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Noyade à Wakefield : le maire convoque une rencontre pour discuter de sécurité

Des adolescents sont sur la rive près du pont couvert.

La rivière, près du pont couvert de Wakefield, est un lieu populaire pour la baignade.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des représentants locaux se réuniront, cette semaine, pour parler des mesures de sécurité, à la suite d’une noyade survenue dimanche près du pont couvert à Wakefield, en Outaouais.

Le maire de La Pêche, Guillaume Lamoureux, a annoncé qu'il allait convoquer la police de la MRC des Collines-de-l'Outaouais et le conseil municipal pour discuter des précautions qui pourraient être prises pour éviter qu’une tragédie se reproduise à cet endroit populaire pour la baignade.

C'est un incident tragique. C'est bouleversant pour la communauté et tout le monde est touché par quelque chose comme ça, a déclaré M. Lamoureux.

Le corps d'un homme de 25 ans, disparu alors qu'il nageait avec des amis, a été retrouvé dimanche soir par des plongeurs de la Sûreté du Québec (SQ).

Un incident presque similaire en 2015

La police recherchait le nageur dans l'étroit tronçon de la rivière Gatineau. Il ne portait pas de veste de flottaison. Selon les premières constatations, la police a déclaré que l'alcool ne serait pas un facteur.

C’est un étudiant de 25 ans, qui vient de l’étranger, un étudiant international issu du Bangladesh. Il étudiait à l’Université d’Ottawa, en dernière année, dans le programme d’informatique, a précisé Steve Poirier, inspecteur à la division gendarmerie-patrouille du Service de police de la MRC des Collines-de-l'Outaouais.

Il était en présence de trois de ses amis. Ce que l’enquête nous démontre, c’est que l’alcool ne semble pas être en cause. Le jeune homme n’était pas un nageur assidu, le groupe ne connaissait pas la région, ne connaissait pas l’endroit. Ils se sont aventurés à un point de baignade où le jeune homme ne portait pas de veste de flottaison individuelle, malheureusement, a-t-il souligné.

Photo de l'inspecteur devant un édifice.

Steve Poirier, inspecteur à la division gendarmerie-patrouille du Service de police de la MRC des Collines-de-l'Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Il s'agit du deuxième décès à survenir à cet endroit au cours des six dernières années. En 2015, un étudiant de 24 ans s'était noyé après être tombé dans la rivière et avoir été emporté par le courant. Il ne savait pas nager et était en état d'ébriété.

Le lien commun entre ces deux dossiers, c'est que dans les deux cas, les nageurs avaient peu de capacités de natation, étaient dans un plan d’eau où il y avait du mouvement et ne portaient pas de veste de flottaison. [...] C’est important que les gens aient du matériel de sécurité, surtout s’ils ont des difficultés à nager, a insisté l'inspecteur Poirier.

Le maire ne veut pas interdire la baignade

En 2016, la famille propriétaire du terrain situé près du pont en a fait don à la Municipalité. Les conseillers ont alors décidé de transformer l’endroit en un parc public, ce qui a permis à la Municipalité d’interdire les fêtes excessives et la consommation d'alcool. Un couvre-feu doit aussi être respecté.

Je pense qu'ils ont répondu à la plus grande préoccupation, mais on peut toujours faire mieux, a souligné le maire de La Pêche.

L'endroit, où le jeune homme s'est noyé dimanche, n'est pas interdit à la baignade, rappelle l'inspecteur Poirier, mais une signalisation est en place à plusieurs endroits.

À notre connaissance, il y a de la signalisation à partir du pont [couvert] Gendron, dans le secteur de Wakefield, dans le village de Wakefield et dans le secteur de La Pêche, qui prévient les gens de [ne pas] sauter à l’eau à partir du pont dû au danger : un, des courants, mais également à cause de la présence de peu de profondeur. Il peut y avoir des roches ou du récif sur lequel ils peuvent se blesser, a noté M. Poirier.

Portrait de l'homme devant des voitures dans un stationnement l'été.

Le maire de La Pêche, Guillaume Lamoureux, recommande aux baigneurs de porter un gilet de sauvetage lorsqu'ils s'aventurent dans la rivière Gatineau (archives).

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Bien qu'il soit disposé à envisager des mesures de sécurité supplémentaires, M. Lamoureux a déclaré qu'il n'appuierait pas l'idée de restreindre l'accès à la rivière.

Les gens devraient pouvoir profiter d'un cadre naturel et de l'eau, a-t-il estimé. Nous ne voulons pas limiter cette liberté.

Une responsabilité personnelle et l'éducation

Drew Haughton, un habitué du secteur, a l'habitude de surveiller ses enfants pendant qu'ils jouent dans l'eau, tout en leur apprenant à être à l'aise dans le courant. Fermer une zone comme celle-ci ne résoudra pas le problème, selon lui.

Quelqu'un finira éventuellement par nager quelque part où il y a du courant, et il pourrait avoir un accident parce qu'il ne l'a jamais expérimenté auparavant, a-t-il ajouté.

Pat Dooling vit quant à lui dans la région depuis des années. Bien que ce qui s'est produit dimanche soit une tragédie, il reconnaît les limites de ce que la Municipalité peut faire pour protéger les baigneurs.

Je ne suis pas contre des mesures de sécurité additionnelles, mais les gens ont une certaine responsabilité personnelle, a-t-il avancé. Ils doivent choisir les endroits où aller nager en fonction de leurs habiletés.

Une analyse qui est également celle de l'inspecteur Poirier. Car si le service de police fait des patrouilles pour mettre en garde les visiteurs, le secteur est trop vaste, dit-il, pour pouvoir toujours le surveiller.

La plupart du temps, dans les périodes estivales, ces secteurs font partie de nos plans de patrouilles. Nos patrouilleurs passent régulièrement, mais on couvre sept municipalités, la MRC des Collines, c’est plus de 300 plans, rivières et cours d’eau. On a 17 voies navigables et des centaines de points d’accès sur le territoire, voire plus, a-t-il rapporté.

Comme on le sait, avec la pandémie les activités récréotouristiques et aquatiques sont en explosion… Alors oui, nos patrouilles aquatiques sont là [...] naturellement, on est un élément de la réponse, mais ça commence aussi avec le comportement sécuritaire des usagers, a ajouté l'inspecteur.

Le maire Lamoureux a lancé de son côté un avertissement aux nageurs, qui pourraient sous-estimer les dangers de la rivière Gatineau.

Les rivières ne sont pas comme un lac typique, une plage ou une piscine. Elles sont imprévisibles. N'hésitez pas à porter une veste de flottaison, un gilet de sauvetage. Ces accidents peuvent être évités très simplement, a-t-il conclu.

Avec les informations de Rosalie Sinclair et de Ben Andrews de CBC

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