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Des familles s'opposent au renouvellement du permis d'un foyer pour aînés

La façade et l'enseigne d'un immeuble

Orchard Villa est l'un des établissements de soins de longue durée de l'Ontario les plus durement touchés. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Angelina King/CBC News

Radio-Canada

Le permis du foyer de soins de longue durée Orchard Villa, géré par l’entreprise Southbridge Care Homes, sera prochainement échu. Or, ce foyer a été la scène d’une des pires éclosions mortelles de COVID-19 au pays.

Ce foyer de soins de longue durée à but lucratif a d’ailleurs fait l'objet d'un rapport cinglant de la part des Forces armées canadiennes en 2020.

70 résidents d’Orchard Villa, qui compte 230 lits, sont morts de la COVID-19 lors de la première vague de la pandémie.

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario a tenu une audience publique le 15 juillet au sujet d’un nouveau permis de 30 ans. De plus, un possible agrandissement d'Orchard Villa, qui est situé à Pickering, en Ontario, a été discuté.

Les groupes de défense des familles demandent maintenant que des changements soient apportés aux audiences, affirmant que les voix des familles et des activistes sont ignorées. Selon eux, le processus de consultation s'est concentré sur la question de savoir si Southbridge est capable de construire un foyer et si des lits sont nécessaires, mais pas sur l'histoire de l'entreprise ou sa capacité à prendre soin des résidents.

C'est incroyable que cela se produise. C'est un scandale pour nous, et pour les familles, et nous demandons au gouvernement d'y mettre fin , a déclaré Natalie Mehra, directrice générale de la Coalition ontarienne de la santé, lors d'une conférence de presse virtuelle tenue mardi matin.

Natalie Mehra en entrevue dans un bureau devant une pile de papiers.

Natalie Mehra est la directrice générale de la Coalition ontarienne de la santé. (Archives)

Photo :  CBC

Southbridge Care Homes possède 37 maisons de retraite et de soins de longue durée dans la province.

CBC News a contacté Southbridge Care Homes mardi matin, mais n'a pas reçu de réponse.

Dans une déclaration envoyée à CBC Toronto, le ministère des Soins de longue durée a déclaré avoir reçu une demande de renouvellement de permis de la part de l'entreprise et que ces demandes sont régies par la loi sur les foyers de soins de longue durée, qui prévoit des consultations publiques. Les consultations relatives à la demande de Southbridge ont pris fin le 25 juillet 2021.

À l'heure actuelle, le directeur n'a pas pris de décision concernant la délivrance d'une licence à Southbridge et chaque considération sera examinée en profondeur, a déclaré Mark Nesbitt, porte-parole du ministère.

Une lettre ouverte

Entre temps, la Coalition ontarienne de la santé a envoyé mardi une lettre ouverte au ministre des Soins de longue durée, Rod Phillips, lui demandant de prolonger le délai pour la décision et de modifier les critères du gouvernement pour l'octroi d'un nouveau permis.

Nous sommes choqués que [...] Southbridge puisse obtenir un nouveau permis pour exploiter ce foyer et [même l’agrandir]. Vraiment, ils auraient dû être mis à l'amende, ils auraient dû perdre leur licence, ils auraient dû faire face à des sanctions sévères pour ce qui s'est passé dans cette maison, a déclaré Mme Mehra.

Cathy Parkes, résidente de Toronto et défenseur des familles, a perdu son père Paul Parkes à cause du nouveau coronavirus dans l'établissement de soins de longue durée Orchard Villa.

Si nous parlons d'une licence de soins de 30 ans, nous devons parler de [ce qui s’est passé], a-t-elle dit. Il s'agit d'un des foyers le plus durement touché lors de la première vague, qui a enregistré le taux de mortalité le plus élevé en Ontario pendant la pandémie, et qui, même avant la pandémie, recevait de multiples rapports d'incidents de problèmes de personnel, de problèmes de médicaments.

Une femme et un homme plus âgés, souriants, devant un mur de briques.

Cathy Parkes et son père, Paul, qui est décédé en avril dernier lors d'une éclosion de COVID-19 qui a ravagé le foyer Orchard Villa, à Pickering. (Archives)

Photo : Gracieuseté Cathy Parkes

Mme Parkes est membre de Canadians 4 LTC et de Families of Orchard Villa, deux groupes qui font pression pour que des changements soient apportés aux soins de longue durée.

Elle dit avoir lutté pour que son père reçoive des soins de base à Orchard Villa, même avant la pandémie. Elle ajoute que, lorsqu'il a été infecté par la COVID-19, on lui a dit qu'elle n'était pas autorisée à l'emmener à l'hôpital.

Il est mort seul. C’était sa plus grande peur, a-t-elle dit. Je suppliais qu'on me laisse entrer et on m'en empêchait. Il a vraiment souffert au cours du dernier mois [de sa vie].

Même maintenant, je ne veux pas y penser. Il a été abandonné par les personnes qui étaient là pour s'occuper de lui, et ça me brise le cœur.

Un rapport des Forces armées

Des membres des Forces armées canadiennes ont été déployés pour intervenir dans cinq maisons de soins en avril 2020, entre autres à Orchard Villa. L'armée a ensuite publié un rapport cinglant disant que ses membres avaient observé un manque d'hygiène, des comportements dangereux et un mauvais contrôle des infections dans les foyers.

Le rapport a révélé des problèmes d’hygiène à Orchard Villa, des cafards et des mouches, une odeur de nourriture pourrie dans un couloir près de la chambre d'un résident, et de nombreuses vieilles barquettes de nourriture empilées sur une table de chevet.

À l'époque, le premier ministre Justin Trudeau avait déclaré que le rapport était profondément troublant, et le premier ministre de l'Ontario Doug Ford avait déclaré que le rapport était horrible et que justice sera faite.

Certains foyers continuent d'être cités par les inspecteurs provinciaux pour de graves violations de la Loi sur les soins de longue durée de l'Ontario, malgré les promesses faites par les politiciens de réformer le secteur après la pandémie.

Un problème de confiance, selon un gériatre

Un récent sondage Angus Reid a révélé que la moitié des Canadiens désirent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter d'entrer dans un établissement de soins de longue durée et pour en écarter les membres de leur famille proche.

Il a également révélé que les trois quarts des Canadiens interrogés ont déclaré qu'un changement important ou une refonte totale était nécessaire, bien que seulement trois sur dix s'attendent à ce qu'un changement se produise.

Samir Sinha, directeur du service de gériatrie des hôpitaux Mount Sinai et University Health Network, a déclaré que si la crise des foyers de soins de longue durée est en grande partie terminée, elle a changé la façon dont de nombreux Canadiens perçoivent le système.

Ce qui n'a pas quitté l'esprit des Canadiens, c'est que plus de 15 000 personnes sont mortes dans ces établissements, dont 30 membres du personnel, et que de nombreux Canadiens ont perdu leur confiance dans ces systèmes de soins de longue durée, a-t-il déclaré.

Pour rétablir cette confiance, nous allons devoir nous assurer de financer adéquatement cette partie de notre système de soins de santé, de mieux l'intégrer, de nous assurer que nous soutenons réellement le personnel qui travaille dans ces établissements et de mettre en place des normes exécutoires.

Avec les informations de CBC News

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