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Une année « catastrophique » pour les éleveurs et agriculteurs du Nord-Ouest ontarien

Des vaches sont dans un champ. Elles regardent l'objectif.

Plusieurs propriétaires de fermes du Nord-Ouest ont décidé de se séparer d'une partie de leur bétail à cause de la sécheresse.

Photo : Radio-Canada / Romy Boutin

La sécheresse qui sévit dans le Nord-Ouest de l’Ontario entraîne de maigres récoltes et place la production de plusieurs fermes en péril.

C’est la catastrophe, laisse tomber Mark Husser. L’éleveur et producteur de lait, qui possède une ferme à Barwick, peine à nourrir et à abreuver son bétail.

Agriculteur depuis 38 ans, ce dernier affirme n'avoir jamais constaté une telle sécheresse. Même les anciens n’ont jamais vu ça, soutient-il.

On a récolté seulement le quart de foin par rapport à notre moyenne. Il a aussi fallu que je creuse plusieurs puits pour mes bêtes, explique M. Husser, qui a dû s’endetter de 32 000 $ pour leur construction.

Des vaches près d'une grange.

La région de Rainy River n’a pas reçu de quantités importantes de pluie depuis le mois de mai.

Photo : CBC/Jeff Walters

La présidente de la Fédération ontarienne de l’agriculture, Peggy Brekveld, abonde dans le même sens. À certains endroits, les cultures sont mortes, le bétail n’a pratiquement pas de pâturage disponible.

Le ruisseau, où nous pompons normalement l'eau pour nos bêtes, s'est asséché. Nous ne sommes pas sûrs que notre récolte de maïs pourra nous permettre de nourrir notre bétail, alors on envisage de le nourrir avec le blé que nous cultivons normalement pour l'exportation, explique Mme Brekveld, qui est également propriétaire d’une ferme à Thunder Bay.

Un sentiment de désespoir

Pour nourrir ses 200 vaches, l'éleveur Mark Husser pourrait importer du foin du sud de la province, mais son prix est quatre fois plus élevé que le foin local, soutient-il.

Il faudrait que j’emprunte 350 000 $ si je veux garder mes bêtes et les nourrir avec du foin du sud et du maïs de l’Iowa.

Des ballots de foin dans un champ.

Mark Husser paye 45 $ une balle de 630 kg de foin local. Son prix monte à 200 $, y compris le transport, lorsqu'il provient du sud de la province.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Pour éviter que les dettes ne s’accumulent, l’agriculteur affirme qu’il vendra son quota de production laitière en septembre. Je n’ai pas le choix, il faut que j’arrête, la récolte est trop mauvaise.

Je pourrais pleurer, mais ça ne m’aidera pas. C’est pratiquement la fin d’une vie.

Une citation de :Mark Husser, agriculteur et éleveur à Barwick

Peggy Brekveld affirme que plusieurs fermiers de la région sont désespérés et vivent un stress extrême.

Des gens qui ont travaillé dans l'agriculture pendant de nombreuses années ne peuvent plus continuer; plusieurs vaches dans le district de Rainy River ont déjà été vendues parce qu'elles n'ont pas assez de nourriture, affirme Mme Brekveld.

De nouveaux agriculteurs, qui commencent à peine, voient déjà leurs fermes disparaître, regrette la présidente de la Fédération ontarienne de l’agriculture.

Il faut que ça aille vite

L’éleveur Mark Husser plaide pour que le gouvernement ontarien subventionne le transport et l’achat du foin.

Il faut que ça aille très vite, parce qu’il n'y a presque plus rien à manger et si cette aide arrive en octobre ou en novembre, ce sera trop tard, prévient-il.

Pour répondre à la crise, la province a annoncé mardi le versement d'une aide d’urgence de 2 millions $ pour les agriculteurs et éleveurs des districts de Kenora et Rainy River.

Greg Rickford se tient debout et prend la parole lors d'une période de questions à l'Assemblée législative de l'Ontario.

Greg Rickford est ministre de l'Énergie, du Développement du Nord et des Mines de l’Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Le ministre et député de Kenora–Rainy River, Greg Rickford, assure que les applications pour cette aide pourront se faire dans les prochains jours.

Les dépenses qui ont été faites à partir du 14 juin en raison de la sécheresse seront prises en compte, a-t-il souligné en conférence de presse à Emo.

Un montant de 800 000 $ sera versé à l’association Beef Farmers of Ontario pour régler les pénuries immédiates en nourriture destinée aux animaux.

Les 1,2 million $ restants seront versés directement aux agriculteurs pour abreuver leur bétail et acheter de nouvelles clôtures, précise le communiqué de presse.

Je suis contente de voir que le gouvernement écoute et souhaite prendre des décisions rapides. Il faut que l’on continue les discussions pour que d'autres secteurs du Nord-Ouest, comme Thunder Bay, soient inclus dans cette aide d’urgence, réagit la présidente de la Fédération ontarienne de l’agriculture.

Peggy Brekveld croit toutefois que le gouvernement doit regarder au-delà de ce qui se passe aujourd'hui et encourager davantage de recherches scientifiques pour que le domaine agricole arrive à faire face aux changements climatiques.

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