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Pesticides dans les petits fruits : les producteurs de la Mauricie n’en veulent pas plus

Gros plan sur une barquette remplie de bleuets.

Les résidus d'un fongicide et d'un insecticide pourraient augmenter dans les bleuets et les framboises.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Capovilla

Radio-Canada

Des producteurs de fruits et des consommateurs de Mauricie s’interrogent sur la proposition de Santé Canada d'autoriser plus de traces d’un pesticide et d’un fongicide sur les bleuets sauvages et les framboises. Plusieurs s’expliquent mal la volonté d’utiliser plus de produits chimiques dans les récoltes de ces fruits.

À Saint-Étienne-des-Grès, le producteur de bleuets et propriétaire de la ferme Éthier, Sylvain Éthier, juge qu'il s'agirait d'une politique rétrograde de la part d'Ottawa. Ses confrères fermiers et lui-même souhaitent plutôt réduire leur utilisation de pesticides.

Je ne comprends pas pourquoi ils veulent faire ça, parce que ce n’est pas une demande qui vient des producteurs. Au contraire, nous, les producteurs, on essaie de tendre plus vers une production écologique et biologique, assure-t-il.

Est-ce une demande des fabricants de pesticides? [J'imagine que] ce n'est sûrement pas pour rendre les produits et les denrées plus nocives pour la santé. Ce n'est sûrement pas une volonté des gouvernements de faire ça, se questionne-t-il.

Santé Canada affirme que l'augmentation des limites maximales de métalaxyl (Nouvelle fenêtre) (un fongicide) et de sulfoxaflore (Nouvelle fenêtre) (un insecticide) sur les fruits n'aurait aucune incidence sur la santé des Canadiens.

Plusieurs consommateurs sont toutefois inquiets. Des Mauriciens qui s'adonnaient à l'autocueillette à la ferme Éthier mardi s’expliquent mal le projet d’augmenter la présence de ces substances chimiques.

Je trouve que ça n'a pas de bon sens du tout. Je trouve qu'on en a déjà trop dans nos assiettes. Je pense qu'ils devraient diminuer au lieu d'augmenter, a commenté la cueilleuse Denise Martin.

Ça nous laisse perplexes, on se demande si ça vaudra encore la peine de venir cueillir nos fruits quand on sait que l’on consomme encore plus de pesticides. Ça m’enlève le goût de venir à la cueillette à ce moment-là.

Une citation de :Claudia Courchesne, cueilleuse

Plusieurs se demandent quels sont les motifs du gouvernement canadien derrière cette éventuelle autorisation. Le président de l’Association québécoise des producteurs de fraises et de framboises, David Lemire, affirme que les producteurs ne souhaitent pas que les règles changent.

Je pense que les producteurs du Québec et du Canada ont toujours été les plus sévères sur les normes, en plus des Européens. Partout sur la planète, on est reconnus pour ça, juge-t-il.

C’est comme faire un peu de nivelage par le bas [que] d’augmenter la limite plutôt que de demander aux autres pays d’avoir la même limite très très basse.

Une citation de :David Lemire, propriétaire de la ferme horticole Gagnon, à Trois-Rivières

L'avis d'un expert en agroalimentaire

Le directeur principal du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l'Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, rappelle qu'il y a une utilité à ces produits-là. Il affirme que ce type de pesticides peut permettre aux agriculteurs de mieux gérer les risques inhérents à la production, par exemple par rapport aux insectes.

Santé Canada fait un très mauvais travail au niveau de la communication du risque, estime M. Charlebois qui croit que certains producteurs, qui n'osent pas parler dans les médias, sont en faveur de la révision des normes pour les pesticides visés.

Santé Canada mène actuellement deux consultations publiques en vue de l’autorisation, si elle devait aller de l’avant. Une des consultations se termine mardi.

Avec les informations de Jacob Côté et de Thomas Gerbet

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