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Biden signe l'accord mettant fin à la mission de combat américaine en Irak

Tous deux assis, le président Joe Biden et le premier ministre irakien al-Kadhimi, réunis à la Maison-Blanche, se serrent la main.

Le président Joe Biden a reçu le premier ministre irakien al-Kadhimi à la Maison-Blanche.

Photo : Reuters / EVELYN HOCKSTEIN

Radio-Canada

Le président américain, Joe Biden, et le premier ministre irakien, Moustafa al-Kadhimi, ont signé lundi un accord prévoyant de manière formelle la fin de la mission de combat des troupes américaines en Irak d'ici la fin de l'année, plus de 18 ans après l'invasion du pays.

Aux côtés du chef du gouvernement irakien, invité à la Maison-Blanche, le président américain a annoncé une nouvelle phase de la présence militaire américaine en Irak.

Notre rôle en Irak sera [...] d'être disponibles, de continuer à entraîner, à soutenir, à aider et à lutter contre [le groupe armé] État islamique [EI], mais nous ne serons plus, à compter de la fin de l'année, dans les zones de combat, a-t-il déclaré.

Cette décision s'inscrit dans sa vision plus globale des priorités mondiales américaines, qu'il veut axer autour de la Chine et des cyberattaques, et non plus du terrorisme et du Moyen-Orient.

Avec le retrait annoncé des dernières forces américaines en Afghanistan d'ici la fin du mois d'août, Joe Biden aura ainsi officiellement mis fin en quelques mois aux deux missions de combat débutées sous la présidence de George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001.

Concrètement, toutefois, les experts ne s'attendent pas à des changements majeurs dans la mission des États-Unis en Irak, puisque leur présence militaire dans le pays n'est déjà plus considérée comme une force d'intervention active.

La majorité des troupes américaines, envoyées en 2014 dans le cadre d'une coalition internationale pour aider Bagdad à défaire l'EI, ont été retirées sous la présidence de Donald Trump, qui avait promis de mettre un terme aux guerres sans fin. Et officiellement, les quelque 2500 militaires américains encore déployés dans le pays ne combattent pas et jouent plutôt un rôle de conseillers et de formateurs.

Notre relation est plus solide que jamais, a assuré le premier ministre al-Kadhimi, venu chercher à Washington un signal politique lui permettant de consolider un peu sa position très précaire, à trois mois des élections législatives.

À la tête d'un pays ravagé par la corruption, la pauvreté et la pandémie – avec plus de 12 000 nouveaux cas de coronavirus enregistrés ces dernières 24 heures –, Moustafa al-Kadhimi se trouve tiraillé entre l'allié américain et de puissantes factions pro-Iran.

Avec cette fin annoncée de la mission de combat, il espère reprendre l'ascendant sur les factions pro-Téhéran, qui sont regroupées au sein du Hachd al-Chaabi, une puissante coalition paramilitaire désormais intégrée à l'État.

Multiplication des attaques

Des hommes s'affairent à retirer des débris.

Un engin artisanal a explosé lundi dernier au marché d'al-Woheilat, en banlieue de Bagdad, faisant plusieurs morts.

Photo : Reuters / Wissam Al-Okaili

Soupçonnées d'avoir mené depuis le début de l'année une cinquantaine d'attaques contre les intérêts américains en Irak, les factions pro-iraniennes réclament le départ de toutes les troupes déployées par Washington.

Un scénario qui paraît hautement improbable, alors que des cellules résiduelles de l'EI demeurent actives dans le pays.

Le groupe djihadiste a revendiqué un attentat meurtrier perpétré il y a un peu plus d'une semaine dans un marché populaire d'une proche banlieue chiite de Bagdad. Une trentaine de personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées et des dizaines d'autres ont été blessées. Vendredi encore, une attaque au drone a été menée sur une base abritant des militaires américains au Kurdistan, sans toutefois faire de victimes.

L'Irak constitue en outre un maillon important du dispositif stratégique des États-Unis, qui mènent les opérations de la coalition antidjihadiste en Syrie voisine.

Washington refuse par ailleurs d'abandonner le pays à l'influence iranienne, en plein regain de tensions entre l'Iran et les États-Unis, même si ces derniers entendent toujours sauver l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, qu'avait renié Donald Trump.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Washington Post

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