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Le duo Oktoplut et l'octobasse rarissime de l'OSM

Les deux hommes se tiennent à côté d'une octobasse à la Maison symphonique de Montréal.

Mathieu Forcier (à gauche) et Laurence Fréchette (à droite) avec l'une des fameuses octobasses de l'OSM

Photo : Slam Disques / Caroline Perron

Charles Rioux

Pour sa chanson Le delta de l'Okavango, le duo de heavy rock montréalais Oktoplut a collaboré avec l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et son musicien Eric Chappell, qui a la particularité de jouer de l’octobasse. Cet instrument rarissime qui fait 3,87 m de haut est la vedette du vidéoclip tourné à la Maison symphonique de Montréal et lancé la semaine dernière.

La formation Oktoplut a vu le jour en 2012, fondée par Laurence Fréchette (batterie, voix) et Mathieu Forcier (guitare). Les duos se font plutôt rares dans le milieu du rock, encore plus ceux avec un nom aussi ambigu qu’Oktoplut. Initialement une blague entre camarades, cette traduction libre du titre d’un film de James Bond, Octopussy (1983), a fini par s’imposer.

En plus de quelques microalbums, le groupe a lancé deux albums studio : Pansements, en 2014, et Le démon normal, en 2017, qui a remporté le prix de l’album punk de l’année au Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ) en 2018. La chanson Le delta de l’Okavango, qui intègre l’octobasse, est un avant-goût de leur troisième album, à venir le 13 août et intitulé RIONNOIR.

L’octobasse, le plus grand des instruments à cordes

L’octobasse est le plus grand instrument à cordes et également le plus grave : sa note la plus basse se situe à une fréquence de 25 Hz, soit presque à la limite de ce que l’oreille humaine peut distinguer, selon le site de l’OSM. La première octobasse aurait été fabriquée en 1834 par un contrebassiste du nom de Dubois, avant que le luthier Jean-Baptiste Vuillaume (1798-1875) en fasse une version améliorée en 1849.

C’est à l’initiative du maestro Kent Nagano que l’OSM a fait l’acquisition de sa première octobasse, en 2016. Il s’agit d’une réplique exacte de l’instrument de Vuillaume, réalisée par le luthier français Jean-Jacques Pagès. L’OSM, qui à l’époque pouvait déjà se targuer d’être le seul orchestre au monde avec une octobasse, en a commandé deux autres depuis.

D’une hauteur de 3,87 mètres, l’instrument n’est pas facile à manier. Pour en jouer, le contrebassiste de l’OSM Eric Chappell, musicien attitré de l’instrument, doit monter sur un petit escabeau. Il peut ainsi activer les pédales et les leviers, puis faire glisser son archet sur les trois cordes de l'instrument.

L’octobasse était tout indiquée pour être intégrée à l'œuvre d'Oktoplut. Le groupe aime la musique lourde et avoue accorder régulièrement ses instruments dans des tonalités basses, selon sa page Bandcamp.

Le delta de l’Okavango

Premier simple du troisième album du groupe, Le delta de l’Okavango fait référence à un fleuve africain qui a pour particularité de ne jamais se déverser dans l’océan, son cours s’achevant dans le désert du Kalahari, au Botswana, par le vaste delta de l’Okavango.

Pour les standards de l’industrie, la pièce est effectivement une chanson-fleuve, avec plus de sept minutes au compteur. Avec la participation de Jérôme Boisvert au piano et d’Eric Chappell à l’octobasse, le vidéoclip, dont la production visuelle léchée met en valeur la Maison symphonique de Montréal, offre aux mélomanes une véritable envolée.

Une collaboration unique en son genre

Pour la petite histoire, cette collaboration hors normes entre Oktoplut et l’OSM est le fruit du hasard et d’un peu de détermination, selon le groupe.

En fait, on a été hyper chanceux là-dedans, avoue Mathieu Forcier. Quand on a enregistré les maquettes du prochain album, la personne chez qui on enregistrait, Frank Joly, connaissait des employés et des musiciens de l’OSM. On a juste lancé ça aux autres pendant qu’on enregistrait [Le delta de l’Okavango]. Quelques téléphones plus tard, on a appris que c’était possible.

Bien que leur univers soit complètement différent de celui de l'orchestre, le groupe affirme que l’OSM s’est tout de suite montré ouvert à la proposition. Des fois, dans la vie, il faut juste croire en son projet et demander, et des fois ça fonctionne, conclut Mathieu.

Le troisième album d’Oktoplut, RIONNOIR, sera lancé le 13 août prochain.

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