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Un groupe dénonce les conditions des détenus de la N.-É. pendant la pandémie

Les mains d'un détenu à l'extérieur des barreaux d'une cellule de prison.

La East Coast Prison Justice Society révèle un grand nombre de plaintes de la part des détenus.

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada

Des détenus de certains pénitenciers de la Nouvelle-Écosse passent trop de temps enfermés dans leur cellule, souvent sans pouvoir sortir pendant des semaines, selon un rapport publié lundi par un groupe de défense des prisonniers.

Dans son rapport annuel, le groupe de protection des droits des détenus East Coast Prison Justice Society révèle un grand nombre de plaintes de la part des détenus.

Une vue aérienne du centre correctionnel Central Nova Scotia en Nouvelle-Écosse, au mois de mai 2018.

Une vue aérienne du centre correctionnel Central Nova Scotia en Nouvelle-Écosse, au mois de mai 2018.

Photo : La Presse canadienne

Des entretiens et des appels téléphoniques avec des prisonniers du centre correctionnel Central Nova Scotia à Dartmouth et du centre correctionnel Northeast Nova Scotia à New Glasgow ont permis de recenser des témoignages troublants.

On les soumet à des conditions qui dépassent ce que la plupart des gens ne pourraient même pas imaginer dans leurs rêves les plus fous sur le plan de la santé et des droits de l’homme, affirme la coprésidente du groupe, Sheila Wildeman.

Recueil de témoignages

En février 2020, des représentants du groupe ont effectué une visite au centre correctionnel Central Nova Scotia, mieux connu comme la prison de Burnside, où plus de 40 prisonniers ont été interrogés.

Une ligne téléphonique avec assistance vocale a également été mise en place par la East Coast Prison Justice Society à l’arrivée de la COVID-19. Les prisonniers pouvaient y appeler pour partager leurs problèmes.

Je me sens comme dans un trou, témoigne l’un des détenus dans le rapport. Je suis dans ma cellule 90 % de la journée. Normalement, on devrait pouvoir sortir deux heures par jour, mais ce n’est plus le cas. C’est de la folie.

Intérieur d'une cellule de la prison Burnside.

Une cellule à l'établissement correctionnel Central Nova, ou prison Burnside, à Dartmouth en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

De nombreux détenus ont raconté qu’ils étaient parfois enfermés dans leur cellule pendant plusieurs jours.

La responsable de projet de la East Coast Prison Justice Society, Hanna Garson, indique que l’enfermement des détenus engendre de graves problèmes de santé mentale.

Cela crée de l’agitation, des prises de décisions impulsives, de la dépression et de l’anxiété, explique-t-elle.

Crise sanitaire

Hanna Garson reconnaît que la crise sanitaire a pu créer des problèmes opérationnels dans les pénitenciers.

Elle ne pense toutefois pas que cela justifie le recours aux confinements en cellule ou à la limitation du temps passé dehors pour les prisonniers.

Selon le rapport, le manque de personnel dans les prisons joue un rôle dans la fréquence des confinements en cellule.

Beaucoup de ces problèmes existaient avant la pandémie, donc je ne suis pas sûr que l’on puisse en attribuer la responsabilité à la COVID-19. Je pense que c’est un bouc émissaire commode, croit Hanna Garson.

Selon le rapport, certains détenus ont attendu près de deux mois avant de pouvoir se rendre à l’extérieur ou d’avoir accès à la salle de sport.

Racisme systémique

Le rapport de 55 pages traite également du racisme envers les détenus noirs et autochtones.

Les prisonniers noirs ont l’impression d’être moins bien traités, notamment lors de sanctions disciplinaires ou au temps passé en isolement dénote Hanna Garson.

Nous avons également recueilli des témoignages de détenus autochtones qui s’inquiètent de l’accès au smudging et du respect de leurs engagements spirituels, ajoute-t-elle.

Une des principales prisons de la Nouvelle-Écosse, le centre correctionnel Central Nova Scotia.

Le centre correctionnel Central Nova Scotia.

Photo : Radio-Canada / CBC

Le rapport souligne que la majorité des adultes dans les prisons provinciales sont en détention provisoire et n’ont pas été reconnus coupables d’un crime.

Un total de 43 recommandations sont faites dans le rapport de l’East Coast Prison Justice Society pour améliorer la condition des détenus de la Nouvelle-Écosse.

Avec les informations de Gareth Hampshire de CBC

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