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Arriéré d'interventions chirurgicales : combler le retard le week-end, annonce l'Ontario

La ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott, en conférence de presse.

La ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott, a dévoilé un plan visant à s'attaquer à l'arriéré d'interventions chirurgicales, mercredi. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Des centaines de milliers d'opérations chirurgicales ont été retardées par la pandémie et le gouvernement de l’Ontario a annoncé, mercredi, un plan pour s’attaquer à cet arriéré.

Le plan vise à permettre au système de santé hospitalier et communautaire de fonctionner à une capacité de 110 à 115 %. On espère augmenter le nombre d'interventions le soir et la fin de semaine.

La ministre de la Santé, Christine Elliott, était accompagnée de Matthew Anderson, président-directeur général de Santé Ontario. Ils ont présenté un document qui offre des détails sur le plan, puis ont répondu aux questions des journalistes.

Reprise des chirurgies : faire face aux répercussions de la pandémie by Radio-Canada on Scribd

Il s'agit d'un investissement qui pourra aller jusqu'à 324 millions de dollars, a annoncé Mme Elliott. Cette enveloppe était déjà prévue dans le budget provincial.

L'arriéré, un chiffre flou

Le gouvernement ontarien annonce dans le document que les opérations chirurgicales électives reprennent déjà. Notre but pour les hôpitaux est de voir 100 %+ du nombre d’opérations chirurgicales à l’automne 2021, peut-on lire dans le document. Ce type d'opération avait été stoppé durant la pandémie et reprend graduellement depuis mai.

De plus, le nombre de visites chez les médecins généralistes est toujours à la baisse : il y a 12,5 % moins de visites en mai 2021 par rapport à mai 2019, précise-t-on.

Portrait de Matthew Anderson, président-directeur général de Santé Ontario.

Matthew Anderson est le président-directeur général de Santé Ontario.

Photo : Radio-Canada

En mai dernier, le Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario (BRF) prédisait que l'arriéré d'opérations chirurgicales allait atteindre 419 200 d’ici la fin septembre. Or, M. Anderson a déclaré qu'il y en avait environ 200 000, ce qui est à peu près le même que nos niveaux prépandémiques. La différence entre ces chiffres n'a pas été expliquée lors du point de presse.

Un arriéré qui va gonfler

Dans le document présenté mercredi, on explique que plusieurs personnes qui souffrent du genou, de la hanche ou de cataractes, par exemple, n’ont toujours pas vu leur médecin de famille en raison de la pandémie, ce qui fera inévitablement gonfler le nombre d’opérations chirurgicales en attente.

On y explique également que le plan permettra d’offrir jusqu’à 67 000 chirurgies et interventions supplémentaires. Le document n’indique pas de chronologie pour ces interventions supplémentaires.

Le gouvernement ontarien avait déjà dévoilé un plan et une enveloppe de 700 millions de dollars en septembre 2020 afin de s’attaquer à l’arriéré d’opérations chirurgicales causé par la pandémie.

Y a-t-il assez de personnel?

Durant le point de presse et en réponse à une question, Mme Elliott a souligné que le personnel hospitalier devait prendre un congé, prendre du temps pour relaxer en famille à la suite de la pandémie.

M. Anderson, de son côté, compte sur le fait que les employés pourront enfin retourner faire ce qu'ils aiment vraiment, travailler en salle d'opération et que ce simple fait fera augmenter la productivité.

Or, selon Tracy Johnson, directrice de l'analyse du système de santé à l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), le plan du gouvernement n'est qu'un vœu pieux.

Elle explique que les salles d'opération sont disponibles, mais qu'il y a un problème de dotation en personnel. Les défis ne sont pas de savoir si nous avons ou non la capacité. Nous avons la capacité, nous avons l'espace. Il s'agit de trouver des personnes pour y travailler.

Or, la question du personnel n'est pas abordée dans le plan du gouvernement.

Le [personnel hospitalier], spécialement en Ontario, travaille au maximum de ses forces [depuis des mois]. Le défi sera de trouver des infirmières prêtes à faire des heures supplémentaires pour appuyer ces interventions chirurgicales, selon Mme Johnson.

La Dre Julie Hallet, chirurgienne-oncologue à l'Hôpital Sunnybrook, abonde dans le même sens. Je ne sais pas à quel point [le plan] est réaliste avec le personnel qu'on a à l'heure actuelle, dit-elle.

Si la Dre Hallet souligne quelques points positifs dans le plan – on y discute de l'arriéré en chirurgie mais aussi du dépistage et du diagnostic – elle s'inquiète tout de même des répercussions potentielles sur les ressources humaines.

L'argent, c'est bien [...] mais cet argent ne va pas créer de personnel. [...] Pour faire fonctionner une salle d'opération on a besoin de chirurgiens, d'anesthésistes, d'infirmières, de personnel de soutien [...] et ce sont des gens qui vont devoir travailler en heures supplémentaires, et encore plus qu'à l'habitude, et après une période d'un an et demi où c'est déjà ce qu'on fait sans arrêt.

Avec des informations de Talia Ricci, CBC News, et de Natasha MacDonald-Dupuis

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