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De plus en plus de nouveaux opioïdes dans les rues de Toronto

Un homme dont on ne voit que les mains tient des seringues.

De nouveaux opioïdes sont de plus en plus répandus dans les échantillons analysés à Toronto. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Plusieurs formes d'opioïdes synthétiques extrêmement puissants sont découvertes de plus en plus fréquemment dans des échantillons aléatoires des drogues trouvées dans les rues de Toronto. Selon certains experts, cette situation représente un risque accru de surdoses pour les consommateurs de drogues.

[Les drogues offertes sont] de plus en plus fortes et elles sont aussi complètement imprévisibles; les gens croient acheter un produit, mais se retrouvent avec quelque chose de différent, selon Karen McDonald, responsable du service de contrôle des drogues de Toronto affilié à l’hôpital St. Michael.

Des d'opioïdes comme l'étonitazépyne, le métonitazène et l'isotonitazène se retrouvent de plus en plus dans les drogues découvertes à Toronto.

Les gens sont placés dans une situation terrible, selon elle.

Ces nouvelles drogues sont de plus en plus répandues et le nombre de surdoses mortelles est en augmentation.

Selon un rapport de santé publique du mois dernier, Toronto a connu 521 décès confirmés par surdose d'opioïdes en 2020, soit 78 % de plus qu'en 2019 et 280 % de plus qu'en 2015.

Le nombre de surdoses d'opioïdes mortelles présumées auxquelles les ambulanciers paramédicaux ont assisté a également augmenté depuis le début de la pandémie de COVID-19 en mars 2020. Avant la pandémie, les ambulanciers paramédicaux assistaient en moyenne à 13 appels par mois, mais ce nombre a doublé pour atteindre 26 appels mortels par mois en 2020.

Selon les statistiques de la Ville, les ambulanciers paramédicaux ont dû répondre à 448 appels en raison de possibles surdoses - mortelles ou non - le mois dernier, ce qui est bien supérieur aux 202 appels observés en juin de l'année dernière.

On ne sait pas exactement combien de surdoses sont liées à la prolifération de ces nouvelles drogues.

La pandémie a créé des obstacles aux services

Nick Boyce, directeur de l'Ontario Harm Reduction Network, s’est dit peu surpris de l’augmentation du nombre de surdoses. Selon lui, les lois fédérales qui rendent illégales ces drogues créent un marché noir qui est volatil.

Il y a toujours eu un élément de risque lorsque vous utilisez des drogues non réglementées. Si nous réglementions ces drogues et que nous permettions aux consommateurs d’avoir des drogues d’une qualité connue et constante, nous ne verrions pas ces surdoses, a-t-il dit.

De même, un rapport de la santé publique de Toronto demandait le mois dernier à la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, d'user de son autorité pour décriminaliser l'usage personnel de toutes les drogues, déclarer une urgence nationale de santé publique et élaborer un plan pancanadien de lutte contre les surdoses.

Mme McDonald souligne que l'émergence même de ces drogues n’est probablement pas directement liée à la pandémie.

L'approvisionnement en drogues non réglementées s'est aggravé de plus en plus au cours des dernières années, et nous le voyons directement à cause de l'augmentation des surdoses, a-t-elle déclaré.

Or, selon elle, la pandémie a mis des barrières entre les gens qui offrent les services et ceux qui en ont besoin.

Le principal conseil de réduction des risques est de ne pas consommer seul, mais les [règles sanitaires] nous ont demandé de rester à la maison. Il y a donc un conflit direct, a-t-elle déclaré.

Avec les informations de CBC News

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