•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des feux d’artifice aux impacts néfastes pour les oiseaux marins

Le Rocher Percé et l'île Bonaventure.

Selon David pelletier, le son des feux d'artifice peut se propager jusqu'à 4 km.

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

Le bruit des feux d’artifice ne dérange pas que les habitants et les touristes à Percé. Il serait néfaste pour les communautés d’oiseaux marins, selon un spécialiste. La Ville de Percé travaille d’ailleurs à trouver une solution au problème.

Pour l’enseignant-chercheur au Cégep de Rimouski David Pelletier, qui étudie principalement les oiseaux marins et les fous de Bassan, il est clair que le bruit des feux d’artifice peut nuire à la reproduction des oiseaux nichant à proximité du village et dans le parc national de l'Île-Bonaventure-et-du Rocher-Percé.

Lundi, la direction du parc avait d’ailleurs publié un message visant à sensibiliser la population aux impacts potentiels du bruit d'explosion des feux d'artifice. Pour le moment, elle étudie les phénomènes avant de commenter.

Une maman fous de Bassan et son petit.

L'impact des feux d'artifice serait dommageable encore plus pour les oisillons. (archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

David Pelletier se base sur une méta-analyse (étude de plusieurs études) allemande réalisée en Europe et aux États-Unis, qui s'est penchée sur les réactions de 272 espèces ayant été en contact avec des feux d’artifice. (Lire l'étude en anglais ici (Nouvelle fenêtre).)

Selon cette étude, les oiseaux marins sont les plus sensibles à ce genre de sons.

C’est surtout le cas des oiseaux qui vivent dans des habitats ouverts, c'est-à-dire près de la mer, où le son se propage de façon plus importante, explique David Pelletier.

Les résultats de la méta-analyse indiquent que les oiseaux réagissent instinctivement aux bruits de feux d'artifice comme ils le font en présence de chasseurs, ce qui provoque des envols massifs, dans ce cas-ci, le soir ou la nuit.

La nuit, les oiseaux sont moins aptes à fuir, ils peuvent avoir de la difficulté à retrouver leur nid et de la prédation peut être exercée sur les œufs.

Une citation de :David Pelletier, enseignant-chercheur au Cégep de Rimouski

Il peut y avoir de la mortalité ou des blessures. Sur les falaises de l’île Bonaventure et celle du rocher Percé, des jeunes peuvent paniquer et s’envoler alors qu’ils ne sont pas encore prêts à le faire, précise l’enseignant.

Colonie de fous de Bassan sur l'île Bonaventure.

Colonie de fous de Bassan sur l'île Bonaventure

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Selon lui, le son des pétards peut se répercuter jusqu’à 4 km. Or le secteur du parc est un refuge national de faune, rappelle-t-il et il se situe dans un petit rayon de là où sont lancés les feux d'artifice en général. Il ne peut pas y avoir de chasse et il ne devrait pas non plus y avoir de son associé à la chasse.

C’est comme si on permettait aux gens de tirer des coups de fusil.

Une citation de :David Pelletier, enseignant-chercheur au Cégep de Rimouski

David Pelletier rappelle également que les oiseaux marins sont parmi les plus vulnérables sur la planète en ce moment et que ce sont eux qui enregistrent le plus fort déclin. Actuellement, ces oiseaux sont dans leur cycle annuel de reproduction, soit la période la plus vulnérable.

Il indique aussi que l'argument selon lequel le tonnerre est un son naturel auquel les oiseaux sont habitués ne tient pas la route.

Ce n’est pas pareil, estime-t-il. Les oiseaux peuvent savoir qu’un orage s’en vient, entre autres parce qu’ils ressentent la baisse de pression atmosphérique. Ils peuvent s’y préparer alors qu’un feu d'artifice éclate tout d’un coup. Ça engendre un effet de panique et des envolées massives de plein d'oiseaux au même endroit qui s’influencent entre eux.

La Municipalité de Percé travaille à une solution

David Pelletier en arrive à la conclusion que la Municipalité de Percé devrait discuter avec les responsables du parc national pour trouver des solutions.

La mairesse Cathy Poirier se dit bien au fait du mécontentement suscité par les bruits des feux d’artifice.

Le rocher Percé

Percé est riche en espèces d'oiseaux marins.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Elle dit travailler activement à trouver une solution, mais ajoute que le problème est loin d’être simple.

Un éventuel règlement s'appuierait sur les nuisances, soit le bruit après 11 heures. Des discussions sont en cours avec la Sûreté du Québec. Toutefois, comme le phénomène ne dure que quelques instants, il est difficile d’intervenir.

Le procureur de la Municipalité est en train d’étudier les jurisprudences, le règlement qu’on pourrait mettre en place.

Une citation de :Cathy Poirier, mairesse de Percé

Mais on ne veut pas non plus faire une publicité comme quoi on interdit ceci et cela. Il faut quand même être conséquents avec le fait que nous sommes un site touristique, soulève-t-elle.

Par ailleurs, Cathy Poirier dit n’avoir reçu aucune plainte officielle. Elle dit par contre avoir communiqué la semaine dernière avec les Mmes Nadine Méthot et Caroline Audet, deux habitantes qui prévoient d'envoyer une lettre et une pétition pour demander l’interdiction des feux d’artifice sur le territoire de Percé.

Selon la mairesse, elles n’auraient pas besoin de le faire puisque la Municipalité est déjà au travail pour trouver une solution.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !