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Pénurie de logements : le maire de Sherbrooke lance un appel aux propriétaires

Une affiche accrochée à un immeuble sur laquelle est écrit : logement à louer, complet.

Il reste encore une quarantaine de ménages sans toit à Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Une quarantaine de ménages sont toujours sans foyer à Sherbrooke. Devant la crise, la Ville a décidé de prolonger l'aide d'urgence pour les loger temporairement en plus d'interpeller les propriétaires.

Sur ces 40 ménages qui n'ont toujours pas trouvé un toit, une vingtaine logent chez des amis ou des proches. Les autres sont toujours hébergés dans un hôtel, aux frais de la Ville.

L'aide devait se terminer le 31 juillet prochain, mais elle sera en vigueur pendant au moins deux semaines supplémentaires. Le maire Steve Lussier demande ainsi aux propriétaires d'immeubles locatifs de faire leur part.

Ils sont capables de libérer un logement ou de rénover un logement. Si c'est un logement neuf, ils sont capables de donner la possibilité de pouvoir s'installer à cet endroit-là, affirme-t-il.

Ce n'est pas si simple, soutient Annie Lapointe, directrice adjointe du Regroupement des propriétaires d'habitations locatives, un organisme qui représente 85 % du parc locatif de Sherbrooke. Quelques locataires n'ont pu quitter le 1er juillet comme prévu, créant une situation boule de neige sur les ménages en attente. Le propriétaire a peu de moyens dans ces temps-là, souligne-t-elle.

Elle ajoute que ceux qui voudraient baisser le coût de leurs loyers pourraient être pénalisés pendant plusieurs années, puisqu'il est très difficile d'augmenter de nouveau par la suite.

Lorsqu'on parle de diminuer le prix du loyer, lorsqu'on a des logements qui sont en haut du prix du marché, c'est extrêmement difficile avec la Loi sur le tribunal administratif du logement et le Règlement sur les critères de fixation du loyer de reprendre la diminution qui a été accordée.

Il faudrait peut-être stimuler l'offre locative dans ce sens-là, et qu'il y ait une réforme de ce Règlement. Parfois, des propriétaires voudraient accommoder des locataires, mais lorsqu'on sait qu'on sera pénalisé [...] ça les freine.

Une citation de :Annie Lapointe, directrice adjointe du Regroupement des propriétaires d'habitations locatives

Elle ajoute qu'il serait plus simple et efficace de développer davantage de subventions pour aider les ménages à payer leur loyer.

Ces gens-là pourront aller dans les logements privés en ayant des subventions appropriés, soutient-elle.

Les propriétaires se sentent montrés du doigt, car ils ont relativement peu de contrôle, surtout par rapport aux prix des loyers. Ils ont leurs propres obligations de leur côté. La situation n'est pas facile, d'un côté comme de l'autre.

Une citation de :Annie Lapointe, directrice adjointe du Regroupement des propriétaires d'habitations locatives
Annie Lapointe, directrice adjointe du Regroupement des propriétaires d'habitations locatives

Annie Lapointe, directrice adjointe du Regroupement des propriétaires d'habitations locatives

Photo : Radio-Canada

Des conteneurs remplis d'une vie

Pendant que ce débat fait rage, sur un site d'entreposage de la Ville, 14 conteneurs sont alignés, et contiennent tous les biens des familles en attente d'un logement. Celles-ci aimeraient bien les ravoir, particulièrement pour retrouver une normalité et une stabilité à quelques semaines de la reprise des classes, puisque la plupart des ménages à la recherche d'un logement comprennent plusieurs enfants.

Une bonne partie qui a trouvé un logement pour la mi-août, mais les familles nombreuses n'ont rien trouvé jusqu'à présent, soutient Samantha Asselin-Watson, intervenante de milieu du projet APART.

On avait [13 familles nombreuses], une s'est rajoutée hier. Nous sommes rendus à 14 familles qui n'ont toujours pas trouvé de logement.

Une citation de :Samantha Asselin-Watson, intervenante de milieu du projet APART
Des conteneurs enlignés

Ces conteneurs contiennent toutes les possessions de plusieurs ménages sans logement, à Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

Samantha Asselin-Watson estime de plus que l'aide offerte pour le moment par la Ville est clairement insuffisante, et ne permettra pas de régler le problème de pénurie de logement.

Un prix moyen qui dépasse la capacité de payer

Le prix moyen d'un logement a Sherbrooke s'élève à 670 $, selon la Société canadienne d'hypothèque et de logements.

Toutefois, le prix demandé sur les sites d'offres comme Kijiji est plutôt de 831 $ en moyenne. Un prix qui dépasse la capacité de payer des ménages, et qui pousse des organismes communautaires à exiger davantage de logements sociaux.

Un projet d'une centaine de logements est par ailleurs au point mort à Sherbrooke. La Ville, qui le soutient, attend toujours l'accord de la Société d'habitation du Québec pour aller en appel d'offres.

Vue de l'entrée de l'église.

L'église Sainte-Famille de Sherbrooke doit être transformée en logements sociaux.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Avec les informations d'Alexis Tremblay

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