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Des professionnels partagent leurs apprentissages de la pandémie

Martine Cadieux avec un couvre-visage dans une salle de classe.

L'enseignante de première année Martine Cadieux espère que la rentrée progressive deviendra méthode courante pour plus de classes du primaire.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Martine Cadieux

Maya Chebl

La levée des restrictions sanitaires au Nouveau-Brunswick n'étant plus très loin, Radio-Canada a décidé de prendre un pas de recul pour demander à des personnes d’ici issues de différents corps de métier quels apprentissages elles ont tirés de la pandémie.

Tour à tour, un physiothérapeute, un psychologue et une enseignante du primaire se sont prêtés à l’exercice en nous confiant quelques-unes de leurs réflexions vis-à-vis de la dernière année et demie qu’ils ont vécue.

Pour le psychologue Jean-Michel Robichaud, qui travaille dans une clinique de psychologie à Moncton, la prise en charge de la détresse face à l’isolement ne devrait plus être négligée à l’avenir.

Ça a été une grosse leçon expérientielle, malheureusement, mais en même temps ça souligne son importance.

Une citation de :Jean-Michel Robichaud, psychologue

Il ajoute que l’isolement - plus particulièrement la perte du soutien social d’une personne - joue un rôle dans le maintien et l’aggravation de problèmes de santé mentale. Il compte désormais accorder une plus grande place à la nature du cercle social qu'ont les clients rencontrés pour la première fois.

Un portrait de Jean-Michel Robichaud.

Jean-Michel Robichaud soutient que la clinique où il travaille a dû engager de nouveaux psychologues pour répondre à une demande de consultations grandissante.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Jean-Michel Robichaud

Au début de la pandémie, Jean-Michel Robichaud vivait dans un appartement exigu à Montréal, où il achevait son doctorat en psychologie. Il se rappelle que lui-même a éprouvé les effets négatifs de l’isolement, et cela l’a poussé à trouver des solutions pour aller mieux.

Cette situation, qu'il qualifie de couteau à double tranchant, l’a rendu plus alerte devant ses clients.

Ça fait en sorte que quand je me retrouve dans mon bureau, je suis rapide à poser des questions. Mais il faut faire attention à ne pas projeter sur le client ce que nous, on a vécu personnellement. C’est une médaille à deux côtés et j’essaye de prendre le bon côté, estime le psychologue.

Des priorités réévaluées

Martine Cadieux, enseignante de première année à l’école Amirault, à Dieppe, et Marcel Robichaud, physiothérapeute à Moncton, ont pris conscience que certaines tournures d’événements sont hors de leur contrôle. Ça nous amène à apprécier les choses qu’on peut faire et les choses qu’on a, constate Mme Cadieux.

Même son de cloche du côté de Marcel Robichaud. Après huit semaines à soigner des patients à distance lors du confinement l'année dernière, il était très reconnaissant de pouvoir retourner sur son lieu de travail.

Je ne me plains pas de travailler maintenant et je suis beaucoup plus content aujourd’hui que je ne l’ai jamais été parce qu’on ne sait plus quand cela peut changer de nouveau, admet-il.

Un portrait de Marcel Robichaud.

D'après Marcel Robichaud, la pandémie a mis en relief l'importance d'offrir un service de qualité et sécuritaire aux clients.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Marcel Robichaud

Il a aussi appris qu’un service de qualité, en plus d’offrir un cadre sécuritaire pour répondre aux inquiétudes des clients, est ce qui compte le plus dorénavant. Ça met en perspective ce qui est important [au travail], témoigne Marcel Robichaud.

Une pratique à garder

À l’école, Martine Cadieux souhaite que le concept de rentrée progressive, déjà introduit en classe de maternelle, soit appliqué jusqu’en troisième année du primaire. En accueillant cinq élèves à la fois, au lieu d’une vingtaine, l'enseignante affirme que le lien qui se tisse avec chaque enfant est beaucoup plus serré.

En l’espace d’une journée, je peux apprendre leurs noms, leurs préférences, leurs passe-temps, leurs forces et leurs défis. C’est certainement quelque chose qu’on va vouloir garder.

Une citation de :Martine Cadieux, enseignante au primaire

Mme Cadieux rappelle toutefois que sa profession en est une en perpétuelle évolution, devant souvent s’adapter aux nouveaux programmes d’éducation. Des champions du changement, révèle-t-elle, qui se sont ajustés face à la pandémie comme à leur habitude.

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