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L'augmentation proposée de résidus de pesticides par Santé Canada sème la confusion

Gros plan de framboises cultivées sous serre à la Ferme horticole Gagnon.

Santé Canada a lancé un avis de consultation le 15 juillet dernier pour augmenter les limites maximales de résidus de pesticides dans les cultures de bleuets sauvages et de framboises.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Radio-Canada

L'avis de consultation mené par Santé Canada inquiète la population néo-brunswickoise. L'agence fédérale propose de tripler les limites maximales de résidus (LMR) de l'insecticide sulfoxaflore et du fongicide métalaxyl dans les petits fruits, tels que les bleuets sauvages et les framboises.

Denis Landry, député libéral de Bathurst-Est-Nepisiguit-Saint-Isidore, comprend mal cette volonté de Santé Canada de vouloir augmenter les LMR dans les aliments. Il soutient que jamais personne n'a parlé d'augmenter les herbicides ou les insecticides sur les terrains [agricoles] dans la province.

Denis Landry interviewé.

Le député libéral Denis Landry ne comprend pas pourquoi Santé Canada veut étendre l'épandage de pesticides sur les terrains de bleuets.

Photo : Radio-Canada

À la ferme Pouce vert, à Acadieville, le propriétaire Roger Richard détient une petite parcelle dans laquelle il cultive des framboises. Il défend lui aussi l'idée qu'au Nouveau-Brunswick, la plupart des agriculteurs veulent utiliser moins de produits.

On n'est pas vraiment sûrs pourquoi les seuils devraient augmenter, ajoute M. Richard.

Nos familles mangent nos produits et on ne veut certainement pas leur donner plus de produits chimiques qu'ils en ont besoin.

Une citation de :Roger Richard, propriétaire de la ferme Pouce vert
Roger Richard interviewé.

Le propriétaire de la ferme Pouce vert à Acadieville pense qu'au Nouveau-Brunswick, les personnes souhaitent moins de pesticides dans leurs aliments.

Photo : Radio-Canada

Une stratégie de communication pas très efficace

L'avis de consultation de Santé Canada, diffusé au grand public, ne dévoile que très peu d'informations au sujet de l'insecticide sulfoxaflore.

Les documents de consultation de Santé Canada sont très différents de ce qu'on pourrait s'attendre dans la communauté scientifique pour être capable de faire une analyse critique, a indiqué Louise Hénault-Ethier, professeure associée à l'Institut national de recherche scientifique et directrice du centre de recherche Eau Terre Environnement, en entrevue à l'émission L'heure de pointe mardi.

Sylvain Charlebois interviewé.

Sylvain Charlebois estime que Santé Canada ne communique pas assez bien les risques liés aux pesticides aux Canadiens.

Photo : Radio-Canada

Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie, croit pour sa part que les risques sont mal communiqués à la population. Il soutient que les risques sont quand même limités par rapport à la consommation humaine. Au niveau de l'environnement, c'est moins clair.

La stratégie que je vois d'Ottawa n'est pas très efficace. C'est pour ça que les gens s'inquiètent. À mon avis, les grands responsables de la confusion, c'est Santé Canada, ajoute-t-il.

Dans les documents de consultation publique sur le site de Santé Canada, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) propose de faire passer la tolérance de 3 parties par million (ppm) à 10 ppm pour le métalaxyl (un fongicide) et de 0,7 à 2 ppm pour le sulfoxaflore (un insecticide).

La consultation publique doit prendre fin le 28 septembre prochain.

Avec les informations d’Alix Villeneuve, de Thomas Gerbet et de Sarah Déry

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