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Le « combat impossible » d’une Ontarienne transgenre pour changer ses pièces d’identité

Une femme transgenre dans la cour arrière d'une résidence.

La Torontoise Diana Bosco affirme faire face à des barrières systémiques qui compliquent le changement de la désignation de sexe sur les cartes d'identité en Ontario.

Photo : Evan Mitsui/CBC

Radio-Canada

Diana Bosco a fait une demande afin d'obtenir la « carte-photo de l'Ontario », une « carte d'identité destinée aux personnes qui n’ont pas de permis de conduire », peut-on lire sur le site web du gouvernement.

Elle a entamé sa transition de genre il y a quatre ans.

Elle souhaiterait que sa carte-photo reflète bien son identité de genre — avec le petit marqueur F pour désigner qu’elle est une femme. Or, elle qualifie le processus d’invasif et de discriminatoire.

On dirait que toute la haine et les ressentiments du passé persistent dans ce système et partout. Je ne sais pas quoi faire. Je veux juste vivre ma vie, mais c’est difficile ici.

Une citation de :Diana Bosco

Diana a demandé à CBC de ne pas utiliser son nom de famille subséquemment, comme il s’agit de son ancien nom. Radio-Canada respecte ce souhait dans cet article.

Plus tôt ce mois-ci, la jeune femme s’est rendue à une succursale de Service Ontario, dans l’ouest de Toronto, accompagnée d’une travailleuse sociale, afin de soumettre ses documents.

Diana affirme que le personnel lui a demandé si elle avait eu une chirurgie génitale. Les employés de Service Ontario lui auraient aussi demandé de fournir une note de son chirurgien qui comprend ses coordonnées.

C’est absurde. Mon dossier médical ne concerne que moi et mon médecin. C’est vraiment humiliant de devoir me justifier et défendre mon identité de genre à un inconnu, affirme-t-elle.

S’identifier en tant que femme ne dépend pas de chirurgies, comme la mammoplastie ou la vaginoplastie, selon elle. Je sais qui je suis. Je n’ai pas besoin de te le prouver, a-t-elle répondu à l’employé.

Les exigences provinciales, un gros obstacle

Diana a appris plus tard que le personnel de Service Ontario avait mal compris les exigences pour la carte-photo. Selon le ministère des Transports de la province, elle pourrait fournir une lettre d’un médecin ou d’un psychologue autorisé à pratiquer en Ontario affirmant que le changement de désignation du sexe est approprié.

D'après la plaignante, il s’agit tout de même d’un gros obstacle pour les personnes transgenres qui vivent souvent de la discrimination systémique dans le système de santé et qui n’ont peut-être pas de médecin de famille à qui faire confiance.

Une femme transgenre, accotée sur un banc dans un parc.

Selon Diana, changer la désignation de sexe sur ses cartes d'identité en Ontario est un processus invasif et discriminatoire pour les personnes transgenres.

Photo : Evan Mitsui/CBC

Une lettre de médecin n’est pas nécessaire si la personne présente un certificat de naissance qui a été modifié pour refléter son identité de genre ou si elle accepte un marqueur X tout en conservant le sexe assigné à la naissance dans son dossier provincial.

Diana affirme qu’aucune de ces options ne fonctionne dans son cas. Son certificat de naissance a été établi dans un autre pays, qui ne lui permet pas de changer de genre, et elle ne s’identifie ni comme homme ni comme X.

Un grand besoin d’éducation

L’organisme The 519, qui défend les intérêts des Torontois LGBTQ+, a un service consacré aux personnes transgenres qui cherchent à mettre à jour leurs pièces d’identité.

Al McDonough, qui dirige ce service, dit pouvoir aider une cinquantaine de clients à la fois. Chaque soumission nécessite plusieurs mois, d’abord à colliger toutes les informations nécessaires et ensuite à attendre une approbation — ou un refus.

C’est une façon de médicaliser et de "pathologiser" les personnes trans, en disant essentiellement que nous ne sommes pas capables d’authentifier notre propre genre et notre propre expérience.

Le centre communautaire The 519, dans le quartier gai de Toronto.

Le centre communautaire The 519 offre une clinique visant à aider les Torontois transgenres à faire changer leur désignation de sexe sur leurs pièces d'identité.

Photo : Kate McGillivray/CBC

C’est un problème majeur quand ces personnes ont besoin de pièces d’identité en cherchant un emploi, un logement ou en s'inscrivant à des études postsecondaires, souligne Al McDonough.

Pour obtenir des soins d'affirmation de genre, ils doivent avoir des pièces d’identité qui s’alignent sur leur genre; et, pour obtenir des pièces d’identité qui s’alignent sur leur genre, ils doivent avoir accès à des soins d’affirmation de genre.

Margie Boese, de LOFT Community Services, la travailleuse sociale qui a témoigné au sujet des démarches de Diana à la succursale de Service Ontario, réclame une meilleure éducation du personnel et l’embauche d’employés transgenres pour aider la province à mettre en place un système plus inclusif.

Avec les informations de Samantha Beattie de CBC News

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