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Instagram nuit-il au marais de la rivière aux Cerises?

Des kayakistes sur la rivière aux Cerises

La beauté de la rivière aux Cerises attire de nombreux amateurs de kayak.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Radio-Canada

Un paysage idyllique, une météo parfaite, une pause, un sourire... et la photo se retrouve instantanément sur le web, disponible à tous pour l'admirer. Une image léchée qui donne le goût de la reproduire, chose facile puisqu'elle est géolocalisée. Une publicité parfaite, gratuite, mais à quel prix pour le bien-être de la nature?

Laura Dénommée-Patriganni en sait quelque chose. La directrice générale de l'Association du Marais-de-la-Rivière-aux-Cerises voit débarquer, depuis le début de l'été, un flot incessant d'amateurs de sports nautiques dans la rivière aux Cerises. Il y a un achalandage assez démesuré, déplore-t-elle.

La pandémie a certes eu un impact majeur, les gens cherchant des activités pour s'occuper. Mais au-delà du besoin croissant de s'évader, de l'envie grandissante de quitter le bitume pour s'initier au kayak ou à la planche à pagaie, ce sont les médias sociaux qui contribuent à cet engouement, soutient-elle.

Les gens partagent leurs expériences. C'est beau, on fait des photos. Cela amène des gens à découvrir le marais, ce qui est une bonne chose. Mais présentement, il y a vraiment un effet de masse, explique-t-elle.

Sur Instagram, quelque centaines de photos sont géolocalisées dans le marais et sur la rivière. Si la plupart sont respectueuses de l'environnement, d'autres entraînent un autre problème : la détérioration de l'environnement.

Pour prendre des photos, ils vont dans les écosystèmes, dans la végétation [...] Les berges sont dénudées, dévégétalisées. Les gens s'approchent tellement près de la faune qu'elle est stressée, ajoute-elle.

Il y a un gros travail de sensibilisation pour faire prendre conscience aux gens que lorsqu'on est dans un milieu naturel comme un marais, il y a un code de conduite à suivre.

Une citation de :Laura Dénommée-Patriganni, directrice générale de l'Association du Marais-de-la-Rivière-aux-Cerises
Des kayakistes et planchistes sur une rivière

Près d'une centaine d'amateurs de sports aquatiques peuvent se lancer en une heure sur la rivière.

Photo : Radio-Canada

Une solution : l'absence de géolocalisation?

À plus forte échelle, dans l'Ouest canadien, les Rocheuses connaissent le même problème depuis plusieurs années. Les médias sociaux ont amplifié l'achalandage de façon exponentielle.

Ils ont vu la photo sur Instagram ou dans un magazine, et ils veulent la recréer. Ils ne font qu’entrer et sortir du parc aussitôt. Ces photographes amateurs ne sont pas ici pour expérimenter la nature, soulignait alors un ancien gardien du parc lors du passage de Radio-Canada, dans l'Ouest.

En 2019, le Fonds mondial pour la nature France lançait une initiative pour tenter de contrer le tourisme de masse dans des environnements fragiles : une géolocalisation unique pour toutes les destinations : I Protect Nature. Cette géolocalisation permettait de partager des photos alléchantes, tout en évitant d'indiquer la destination, et visait à sensibiliser les instagrameurs à la protection des sites naturels.

Laura Dénommée-Patriganni croit pour sa part que la sensibilisation reste la clé. Elle affirme que restreindre l'accès n'est pas une option, pour le moment. L'organisme mise sur des bouées de renseignements, des panneaux de signalisation et peut-être une patrouille en kayak pour encadrer les activités sur la rivière.

Déjà là, en en parlant, ça permet peut-être de semer quelques graines, espère-t-elle.

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