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Des villes économisent l’eau par crainte de l’assèchement de la rivière Rouge

Des cailloux dans la rivière Rouge.

Dans certaines régions du Manitoba, la rivière Rouge est extrêmement basse.

Photo : Pembina Valley Water Cooperative

Le bas niveau de la rivière Rouge, au Manitoba, inquiète les autorités, alors que l’état « de sécheresse extrême » a été déclaré à Morden, au sud de Winnipeg. La Coopérative d’eau de la vallée de la Pembina prépare des plans pour stocker de l’eau afin d’assurer le service de distribution.

Le débit de l’eau de la rivière Rouge a diminué de moitié entre le 25 juin et le 23 juillet, dit le directeur général de la Coopérative d’eau de la vallée de la Pembina, Greg Archibald. Il est passé de 1500 mètres cubes par seconde à 750.

Au cours de la même période, le niveau d’eau a baissé de 52 centimètres, précise M. Archibald. Ce bas niveau d’eau a des répercussions sur le fonctionnement des stations de pompage, qui puisent l’eau dans la rivière.

On a des difficultés à pomper directement de la rivière à l’usine. On a amené deux pompes et ce qui arrive, c’est qu’on doit pomper dans un puits, et du puits, on ramène l’eau à l’usine , dit-il, en précisant que le tuyau d’approvisionnement de la station de Letellier n’est plus dans l’eau.

Il reste moins de 25 centimètres (10 pouces) d’eau au-dessus du conduit pour la station de Morris.

M. Archibald craint que le niveau d’eau de la rivière Rouge ne continue de diminuer, au point que le cours d'eau devienne potentiellement [...] sec d’ici septembre . Le manque d’eau pourrait dans tous les cas être problématique cet hiver.

Ça peut causer un gel. Donc il n’y aurait plus d’eau pour circuler en dessous, précise M. Archibald.

Pour remédier à la situation, la Coopérative d’eau de la vallée de la Pembina évalue la possibilité de faire des réserves d’eau.

On travaille avec Morden et Winkler. Une des choses que l’on pourrait faire est de trouver des endroits pour faire des réserves d’eau encore dans la rivière, explique M. Archibald.

La possibilité de créer un conduit de partage entre Morden et Winkler est aussi évaluée.

La Coopérative d’eau de la vallée de la Pembina a reçu plus de 6,8 millions de dollars des gouvernements fédéral et provincial pour la construction d'un réservoir d'eau souterrain et pour augmenter la capacité de pompage de la station de Letellier.

L'usine d'eau ne peut pas produire assez d'eau pour envoyer dans l'ouest. Ceci va faciliter la production d'eau pour la population grandissante de la vallée de la Pembina, affirme Paul Gilmore, préfet de la municipalité rurale de Montcalm et membre du conseil d'administration de la Coopérative d’eau de la vallée de la Pembina.

Actuellement, le projet est au stade de la conception des plans. Il devrait être terminé en 2023.

Les 14 municipalités de la Coopérative d’eau de la vallée de la Pembina se sont rencontrées mardi pour discuter de la situation. L'état d'urgence qui a été déclaré impose aux municipalités une réduction de 15 % de la consommation d’eau de leur population, indique M. Archibald.

Une situation qui n'est pas alarmante partout

À 80 kilomètres au nord-ouest de Morden, dans la municipalité rurale de Lorne, l’accès à l’eau n’est pas un problème et aucune restriction n’est mise en place.

On est chanceux, depuis qu’on a eu un peu d’eau au printemps. On a eu six pouces et demi de plus, nos récoltes vont bien. La plupart de nos fermiers ont leur puits, explique le préfet, Aurel Pantel.

Même son de cloche dans la municipalité rurale de Salaberry, qui fonctionne avec des aquifères.

Du côté de la municipalité rurale de Ritchot, une politique pour limiter l’arrosage a récemment été adoptée. L'arrosage est autorisé pendant 45 jours par année en saison estivale, en fonction du jour de la semaine et de l’adresse.

La pluie ne règle pas tout

Une grande quantité de pluie ne réglerait pas tous les problèmes de manque d’eau, selon la météorologue d’Environnement Canada Natalie Hasell.

Cette dernière explique qu’une croûte s’est formée au sol par la sécheresse.

Si on avait une grande pluie, un grand orage, le sol n’absorberait pas l’eau. Elle va simplement quitter le lieu. Des fois, ça donne des inondations , précise-t-elle.

Selon elle, il faudrait plusieurs jours de pluie fine consécutifs pour que le sol puisse boire.

Mme Hasell indique que, en juillet, Morden a eu 13,7 mm de pluie, alors que la moyenne est de 79 mm.

Le manque d’eau s’explique aussi par les faibles précipitations accumulées tout au long de l’année.

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