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Un vendeur de fourrure de Labrecque coupable de trafic de vésicules biliaires d'ours noirs

Des vésicules biliaires dans une boîte à chaussures.

Vésicules biliaires d’ours noirs saisies lors du projet América en 2002

Photo : Environnement Canada

Gilles Munger

Plus de deux ans après le démantèlement d'un important réseau de contrebande de vésicules biliaires d'ours noirs sévissant au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord, l'une de ses têtes dirigeantes, Jean-Paul Renaud, originaire de Labrecque, vient d'être reconnu coupable des 27 chefs d'accusations qui pesaient contre lui

Dès le début des procédures judiciaires en lien avec l’opération Pochette, qui avait permis de démanteler le réseau de vente et d’achat de vésicules biliaires d’ours, le vendeur de fourrure de 81 ans avait reconnu les faits. Il avait admis avoir participé au trafic illégal, mais il avait déposé une requête en arrêt des procédures.

Une cinquantaine de chasseurs et de trappeurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord ont été identifiés comme parties prenantes du réseau de contrebande démasqué en 2018. Chaque vésicule était vendue environ 100 $ à un acheteur de Laval, qui écoulait la marchandise sur le marché asiatique, où des vertus médicinales sont conférées aux vésicules biliaires d’ours.

Une opération d’envergure

L’entrée en scène de 150 agents de protection de la faune et de 12 agents d'infiltration a permis d’inculper 45 suspects, ce qui a mené au dépôt de 175 chefs d'accusation.

Jean-Paul Renaud plaidait que la poursuite était abusive et accusait les agents de la faune de l'avoir incité à commettre des infractions et d'avoir prolongé l'enquête indûment. Il considérait le tout inconstitutionnel.

Dans sa décision d'une vingtaine de pages, le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, ne constate aucun abus de procédure dans ce dossier. Il souligne l'ampleur et la complexité du démantèlement d'un tel réseau, qui s'étendait à l'échelle internationale.

Le juge a d’abord constaté que le trafic de vésicules s'étendait aussi au Nouveau-Brunswick et en Ontario, ainsi qu'à l'échelle internationale .

Il a aussi relevé que l’enquête s’est allongée en raison de son ampleur et de sa complexité. De plus, elle était à la merci des périodes de chasse et de la fréquence des collectes auprès des piégeurs.

Jean-Paul Renaud plaidait qu'une accusation aurait dû être déposée dès la première transaction effectuée. Le juge a toutefois cité des éléments de jurisprudence pour rejeter son argument. Il considère raisonnable une période de deux ans en tenant compte de la nature des lieux et de la possibilité de recourir à la ruse policière.

Jean-Paul Renaud est donc reconnu coupable des 27 chefs d'accusation qui pesaient contre lui. Il fait face à une condamnation pouvant atteindre 146 000 $ d'amendes. Les plaidoiries sur la peine auront lieu plus tard à l'automne.

Avec Mélyssa Gagnon

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