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Des producteurs s'opposent à une augmentation du seuil de résidus de pesticides

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Santé Canada propose de monter le seuil de résidus de pesticides dans les bleuets sauvages et les framboises. (archives)

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Radio-Canada

Santé Canada propose de monter le seuil de résidus de pesticides dans les bleuets sauvages et les framboises. Alors qu’une consultation publique est en cours sur cette question, des producteurs estriens veulent savoir qui est derrière cette demande, et pourquoi.

Pour moi, ce n’est pas un besoin, mais pas du tout. Au contraire, on essaie plutôt de diminuer l’utilisation de pesticides, remarque Gérald Sévigny, le propriétaire de la Ferme fruitière Sévigny, à Saint-François-Xavier-de-Brompton.

Je pense, moi, que ça servirait plus à l’importation, aux grandes compagnies qui veulent importer, elles voudraient avoir une permission d’utiliser plus de pesticides. 

Une citation de :Gérald Sévigny, propriétaire de la Ferme fruitière Sévigny

L’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec craint même que de nouvelles normes soient nuisibles aux producteurs québécois, puisqu’elles permettraient plus d’importations de petits fruits produits à l’étranger. 

Les méthodes alternatives sont parfois plus coûteuses aux producteurs qu’utiliser justement des pesticides. C’est pour ça qu’en réalité, si on augmente la norme, ça change la donne au niveau de la compétition avec les produits étrangers, explique Michel Brien, vice-président de l’Union des producteurs agricoles-Estrie.

Santé Canada affirme que les nouveaux seuils proposés sont sans danger pour la société.

Des effets cumulatifs moins connus, selon un expert

Le professeur à la Faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke Marc Bélisle estime toutefois que les citoyens ont raison de poser des questions, puisqu’on connaît mal les effets cumulatifs de divers pesticides. Il explique qu’on évalue trop souvent l’effet d’un seul pesticide, alors que les êtres humains sont en contact avec plusieurs substances.

L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire se base largement sur des études réalisées par les fabricants, par l’industrie des pesticides. Pour moi, il y a un problème éthique majeur à ce niveau-là.

Une citation de :Marc Bélisle, professeur à l’Université de Sherbrooke.

Le gouvernement devrait davantage se pencher du côté de la prévention que de la permission, ajoute-t-il. 

Le Conseil régional de l'environnement de l'Estrie, de son côté, se pose des questions sur le fonctionnement des consultations publiques qui sont présentement menées par Santé Canada.

Ces consultations sont en cours depuis plusieurs semaines, quand même, et on en entend parler à la dernière minute. Visiblement, Santé Canada n’a pas tenté d’aller chercher beaucoup de commentaires d’experts, car on en entend parler alors que la date limite arrive à grands pas, déplore Jacinthe Caron, directrice générale du Conseil.

Avec les informations de Thomas Deshaies

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