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Touchantes retrouvailles pour deux sœurs

Catherine Lizotte et sa soeur Shina Novalinga.

Catherine (à gauche) et Shina (à droite)

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Titouan Bussiere

Si 2020 a été difficile pour la plupart des gens, ce n’est pas le cas de deux sœurs. Catherine Lizotte et Shina Novalinga se souviendront toute leur vie de cette année comme celle de leurs retrouvailles.

C’est un cadeau du ciel, je me suis toujours dit que je voulais une grande sœur [...]. Malgré la COVID, malgré tous les obstacles [...], ma sœur, c’était un boost.

Une citation de :Catherine Lizotte

Les deux jeunes femmes sont nées du même père, mais de mères différentes. Leur père biologique a choisi la drogue, explique Catherine Lizotte. Selon elle, ses deux parents étaient violents, ce qui a fait en sorte que dès son plus jeune âge, elle a été placée en famille d’accueil par la DPJ.

Shina Novalinga a eu plus de chance. Sa mère a pu s’occuper d’elle.

Quatre personnes sur une photo.

Les deux sœurs ont retrouvé une photo qu'elles avaient ensemble, lorsque Catherine avait quelques jours.

Photo : Fournie par Catherine Lizotte

Catherine Lizotte a été adoptée à l’âge de quatre ans et demi par une famille de Saint-Jérôme. Selon Shina, l’adoption était fermée, ce qui empêchait la sœur aînée d’avoir des informations sur sa cadette, ou de la contacter. Catherine Lizotte, de son côté, ignorait complètement qu’elle avait une sœur.

Un coup de chance

Shina Novalinga explique qu’elle cherchait sa sœur depuis de longues années. Ce qui lui a permis de la retrouver, c’est un coup de chance inouï : Catherine Lizotte pratiquait l’aviron et participait à une compétition nationale, qu’elle a remportée, en septembre 2019.

Catherine Lizotte tient un trophée sur une scène.

Catherine Lizotte a gagné une compétition en septembre 2019, ce qui a permis à sa sœur de la retrouver.

Photo : Fournie par Catherine Lizotte

La mère biologique de Catherine, avec qui elle entretient tout de même quelques liens, a partagé cette victoire de sa fille quelques mois plus tard. C’est alors qu’un ami du père biologique de Catherine l’a reconnue, et a pu le prévenir. Ce dernier a à son tour prévenu Shina, qui n’en croyait pas ses yeux.

Je n’y croyais pas, parce que ma mère et moi l’avions cherchée pendant des années [traduction libre].

Une citation de :Shina Novalinga

Shina Novalinga a alors immédiatement entrepris des démarches pour contacter sa sœur, en lui expliquant qui elle était. Le soir même, les deux sœurs s’appelaient sur FaceTime pendant plusieurs heures, et deux semaines plus tard, le 1er juin 2020, elles se voyaient chez Shina, à Pointe-Claire, pour la première fois.

Des moments de vie à rattraper

Plus d’un an après leurs retrouvailles, elles continuent de se voir quelques fois par mois, même si elles habitent loin l’une de l’autre.

On a fait une "to-do list", la première fois qu'on s'est rencontrées. Plein de choses, des choses banales, qu'on aurait faites quand on était jeunes, que ça soit un voyage ou regarder les étoiles, c'est des choses qu'on aimerait faire ensemble. Les choses importantes, on les a mises là-dedans.

Une citation de :Catherine Lizotte

Par exemple : faire un kiosque de vente de limonade, une activité incontournable pour deux jeunes sœurs.

Une to-do list est sur la table, avec les deux soeurs qui parlent.

Catherine et Shina ont fait une "to-do list", pour faire tout ce qu'elles n'ont pas pu faire étant jeunes.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Elles ont déjà réussi à en accomplir plusieurs, mais la liste est longue. Elle n’est pas sur le point de s’épuiser.

[Ma préférée], c'était de la coiffer et de la maquiller. Je sentais que j'étais une grande sœur, tu sais, en brossant ses cheveux. C'était très intime et très beau, donc c'était mon moment favori. [traduction libre]

Une citation de :Shina Novalinga

Catherine souligne de son côté l’importance pour elles d’avoir rencontré leurs grands-parents biologiques. Catherine ne les avait pas revus depuis son adoption. La première fois que j’ai [revu ma grand-mère], elle m’a donné un cadeau, explique Catherine. Là-dedans, il y avait la poupée que j’utilisais le plus quand j’étais petite [...] Eux avaient les larmes aux yeux, ils étaient vraiment contents d’avoir leurs deux petites filles réunies, enfin.

Une complicité hors pair

Catherine et Shina ont vécu toute leur vie chacune de leur côté. Pourtant, leurs valeurs sont très similaires et elles s’entendent très bien.

Catherine a notamment appris à Shina à faire de l’aviron, et Shina, d’origine inuit, partage sa culture avec sa sœur. Catherine Lizotte a souligné vouloir visiter Puvirnituq, le village d’où est originaire Shina.

Même si cela ne fait qu’une année que les deux jeunes adultes se côtoient, elles sont extrêmement proches.

Catherine Lizotte et Shina Novalinga.

Les deux sœurs sont très complices depuis le début, selon elles.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

On était connectées dès le début, comme un film, c’était magique. Dès le début, j’étais à l’aise de lui parler de tout, et elle aussi.

Une citation de :Catherine Lizotte

Les deux sœurs ont mentionné avoir passé beaucoup de temps à simplement se regarder, car elles avaient du mal à réaliser qu’elles étaient sœurs.

Le bon moment

Aujourd’hui, Catherine réside à Cowansville, a quitté l’aviron et travaille en paysagement. Shina a terminé ses études en gestion d’entreprise, elle se consacre à temps plein au média social TikTok, sur lequel elle sensibilise ses abonnés à la culture inuit.

Malgré leur horaire occupé, elles ont du temps l’une pour l’autre. Plusieurs fois, Catherine et Shina ont souligné à quel point la vie avait bien fait les choses pour elles.

On s’est rencontrées à un moment où les deux on était stables dans notre vie, les deux on était prêtes à ça.

Une citation de :Catherine Lizotte

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