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Québec ne forcera pas certains commerces à fermer le dimanche

Un panneau affiche les heures d'ouverture et de fermeture.

Des commerces demandaient au gouvernement Legault d'intervenir pour réglementer les heures d'ouverture des magasins (archives).

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec ne réglementera pas les heures d'ouverture de certains commerces comme les quincailleries pour les obliger à fermer le dimanche.

Cette décision survient après des appels répétés de petits commerçants, qui réclamaient une intervention de l'État pour mettre fin à une concurrence qu'ils jugent déloyale alors que sévit une grave pénurie de main-d'œuvre.

À cause de l’effet des surfaces généralistes aux horaires sans fin, les petites quincailleries sont tout bonnement appelées à disparaître, écrivait notamment le PDG de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), Richard Darveau, dans une lettre ouverte publiée dans La Presse lundi.

Selon l’AQMAT, la solution est simple et consiste à obliger les quincailleries et centres de rénovation à fermer les dimanches et à interdire aux autres commerces de vendre des articles de quincaillerie et des matériaux de construction.

Cette stratégie, évalue l'AQMAT, permettrait des économies de l’ordre de 15 à 20 %.

Appelé à réagir, le gouvernement Legault a toutefois montré ses couleurs en justifiant une approche non interventionniste. Nous souhaitons plutôt laisser la liberté aux commerçants de fermer s’ils le désirent, a déclaré mardi l'attachée de presse du bureau du premier ministre, Nadia Talbot, s'exprimant au nom de François Legault.

Au lendemain de la déclaration du bureau du premier ministre, l’AQMAT a annoncé que les quincailliers allaient se mobiliser dès le début du mois d'août pour qu’un débat de société de fond s’engage. Elle n’a toutefois pas précisé la nature des actions que ses membres avaient l’intention de poser.

L’AQMAT demande depuis cinq ans au gouvernement de réviser sa Loi sur les heures et les jours d’admission dans les établissements commerciaux afin de protéger l’expertise qu’offrent les quincailleries.

Avec cette lettre ouverte, M. Darveau souhaitait mettre de l'avant l'urgence d'agir au moment où plusieurs petites quincailleries ont été contraintes de fermer leurs portes, leurs ressources étant épuisées.

Pénurie de main-d'œuvre

D'autres commerces, particulièrement en région, voient aussi la fermeture du dimanche comme un répit, en plus d'une mesure pour compenser la pénurie de main-d'œuvre.

Or, même à Montréal, jusqu'à 82 % des entreprises cherchent à embaucher de nouveaux employés et, pour 79 % d'entre elles, il est difficile de recruter, révélait lundi un coup de sonde de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Dans ce contexte, plusieurs commerçants disent avoir de la difficulté à rester ouverts sept jours sur sept.

Une professeure en gestion du commerce de détail à HEC Montréal, Joanne Labrecque, observe elle aussi le même phénomène.

C’est difficile de combler avec toutes les plages horaires. Plusieurs commerces font le choix de couper des heures d’opération pour s’assurer qu’ils peuvent offrir un service adéquat, a-t-elle expliqué en entrevue à Zone économie, lundi soir.

Cette situation risque de se poursuivre dans les prochains mois, de l'avis de Mme Labrecque. On peut s’attendre à ce que certains commerçants ferment, a-t-elle prédit.

Le gouvernement Legault avait décrété la fermeture des commerces essentiels le dimanche de manière temporaire en avril 2020, au tout début de la pandémie. Cette mesure exceptionnelle, qui a pris fin le 24 mai, visait à permettre aux employés de se reposer. Elle excluait toutefois les stations-service, les dépanneurs, les pharmacies et le service des commandes à emporter des restaurants.

Avec ce qu’on a vu durant la pandémie, c’est possible de le faire, a pris soin de souligner Joanne Labrecque.

D'ailleurs, certains pays d'Europe imposent toujours le repos dominical. Au Québec, la Loi sur l'observance du dimanche a été abolie au début des années 90.

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