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Un hôpital en banlieue de Toronto teste une application en 235 langues

La technologie soulève toutefois des questions chez les défenseurs de la langue française.

Un homme parle à un interprète sur l'application Voyce installée sur une tablette.

L'application Voyce offre des services en 235 langues et dialectes.

Photo : Photo fournie par Voyce

L’hôpital du réseau Trillium à Mississauga utilise l’application virtuelle d’interprétation linguistique Voyce dans le cadre d’un projet pilote. Les patients non anglophones de l’unité d'imagerie diagnostique pourront ainsi bénéficier des services d’un interprète, et ce, pour plus de 235 langues et dialectes.

Des défenseurs de la langue française s’inquiètent toutefois des implications d’une telle nouvelle pour les services en français.

La société technologique Voyce a créé une application virtuelle qui permet un accès rapide et sur demande à un réseau d’interprètes joignables 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Déjà implantée dans plusieurs hôpitaux américains et utilisée notamment par les pharmacies Walgreens, l’application fait maintenant son apparition dans un hôpital canadien.

L’objectif de l’application est de s’assurer que les gens peuvent comprendre leur situation, notamment leur traitement et leurs symptômes, explique le président-directeur général de Voyce, Andrew Royce Bauer.

L’homme d’affaires vante les mérites de son application, qui rend les services de santé plus accessibles pour de nombreux patients qui ne parlent pas anglais.

Selon lui, la pandémie a exacerbé les besoins en interprétation virtuelle, car, dans de nombreux cas, l’interprétation en personne n’était pas possible. Quelques semaines après le début du projet pilote, la technologie a déjà aidé des personnes qui s’expriment en italien, en mandarin, en arabe et en coréen, par exemple.

Ces dernières semaines, Trillium Health Partners a décidé de faire confiance à l’application. Dans un communiqué, le vice-président des services d'information et responsable de l'information et de la confidentialité de l’organisation, David Stankiewicz, affirme que Voyce peut contribuer à créer des gains d'efficacité et à améliorer l'expérience de soins des patients.

Le réseau hospitalier n’a toutefois pas voulu commenter davantage, préférant attendre la fin du projet pilote.

Sur une tablette, un médecin est mis en contact avec une patiente et une interprète.

L’hôpital Mississauga de Trillium Health Partners est le premier hôpital canadien à s’associer avec l’application d’interprétation linguistique virtuelle Voyce.

Photo : Photo fournie par Voyce

Des inquiétudes chez les défenseurs de la langue française

Le directeur général de l’Entité 3, un organisme qui vise à améliorer l'accès aux services de santé en français, Constant Ouapo, se réjouit. Je pense que c'est une très bonne nouvelle, parce que Toronto c'est quand même la ville ou vous trouvez le taux le plus élevé de nouveaux arrivants, explique-t-il.

Un homme qui porte une veste grise et une cravate rouge

Constant Ouapo est le directeur général d'Entité 3.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Nikundana

M. Ouapo a toutefois des réserves vis-à-vis de l'application. Il craint qu’à distance, certains interprètes ne saisissent pas tous les propos des patients. Il y a l’aspect de compétence culturelle qui m’inquiète. Nous parlons tous le français, mais chaque région a ses particularités, juge-t-il.

Selon lui, la technologie peut aussi être intimidante pour certaines communautés, dont les personnes âgées.

À travers son organisation, M. Ouapo va continuer à militer pour que les fournisseurs de services engagent des francophones, car les services d'interprétation ne peuvent pas remplacer les services en français.

L’avocat Mark Power partage son avis. Je félicite l’initiative pour toutes les autres langues que le français, affirme-t-il. Le juriste estime entre autres que la Loi sur les services en français de l’Ontario doit permettre aux francophones d’être soignés en français, car les hôpitaux sont un service public.

On a le droit d'être compris par une technicienne d'une machine d'imagerie médicale sans passer par quelqu'un qui est au Lac Saint-Jean avec une tablette.

Une citation de :Mark Power, avocat

Le juriste juge que l’interprétation n'est pas suffisante comme service en français. Une loi sur les services en français, ce n'est pas une loi sur les services d'interprétation en français, conclut-il.

Trillium Health Partners doit mesurer l’efficacité de la technologie Voyce au bout de trois mois avant de décider de faire affaire avec la compagnie de façon permanente.

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