % du prix à la SAQ. Nos spiritueux sont vraiment traités différemment des autres producteurs d'alcool québécois. On doit payer ce que l'on appelle la taxe des miettes, déplore le président de l'Union québécoise des microdistilleries, Jonathan Roy.

Se développer dans un tel contexte devient alors difficile pour eux. On a monté notre microdistillerie d'une manière pour faire des projets spéciaux, faire de petites batchs, faire venir le monde, faire des événements ici, explique M. Van Horn.

Alors, Vincent Van Horn doit renoncer à faire des essais. Par exemple, si on veut faire des tests de kirsch, un alcool de cerises, parce qu'il y a des cerises qui poussent ici au Québec, avec l'accumulation des prix, il faudrait vendre la bouteille 100 et quelques dollars. Ça, c'est pour un produit que personne n'a goûté.

Pour faire des projets intéressants, des petites batchs spéciales, vendre en petits lots, ici sur place, ça n'a aucun sens. Le projet finit par être trop cher pour le consommateur.

Une citation de :Vincent Van Horn, propriétaire de La chaufferie de Granby
Une cuve de distillerie

Difficile d'innover quand les taxes sont si élevées, déplorent les propriétaires de microdistilleries.

Photo : Radio-Canada / Titouan Bussières

Se sentir oublié

L'Union québécoise des microdistilleries du Québec aimerait offrir aux clients le même type d'expérience que dans les microbrasseries. C'est effervescent. Les gens y vont chaque jour. Chez nous, on a de la difficulté à offrir le même niveau d'agrotourisme parce qu'on n'a pas les moyens de payer les ressources pour tenir les boutiques, se désole Jonathan Roy.

Alors que la tendance à l'achat local est forte, les microdistilleries se sentent oubliées. On a l'impression d'être laissé bon dernier dans cette nouvelle politique, qui essaie d'encourager l'achat local, dit Jonathan Roy.

Selon lui, l'Union tente de corriger la situation depuis trois ans déjà.

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