•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une Première Nation organise un pow-wow annuel sur TikTok

Deux personnes autochtones en tenue traditionnelle posent devant la tour Eiffel.

Une vidéo créée par deux membres de la communauté de Wiikwemkoong, Tracy et Wesley Cleland, a été visionnée plus de 10 000 fois sur l’application TikTok.

Photo : Tracy et Wesley Cleland

Radio-Canada

La communauté de Wiikwemkoong, dans le Nord de l'Ontario, organise un concours de danse culturelle sur TikTok du 26 au 30 juillet. L'application est très populaire auprès des créateurs autochtones.

La longue fin de semaine de l'été est normalement réservée au pow-wow annuel à Wiikwemkoong, mais celui-ci a été annulé pour une deuxième année consécutive en raison du contexte sanitaire.

Afin d’organiser un événement culturel en format virtuel, les organisateurs ont tiré leur inspiration d’une vidéo créée par deux membres de la communauté, Tracy et Wesley Cleland.

Les vidéos de danses traditionnelles publiées par le couple sont visionnées par des milliers de personnes sur TikTok.

J’ai vu la vidéo virale des Cleland, explique Rick Leedham, le résident de Wiikwemikoong qui a mis en œuvre le projet.

Ils étaient dans leur tenue de cérémonie traditionnelle, et j’ai pensé [que] ce serait génial de pouvoir faire un concours de vidéos comme ça.

Une compétition structurée comme un pow-wow

Comme une vraie compétition de pow-wow, il y a de la zhoonia — le mot anishinaabemowin pour argent — ​​en jeu. Le total des prix en espèces dans les catégories adultes et jeunes s’élève à plus de 2 500 $.

Pour attirer l’attention des juges, les danseurs doivent porter des tenues de cérémonie traditionnelles ou modernes, et se distinguer par leur originalité et l’attrait visuel de la vidéo.

L’agence de tourisme de Wiikwemkoong gère le groupe Facebook et fait la promotion du concours sur les médias sociaux.

TikTok et le mouvement autochtone 

TikTok permet aux utilisateurs de télécharger des vidéos d’une durée maximale d’une minute. Plusieurs vidéos s’inspirent de tendances de danse et de musique.

De nombreux créateurs de contenu autochtones ont adopté la plateforme comme un moyen de célébrer les cultures traditionnelles, de partager l’humour et d’éduquer un public plus large sur l’histoire autochtone.

En date du 23 juillet, les publications correspondant au mot-clic #NativeTikTok avaient été visionnées plus de 2,7 milliards de fois.

Bien plus qu’un événement virtuel

Outre les courtes vidéos humoristiques originales qui représentent la majorité du contenu de l’application, Mme Cleland est convaincue que TikTok peut exercer une influence très positive sur la communauté en solidifiant des liens culturels et interpersonnels.

J’ai commencé à faire d’autres vidéos, qui font la promotion d’un mode de vie sain, de la marche ou simplement de notre culture.

Une citation de :Tracy Cleland, créatrice de contenu sur TikTok

Mme Cleland voie également l'adoption de la plateforme par la jeune génération d'un œil favorable.

Ils l’utilisent comme plateforme pour parler. Je pense que c’est génial, confie-t-elle. J’espère que, peut-être, nos jeunes pourront devenir vraiment créatifs sur TikTok et s’amuser, et l’utiliser comme une plateforme pour partager des sentiments ou partager quelque chose de positif dans leur communauté ou dans leur vie.

Les capacités de guérison des pow-wow

L'événement rassembleur est d'autant plus important qu'il y a ces nouvelles affligeantes des sépultures anonymes retrouvées sur le terrain d’anciens pensionnats pour Autochtones à travers le Canada.

Ces nouvelles ont contribué à aggraver le bien-être mental de nombreux Autochtones, les jeunes en particulier.

J’ai juste l’impression que nous en avons vraiment besoin ici, où les gens commencent à souffrir de maladie mentale et d’isolement, témoigne Mme Cleland.

Je pense que c’est peut-être pour ça que je suis même allée sur TikTok en premier lieu, parce que je m’ennuyais et j’avais besoin de quelque chose pour me divertir.

M. Leedham est bien d’accord.

Bien qu’une compétition virtuelle ne puisse jamais remplacer un pow-wow en personne en raison du sentiment communautaire qu'il génère, l'événement va égayer l’été de certaines personnes, dit-il.

Avec les informations de Warren Schlote, CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !