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Le 737 dérange son voisinage

Une file de gens sous un Boeing statique

Le 737 a attiré 30 000 personnes en seulement deux semaines d'ouverture.

Photo : Radio-Canada / Colin Côte-Paulette

Le 737 dérange déjà son voisinage. Ce bar extérieur apparu sous un Boeing bleu, près de l’aéroport, fait du bruit jusqu’au conseil municipal de L’Ancienne-Lorette, où le maire a vertement critiqué, mardi, l’attitude de l’administration aéroportuaire.

Si nous avions été consultés, on n’aurait pas été contre, déplore le maire Gaétan Pageau. On aurait dit : "mieux, mettez-le ailleurs."

Située à quelques dizaines de mètres d’un quartier résidentiel, la grande terrasse extérieure connaît un vif succès depuis son inauguration. Au grand dam de certains citoyens, qui entendent le brouhaha depuis leur domicile.

Jennifer Bernier habite à un jet de pierre du 737. La fin de semaine, lorsque des spectacles sont présentés, elle n’échappe pas aux bruits occasionnés.

C'est quasiment désagréable de rester dans ma cour, souligne cette nouvelle mère. Ça empêche mon bébé de 6 mois de dormir quand je suis dehors avec.

Une femme dans une rue résidentielle avec, en arrière-plan, le fuselage d'un Boeing 737

Le Boeing 737 est bien visible de la maison de Jennifer Bernier.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Vachon

Pour éviter tout problème, le maire Gaétan Pageau aurait aimé voir l'attraction apparaître derrière l'édifice de la GRC, tout près de son emplacement actuel.

Je pense que la personne qui est allée installer son entreprise de restauration et d'animation a été très mal conseillée par l'aéroport de Québec, croit le maire. Les terrains de l'aéroport sont très grands, ils auraient pu le faire à bien d'autres endroits plutôt que de détruire un boisé et de le faire là.

Même si elle reconnaît le problème, L’Ancienne-Lorette admet son impuissance à le régler. L’aéroport est sous juridiction fédérale, il échappe ainsi à la réglementation municipale.

Les règlements que l'on vous demande de respecter, même les règlements que la Ville de Québec demande à ses citoyens de respecter, l'aéroport n'est pas contraint de les observer.

Une citation de :Gaétan Pageau, maire de L'Ancienne-Lorette
Gaétan Pageau devant l'hôtel de ville de L'Ancienne-Lorette.

Le maire de L'Ancienne-Lorette, Gaétan Pageau (archives)

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Le maire Pageau aurait aimé que l’aéroport de Québec consulte sa Ville avant de donner son aval au projet 737. Or, L’Ancienne-Lorette n’a jamais pu donner son opinion, déplore-t-il.

J'ai l'impression qu'on ne travaille pas beaucoup en communauté du côté de l'aéroport, croit l’échevin. Là, actuellement, je ne suis pas impressionné. Je ne suis vraiment pas impressionné.

Je pourrais rester ouvert jusqu’à 3 h

Le 737 assure comprendre la situation et tout faire en son possible pour maintenir la quiétude du secteur.

On a volontairement choisi de finir les spectacles à 21 h 30 et de fermer le site à 23 h, par souci de ne pas déranger le voisinage, expose Dany Gagnon, le président du 737. On a un soundman qui se promène sur le trottoir avec un iPad pour vérifier les décibels.

On essaie d’être des bons voisins et je pense qu’on réussit notre job.

Une citation de :Dany Gagnon, président du 737
Un homme en polo bleu pâle devant une terrasse située sous un Boeing 737.

Le président du 737, Dany Gagnon

Photo : Radio-Canada / Colin Côte-Paulette

Il ajoute détenir un permis de bar qui l’autorise à demeurer ouvert jusqu’à 3 h du matin. S’il n’exerce pas ce droit, c’est par respect pour les résidences autour, explique-t-il.

Le maire Gaétan Pageau a d’ailleurs salué la diligence du tenancier lors du conseil municipal, mardi, soulignant qu’il limitait ses heures d’ouverture sans en avoir l’obligation.

Je laisse la chance au coureur, a indiqué l'élu.

C'est un très beau projet, c'est une belle organisation, souligne aussi Jennifer Bernier. Il y a de beaux restaurants, de la musique, une belle ambiance, mais c'est trop proche des maisons. J'ai un ami qui habite vraiment plus loin et il entend la musique lui aussi.

Dany Gagnon souligne que la popularité du site dépasse ses attentes. En deux semaines, déjà 30 000  personnes ont admiré le Boeing depuis la terrasse.

Plusieurs tables et chaises colorées sont installées autour de l'avion.

Le 737, ce Boeing transformé en attraction touristique en bordure de la route l'Aéroport.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

On s’attendait à 70 000 visiteurs dans une saison. Oui, l’engouement est là! se réjouit le président du 737.

Il ajoute avoir su dès le début que son projet était susceptible de déranger.

Il y a tout le temps des gens qui chialent dans la vie. On s'attendait à ça, déplore-t-il. Ce qui nous surprend, c'est que ça vienne du maire Pageau, qui étrangement, n'est jamais venu voir le site lui-même et qui a comme décidé de faire un combat de coqs entre l'aéroport et la Ville pour on ne sait trop quelle raison.

Un secteur commercial à venir

L’aéroport ne cache pas ses ambitions de développer, au cours des prochaines années, le secteur présentement boisé qui borde la route de l’Aéroport.

Oui, on doit développer notre site pour monnayer nos actifs, mais ça ne se fera jamais au détriment du bien-être de notre communauté, assure Laurianne Lapierre, la porte-parole de l’aéroport de Québec.

L'administration aéroportuaire s'engage déjà à consulter la Municipalité quant aux prochains développements dans le secteur.

Les revenus qu'espère YQB sont locatifs. Ils auront pour but, ajoute l'aéroport, d'atténuer la pression sur les frais aéroportuaires et sur l’activité aérienne pour être plus compétitif et aller chercher de nouveaux vols.

Je comprends que l'aéroport, il veut de l'argent. Il a vu que le côté de la route de l'Aéroport a un côté commercial à développer, maintient Gaétan Pageau. Moi, je me demande ce qui va se faire là, considérant qu'il y a un quartier résidentiel autour?

Une des priorités d'un aéroport international, c'est d'amener des vols. Pas des avions statiques au sol.

Une citation de :Gaétan Pageau, maire de L'Ancienne-Lorette

Son administration est en discussion avec les autorités fédérales et Nav Canada, qui supervise l’espace aérien civil du pays, pour tenter de concilier la présence de l’aéroport international et la tranquillité des secteurs résidentiels qui l’entourent.

Des hélicoptères devant les locaux de l'entreprise Capitale hélicoptère

Des hélicoptères devant les locaux de l'entreprise Capitale hélicoptère

Photo : Radio-Canada / Marie-Maude Pontbriand

Des citoyens ont dénoncé le va-et-vient des hélicoptères au-dessus de leurs domiciles, à raison de 30 à 50 vols par fin de semaine, selon le maire.

Un problème qui s'était grandement amélioré sous l'ancienne administration aéroportuaire de Québec, qui a cependant changé, conclut Gaétan Pageau.

Avec les informations de Colin Côté-Paulette

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