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L’été, le déconfinement et le golf passent parfois avant les élections

Micheline Kennedy se tient debout souriante tenant les balles d'une main et son putter de l'autre.

Micheline Kennedy joue au golf pour faire de l'exercice et rencontrer des amis, la campagne électorale en pleine été et en fin de pandémie ne l'emballe pas trop, même si elle fait ce qu'il faut pour s'informer.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Rebecca Martel

Pour certains électeurs , les 64es élections générales en Nouvelle-Écosse arrivent à un bien mauvais moment, mais pour d’autres elles arrivent juste à point.

Les départs se suivent de près lors d’un matin ensoleillé au club de golf Paragon de Kingston dans la vallée d’Annapolis en Nouvelle-Écosse.

Et à l'entrée du parcours, les conditions météorologiques restent un sujet plus d’actualité que la campagne électorale.

On est plus à l'aise pour sortir et rencontrer des gens, dit Micheline Kennedy, membre du club, donc présentement, moi, je trouve que les élections, notre tête n’est pas vraiment à ça.

La retraitée septuagénaire a quand même beaucoup de préoccupations, surtout en ce qui concerne le système de santé.

Moi, mon médecin a pris sa retraite et il n’y a pas eu de plan pour la relève, souligne-t-elle.

Micheline Kennedy s’est inscrite sur la liste pour avoir accès à un médecin de famille, comme près de 70 000 autres Néo-Écossais, et elle attend maintenant depuis quatre ans.

Un médecin de famille, c’est important pour faire de la prévention. Même si tu le vois une fois par année, il peut te faire faire des tests, tu peux prendre le temps de parler.

Élections attendues

Sur le vert d’entraînement, il y a aussi Laverne Slauenwhite, une autre golfeuse régulière au club.

Elle aime bien sortir faire un peu de sport, mais contrairement à Micheline elle est convaincue que ces élections ne peuvent pas mieux tomber.

On a besoin d’élections, dit la retraitée, Iain Rankin est bien jeune et il vient d'arriver, et avant de gouverner, je crois qu’il doit être élu par les Néo-Écossais.

Laverne Slauenwhite debout et souriante devant sa voiturette de golf.

Laverne Slauenwhite pense que la Nouvelle-Écosse a bien besoin d'une élection générale. Et le temps qu'elle passe sur le terrain de golf ne l'empêche pas de s'informer.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Le nombre de cas de COVID-19 est plutôt bas ces jours-ci, ce qui permet une campagne presque normale.

Laverne Slauenwhite vote dans la circonscription d’Annapolis, là d’où venait l’ancien premier ministre et chef du parti libéral Stephen McNeil. Il y a quatre candidats dans la course dans cette circonscription. Carmen Karr se présente pour les libéraux, Jennifer Ehrenfeld-Poole pour les progressistes-conservateurs, Cheryl Burbidge pour les néo-démocrates et Krista Grear pour les verts.

Mais Laverne Slauenwhite n'a jamais voté pour une personne en particulier. Ce qui l'intéresse, c’est le parti.

Je regarde toujours les idées des partis en général, et je vote pour le parti qui a les meilleures idées pour gouverner.

Elle dit qu’elle penche habituellement du côté des libéraux, mais plus elle en apprend sur la plateforme électorale des progressistes-conservateurs, plus elle est tentée de voter pour eux.

Et elle n’est pas la seule.

Frustrations envers le parti sortant

J’ai travaillé comme observateur de scrutin pour les libéraux pendant plus de quarante ans, dit Gary Galley. Le fait que [j'appuie] les conservateurs, mes amis et mes voisins me demandent ce qui m’arrive, pourquoi j’ai changé.

Gary Galley devant le terrain de golf Paragon.

Gary Galley a donné beaucoup de son temps au Parti libéral dans les dernières années, mais plus maintenant. Il croit que le parti est complètement déconnecté de l'électorat.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

En fait, cet amoureux du golf ne pense pas avoir changé, il croit plutôt que c'est le Parti libéral autant au niveau provincial que fédéral qui a changé.

Les libéraux ne se préoccupent plus des vraies gens, le parti a son propre agenda, dit Gary Galley . Et comme ils sont majoritaires en Nouvelle-Écosse, ils ne s’attardent pas aux préoccupations des gens qui appuient le parti depuis des années.

Randy Anderson aussi est libéral de cœur, mais compte voter pour les progressistes-conservateurs. Il précise que ce n’est pas parce qu’il est impressionné par les troupes de Tim Houston.

N’importe quoi pour enlever les libéraux du pouvoir, dit-il.

Randy Anderson s'appuie sur un fer au milieu du vert d'entraînement.

Randy Anderson éprouve beaucoup plus de plaisir à jouer au golf qu'à parler de politique. Il est frustré et désillusionné des politiciens et il dit en avoir plus qu'assez des libéraux.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Des électeurs désillusionnés

À son avis, le Parti libéral a réussi à se mettre à dos beaucoup de gens depuis son arrivée au pouvoir en 2013. Les médecins, les infirmières, les enseignants, les artistes, beaucoup d’électeurs reprochent certaines décisions au parti. Pour Randy Anderson, c’est même personnel. Il dit que l’ancien premier ministre Stephen McNeil lui a menti dans sa propre cuisine lors de la dernière campagne. C’est assez pour le décourager.

Je suis vraiment fâché avec les politiciens, dit le golfeur qui ajoute qu’il comprend mieux l’apathie des électeurs, qu'ils soient en vacances ou non.

Selon lui, tant qu’il n’y aura pas plus de diversité au sein des candidats pour mieux représenter toutes les sphères de la population néo-écossaise, rien ne changera.

Sa fille est candidate néo-démocrate dans ces élections, mais Randy Anderson n’arrive pas à se convaincre de voter pour ce parti. Il craint les coûts des promesses et des annonces de programmes sociaux faites par le chef du NPD, Gary Burrill.

Denis Houde se prépare à frapper la balle au premier trou du terrain de golf.

Denis Houde joue au golf depuis 40 ans. Que la campagne soit en été ou en automne, il la suit mais pas de trop près.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Et puis, il y a les indécis. Denis Houde joue au golf depuis 40 ans. Quand il s’apprête à frapper la première balle de son parcours, il n’a aucune hésitation, mais quand vient le moment de voter, c’est moins clair.

Ça ne change pas grand-chose dans ma vie qui rentre, là, dit-il. En fin de compte, ils font toujours la même chose, des promesses à tour de bras, mais on va repasser pour le nombre de promesses qu’ils tiennent.

Denis Houde ne laisse pas la politique ralentir son jeu. Il va s'informer, mais la campagne n’est pas sa priorité en ce moment.

On va regarder ce qu’ils ont à offrir et si ça fait du sens, OK, sinon… On va jouer au golf!

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