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Maxime Bernier devra attendre avant de poursuivre Warren Kinsella

Un gros plan de Maxime Bernier.

Maxime Bernier, le chef du Parti populaire du Canada

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Maxime Bernier demande à la Cour supérieure de l'Ontario de lui permettre de poursuivre le commentateur polémiste et stratège politique Warren Kinsella pour diffamation.

Le tribunal s’est penché, lundi, sur la demande des avocats de M. Kinsella de déclarer la poursuite de Maxime Bernier abusive et de simplement la rejeter.

Le chef du Parti populaire du Canada a intenté une poursuite contre M. Kinsella pour les propos qu'il a tenus à son encontre, lui réclamant 325 000 $ en dommages.

Le mois dernier, Me David Shiller, représentant M. Kinsella, a fait valoir devant le juge Calum MacLeod que la poursuite de M. Bernier n'était ni plus ni moins qu'une poursuite-bâillon, aussi connue sous l'acronyme anglais de SLAPP (strategic lawsuit against public participation), dont l'objectif était de brimer la liberté d'expression de son client.

Les poursuites-bâillons sont interdites au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, notamment.

Attaques de racisme

Lundi, en réplique, les avocats de Maxime Bernier ont fait valoir que la démarche de leur client n'était en rien une poursuite-bâillon, mais bien une poursuite en diffamation tout à fait justifiée. Ils ont fait valoir que Warren Kinsella a affirmé à plusieurs reprises que Maxime Bernier était raciste, homophobe et misogyne. Ils ont reproché à M. Kinsella et sa firme, Daisy Group, d'avoir associé Maxime Bernier à la mouvance d'extrême droite des suprémacistes blancs, aux néonazis et au Ku Klux Klan, tantôt dans son blogue, tantôt sur les réseaux sociaux.

Ils ont noté que M. Kinsella a admis avoir publié plusieurs propos diffamatoires sans vérifier auprès de M. Bernier lui-même s'ils respectaient ses propos réels ou ses positions.

De plus, il a été établi que M. Kinsella et sa firme Daisy Group ont été payés pour mener cette campagne de dénigrement. Selon un enregistrement rendu public par CBC, le réseau anglais de Radio-Canada, la commande provenait de deux personnes étroitement associées au Parti conservateur du Canada, l'ancien parti de M. Bernier. Celui-ci avait claqué la porte du Parti conservateur pour fonder son propre parti après avoir été battu par Andrew Scheer lors de la course à la direction du PCC en 2018.

Tentative d'évitement

Parlant pour M. Bernier, Me André Marin a soutenu que la seule raison pour laquelle Warren Kinsella tente de faire annuler la poursuite de son client est qu'il est incapable de démontrer que ses propos sur M. Bernier étaient vrais et, donc, qu'ils n'étaient pas diffamatoires.

Son collègue Mark Bourrie a pour sa part soutenu que les propos de Warren Kinsella étaient une atteinte claire à la réputation de M. Bernier, faisant valoir que la réputation est le plus important actif qu'une personne peut posséder. Selon eux, l'intérêt public n'est pas servi par la protection de propos qui sont faux, trompeurs ou fallacieux, et M. Kinsella ne fait que tenter de se soustraire à un procès qu'il est sûr de perdre.

Aucune influence sur le résultat électoral

En contre-réplique, Me Shiller est revenu à la charge en affirmant qu'en aucun cas les avocats de Maxime Bernier n'avaient pu démontrer que les dommages subis par leur client étaient plus importants que le besoin de protéger la liberté d'expression de Warren Kinsella.

Me Shiller a notamment avancé que M. Bernier n'avait pas réussi à prouver le lien de cause à effet qu'ils allèguent entre les propos de M. Kinsella et le fait d'avoir perdu son siège aux Communes à l'élection de 2019.

Il a par ailleurs soutenu que de permettre de poursuivre son client pour avoir critiqué les idées d'un politicien pourrait décourager les citoyens à contester les positions de ceux et celles qui se lancent en politique. Le juge MacLeod l'a cependant interrompu à ce moment pour faire valoir l'importance de décourager la dissémination de faussetés visant les personnes qui cherchent à se faire élire aux plus hautes fonctions de l'État.

Le juge MacLeod a pris sa décision en délibéré. Celle-ci déterminera, finalement, si la poursuite de Maxime Bernier peut aller de l'avant ou non.

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