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Pêches et Océans Canada préoccupé par le braconnage de maquereaux

Des maquereaux.

Certains pêcheurs récréatifs outrepassent le quota de 20 maquereaux par jour qui est en vigueur depuis le 26 mai 2021 afin de protéger l'espèce (archives).

Photo : Gurcan Ozturk/AFP/Getty Images

Deux mois jour pour jour après l'entrée en vigueur d'une nouvelle réglementation qui impose un quota de 20 maquereaux par jour aux pêcheurs récréatifs, le ministère fédéral des Pêches observe que plusieurs personnes ne sont pas encore informées des nouvelles règles et que d'autres tentent de les contourner.

Une intervention a d'ailleurs eu lieu à Grande-Vallée au cours de la soirée du 22 juillet en lien avec du braconnage de maquereaux au quai de la Municipalité. Les gardes-pêche ont arrêté six personnes et saisi des poissons et des engins de pêche.

L'enquête concernant cette opération est toujours en cours. Le chef de la division de la conservation et de la protection du secteur Gaspésie, Bas-Saint-Laurent et Îles-de-la-Madeleine de Pêches et Océans Canada, Jean-François Sylvestre, indique que les chefs d’accusation seront bientôt déposés. Il précise déjà que le dépassement de quota de maquereaux et la pêche d’espèce non autorisée sont en cause.

Le ministère des Pêches n’exclut pas l’arrestation d’autres personnes en lien avec cette affaire. Ce n’est pas impossible, l’enquête le dira, affirme M. Sylvestre en précisant que ce sont des informations transmises par le public qui ont mené à l’intervention du 22 juillet.

La municipalité de Grande-Vallée dans le secteur de l'Estran, en Gaspésie.

Grande-Vallée est un lieu prisé par les pêcheurs récréatifs (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Alors que certaines photos pouvant laisser croire à une surpêche sur le quai de Grande-Vallée ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux la semaine dernière, Pêches et Océans Canada affirme que les arrestations faites jeudi ne sont pas liées aux personnes qui apparaissent sur ces clichés.

Avec l’affluence de touristes qu’on a, combinée au changement du règlement, c’est quelque chose qui est préoccupant pour nous chez Pêches et Océans Canada. On suit de près les dépassements de quotas alloués.

Une citation de :Jean-François Sylvestre, chef de la division de la conservation et de la protection du secteur Gaspésie, Bas-Saint-Laurent et Îles-de-la-Madeleine

De nouvelles règles en vigueur

Depuis le 26 mai 2021, les prises de maquereaux sont limitées à 20 par jour par personne lors de la pêche récréative.

Ottawa a aussi fixé la taille minimale des maquereaux pouvant être conservés à 26,8 centimètres, en plus d'interdire la pêche entre le 1er janvier et le 31 mars et de limiter le nombre de lignes à pêche à cinq avec un maximum de six hameçons par ligne.

Ces nouvelles règles, conjuguées à une réduction de 50 % des quotas commerciaux, visent à rétablir la population de maquereaux de l’Atlantique, alors que la biomasse du stock reproducteur de l'espèce est au plus bas niveau jamais observé, selon Ottawa.

Même si le Ministère a publicisé les nouvelles règles en vigueur sur son site web et ses réseaux sociaux en plus d’organiser des activités de sensibilisation, beaucoup de gens ne sont pas au courant de la nouvelle réglementation, selon Jean-François Sylvestre.

Certaines personnes se disent non informées de la nouvelle règle et sont tentées de la dépasser, indique-t-il. Il y a toujours des gens qui tentent leur chance et prennent des risques.

Jean-François Sylvestre, chef de secteur, Gaspésie—Bas-Saint-Laurent—Îles-de-la-Madeleine.

Le directeur de la conservation et de la protection pour le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, Jean-François Sylvestre, indique que les agents de Pêches et Océans Canada font beaucoup de sensibilisation auprès des pêcheurs récréatifs concernant les nouvelles règles entourant la capture du maquereau (archives).

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Pêches et Océans Canada invite la population à dénoncer tout acte de braconnage à l'aide de la ligne téléphonique Braconnage-Alerte (1 800 463-9057) ou du formulaire qui se trouve sur le site web du ministère (Nouvelle fenêtre).

Un problème assez important

Le maire de Grande-Vallée est aussi préoccupé par la situation.

Depuis quelques années, on constate des problèmes assez importants sur le quai de Grande-Vallée, affirme Noël Richard. Même quand il n’y avait pas de quota, on trouvait qu’il y avait quand même des prises importantes pour une pêche récréative. On a déjà demandé des interventions du ministère au cours des dernières années.

Le maire de Grande-Vallée, Noël Richard.

Le maire de Grande-Vallée, Noël Richard, estime que la surpêche de maquereaux sur le quai de Grande-Vallée est un problème (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Le maire précise même que la Municipalité a communiqué avec Pêches et Océans Canada jeudi dernier pour demander une intervention, après que des citoyens eurent rapporté des activités de pêche qui semblaient suspectes sur le quai.

On aimerait que tout le monde respecte les quotas.

Une citation de :Noël Richard, maire de Grande-Vallée

Plus à l’ouest, au quai de Sainte-Anne-des-Monts, le maître de port fait état d'actes illégaux qui se seraient produits en début d’été, mais dit que la situation tend à s’améliorer.

J’ai des citoyens qui ont pris la peine de sensibiliser les contrevenants et leur préciser que, dorénavant, il y avait un quota de 20 maquereaux par personne et que ce n’était plus des pêches comme les années passées, mentionne Sylvain Gaumond.

M. Gaumond estime que l’absence de quota dans les années passées donnait lieu à une pêche récréative abusive, alors qu’il raconte avoir vu des pêcheurs quitter le quai avec des remorques réfrigérées chargées de maquereaux. Ça, je pense que ça n’arrivera plus et on va en être plus heureux, affirme le maître de port.

Même son de cloche du côté du préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier : J’ai vu dans le passé des scénarios d’horreur, des gens de l’extérieur, sans vouloir porter de préjugés, qui remplissaient glacière par-dessus glacière, et je me demandais s'il y avait du gaspillage éhonté dans certains cas.

Je pense que limiter les prises à 20 maquereaux par jour, c’était la bonne décision à prendre au gouvernement, affirme M. Cormier.

Le ministère n’est pas en mesure d’indiquer combien de contrevenants se sont fait pincer depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation.

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