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Samuel Cantin s'amuse entre dessins, écriture et cinéma

Le trentenaire sourit à l'animateur.

Le bédéiste Samuel Cantin, en 2019, en entrevue à l'émission « Longueur d'onde »

Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Alexandre Graton

Le bédéiste et scénariste Samuel Cantin a reçu jeudi dernier un financement de Téléfilm Canada pour la production de son film Vil et misérable, une adaptation de sa bande dessinée éponyme, parue en 2013. En plus de préparer le tournage qui devrait débuter en 2022, l’artiste travaille sur une bande dessinée et s’apprête à présenter deux courts métrages au Festival Fantasia.

Le film Vil et misérable sera réalisé par Jean-François Leblanc, qui signera ici son premier long métrage de fiction. Le réalisateur a créé plusieurs courts métrages dans le passé qui ont fait le tour des festivals, comme Landgraves (2020) et 12 hommes en tabarnak (2011).

Vil et misérable, un film en écriture depuis 2016

Samuel et Jean-François écrivent le film ensemble depuis 2016. Ils ne se connaissaient pas avant de collaborer sur ce long métrage, mais le réalisateur était déjà un grand adepte du bédéiste. Ça a tout de suite cliqué lors de notre première rencontre. Je me sentais en confiance avec lui et on avait les mêmes références, relate Samuel Cantin. À deux, ils ont écrit environ 22 versions de scénarios, ayant reçu depuis 2016 différents financements de la SODEC, notamment.

Lorsque Samuel Cantin a appris qu’il avait un financement de Téléfilm Canada, il était enjoué et ravi. On croyait au projet, bien sûr, mais quand j’ai appris la nouvelle, j’ai vraiment été content et étonné. Des fois, ça prend du temps faire un film au Québec. Donc de recevoir un financement comme ça du premier coup, ça donne un boost d’énergie, remarque le bédéiste et scénariste.

La bande dessinée Vil et misérable, parue en 2013 aux Éditions Pow Pow, raconte l’histoire de Lucien, un diable qui est sur terre depuis un grand nombre d’années. Ce dernier est le libraire responsable chez Linguine, qui vend des voitures et des livres usagés.

Étant notamment admiratif devant les livres et vies de Mark Twain et d'Ernest Hemingway, Lucien est un personnage à l’humour douteux qui doit partager ses tâches avec Daniel, son nouvel assistant. Mal-aimé de ses collègues, mais louangé par son patron, Lucien livre ses états d’âme à son psychologue, Stéfano Von Strudel, personnage étrange aux comportements et au langage déplacés.

Mon intention en écrivant cette bande dessinée, c’était de créer un personnage et de le mettre dans des situations dans lesquelles il allait être un "ultimate outsider". Un démon parmi les humains qui travaille dans un concessionnaire de chars et passionné de littérature. Je voulais créer des situations impossibles, humoristiques et avec des malaises… Lucien est un personnage qui a du ressentiment et plusieurs frustrations.

Une citation de :Samuel Cantin
L'ombre d'un diable.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Image de la couverture de la bande dessinée « Vil et misérable », parue en 2013 aux Éditions Pow Pow

Photo : Image fournie par les éditions Pow Pow

Le défi de l’adaptation cinématographique

Le film n’en sera pas un d’animation, mais bien en prises de vues réelles. Des personnages ont été ajoutés au scénario et certaines intrigues ont été revues. Le ton est un défi. Dans la BD, les personnages sont vraiment gros, c’est comme une série de portraits humoristiques. Pour le film, il fallait doser et aller chercher un peu plus d’émotion et de réalisme dans les personnages, explique Samuel Cantin.

Mais on veut évidemment garder un esprit un peu décalé et absurde! On veut par exemple que le costume du personnage de Lucien ait l’air un peu cheap. Et on veut recréer un univers qui est proche du nôtre, sans oublier qu’il y a aussi des démons sur terre!, ajoute-t-il.

BD, courts métrages, théâtre et Fantasia

Au fil des ans, Samuel Cantin a mis de côté son crayon à dessin par moments pour se concentrer sur autre chose, en scénarisant notamment la série web Sylvain le magnifique en 2018 et en adaptant au théâtre le texte du premier tome de sa bande dessinée Whitehorse. Un laboratoire de création de ce projet a été présenté en webdiffusion en mars dernier, dans la programmation du théâtre Duceppe.

Les 6 et 7 août, l'artiste présentera en première mondiale au Festival Fantasia à Montréal son court métrage d’animation Le syndrome de la tortue, qui s’inspire directement, encore une fois, de Whitehorse. Dans le film, on suit le personnage d’Henri Castagnette, qui rencontre son médecin, Dr Von Strudel, avec lequel il tentera de comprendre la mystérieuse maladie qui s’empare de lui.

Les mêmes dates au Festival Fantasia, il y aura aussi le court métrage Monsieur Cachemire (2020), écrit par Samuel Cantin, qui avait été présenté aux Rendez-vous Québec Cinéma cette année. Ce film met en vedette Antoine Vézina, Éric Bernier et Maxime Le Flaguais.

Et à quand aurons-nous droit à une nouvelle bande dessinée signée Samuel Cantin? Au début de l’année prochaine, indique l’auteur, qui dévoilera alors Shérif Junior dans : Il y a quelque chose de poussiéreux à Sorel-sur-Poussière, le premier tome d’une série de livres.

Ça se passe dans un Québec western fictif et décalé du passé. L’action est campée à Sorel-sur-Poussière et c’est un shérif de 12 ans qui s’occupe de cette ville-là, et tous les autres personnages sont des adultes. Il y a aussi la ville Joliette-en-Gravel dans ce livre, indique Samuel Cantin.

Bien que le personnage de Lucien de Vil et misérable n’apparaîtra pas dans cette bande dessinée, il pourrait être présent dans les tomes suivants. Lucien est un démon qui est sur terre depuis 400 ans environ. Mon rêve serait donc de le faire apparaître dans ce monde western d’autrefois comme libraire ambulant!, s'enthousiasme le bédéiste et scénariste aux mille projets.

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