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Découverte à Casablanca de l'Acheuléen le plus ancien d'Afrique du Nord

Différentes vues du même outil biface de 27 cm de hauteur créé par un Acheuléen.

Différentes vues du même outil biface de 27 cm de hauteur créé par un Acheuléen

Photo : Muséum de Toulouse/Didier Descouens

Agence France-Presse

Une équipe de chercheurs franco-italo-marocaine vient d'annoncer que l'émergence de l'Acheuléen à Casablanca, au Maroc, remonte à 1,3 million d'années.

Jusqu'à présent, les archéologues estimaient que cet humain préhistorique – dont l'une des caractéristiques est l'invention des outils bifaces, pendant le paléolithique inférieur – s'était établi il y a 700 000 ans dans cette partie d'Afrique du Nord.

Avec ce nouveau rebond chronologique, presque le double, le pays se positionne à l'échelle du continent [africain] où l'Acheuléen est documenté à presque 1,8 million d'années en Afrique de l'Est et 1,6 million d'années en Afrique du Sud, a expliqué l'archéologue marocain Abdelouahed Ben Ncer.

Il s'agit d'une découverte majeure qui contribue à enrichir le débat sur l'émergence de l'Acheuléen en Afrique, s'est félicité le codirecteur du programme franco-marocain Préhistoire de Casablanca, Abderrahim Mohib, lors d'une conférence de presse à Rabat, au Maroc.

Cette recherche, parue dans la revue britannique Scientific Reports (Nouvelle fenêtre) (en anglais), a mobilisé 17 chercheurs marocains, français et italiens.

Elle s'appuie sur l'étude d'outillage lithique (bifaces, hachereaux ou piques) et géologique, extraite du site de la carrière Thomas I, non loin de Casablanca, où des recherches sont menées depuis les années 1980.

Sur ce site de fouilles d'environ 1000 m2, les archéologues ont découvert l'un des assemblages acheuléens les plus riches d'Afrique, a souligné M. Mohib. C'est très important, car on parle du temps préhistorique, une période complexe avec peu de données.

L'humain préhistorique ayant vécu dans cette région assimilait le concept de prédétermination, explique-t-il. Il conçoit la forme de l'outil qu'il veut avoir. C'est une avancée technologique très importante pour cet Acheuléen ancien.

En plus de 5000 pierres taillées, les chercheurs ont trouvé quelques restes de la faune : hippopotames, éléphants, zèbres, gazelles, sans exhumer pour l'heure des restes humains.

L'Acheuléen a-t-il migré de l'est au nord du continent africain à cause d'éventuels changements climatiques? Selon le chercheur, la question se pose car nous n'avons que très peu d'informations sur l'Acheuléen daté de 1,3 million d'années en Afrique de l'Est.

De plus, l'étude géochimique a permis d'identifier des poussières du Sahara, mais à l'heure actuelle, il est prématuré de trancher.

Les recherches ont également permis de découvrir que les plus anciens habitants du Maroc étaient des variants de l'Homo erectus, selon M. Mohib.

Le programme Préhistoire de Casablanca est le fruit de la collaboration entre l'Institut marocain de l'archéologie (INSAP), l'Université Paul Valéry 3, à Montpellier, et le ministère français des Affaires étrangères. Des laboratoires français et italiens ont également pris part à ce projet.

En 2017, dans le site préhistorique de Jebel Irhoud, des archéologues avaient découvert les restes d'Homo sapiens de 300 000 ans, les plus vieux au monde. Cette découverte avait chamboulé la vision de l'évolution humaine.

Le paléolithique est la première et la plus longue période de la préhistoire, qui a débuté il y a plus de 3 millions d'années et s'est achevée il y a 12 000 ans.

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