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La qualité de l'air souffre des feux de forêt en Ontario

De la fumée est visible dans l'air près d'un lac.

Un bulletin spécial sur la qualité de l’air est en vigueur pour la quasi-totalité du Nord de l'Ontario.

Photo : Twitter/Feux de forêt de l'Ontario

Alors que les feux de forêt continuent de brûler dans le Nord-Ouest de l’Ontario, la qualité de l’air est à la baisse dans la majorité des régions de la province. Cette situation pourrait causer des troubles respiratoires chez les populations à risque, indiquent des experts.

En date de lundi, Environnement Canada avait publié des bulletins spéciaux de qualité de l’air pour la très forte majorité des régions de l’Ontario, en raison de la présence de fumée et de particules fines issues des nombreux incendies dans le nord de la province.

Au cœur de plusieurs feux de forêt que ravagent le Nord-Ouest de l’Ontario, l’hôpital de Red Lake a déménagé ses patients externes par anticipation des risques d’évacuation de la communauté.

La façade d'un hôpital.

L'hôpital de Red Lake reçoit des patients affectés par la fumée quotidiennement, selon Sue Lebeau.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Cependant, pour les habitants qui restent dans la région, les conséquences de la mauvaise qualité de l’air se font sentir à l’hôpital régional, selon la directrice de l'hôpital Sue Lebeau.

Il y en a plusieurs qui sont venus nous voir avec des problèmes respiratoires et on a été surpris d’en voir arriver avec des migraines, a indiqué Mme Lebeau.

Celle-ci indique que des personnes viennent chaque jour en salle d’urgence pour des problèmes liés à la qualité de l’air.

Les patients qui sont traités à l’hôpital reçoivent de l’oxygène et des traitements pour leurs migraines, selon Mme Lebeau.

Pas encore d’effet certain dans la province

Ailleurs dans la province, l’effet de la fumée n’a pas encore eu d’effet clair sur les hospitalisations et sur les troubles respiratoires.

À Toronto, le réseau hospitalier UHN a enregistré une hausse, mais nous sommes hésitants de l’associer à l’état de la météo, puisque nous ne pouvons pas la quantifier ou la confirmer, a indiqué une porte-parole.

De la fumée obscurcit le ciel de Toronto; la Tour CN et le centre-ville vus du lac Ontario.

De la fumée des feux de forêt dans le Nord de l'Ontario a envahi le ciel de Toronto lundi.

Photo : CBC/Paul Smith

L’hôpital de Hamilton ne recense lui non plus aucune hospitalisation en raison de la qualité de l’air en date de lundi.

La santé publique de la région de York n'enregistre pas de hausse d'hospitalisations non plus.

Dans la région du Grand Sudbury, Santé publique Sudbury et Districts dit s’attendre à une hausse des problèmes respiratoires en raison de la fumée, mais affirme ne pas avoir de données soutenant une telle augmentation pour le moment.

Cette affirmation est confirmée par l’hôpital Horizon Santé-Nord (HSN) qui indique ne pas avoir vu d’augmentation pour le moment dans la région du Grand Sudbury.

Dans la région de Porcupine, le service ambulancier du district de Cochrane indique avoir observé 13 appels pour cause de troubles respiratoires au cours de la dernière semaine, comparativement à 6 au cours de la même période l'an dernier.

Des troubles de santé possibles

Cette fumée est nocive pour les humains, qu’ils soient près ou loin des incendies, indique Éric Lavigne, épidémiologiste et professeur à l’Université d’Ottawa.

Plus on est à proximité des feux de forêt, plus il y aura le cocktail d’exposition aux particules fines et aux polluants gazeux. Et quand on est loin, on va quand même être exposés aux particules fines, parce que celles-ci vont voyager très facilement dans l’air, explique-t-il.

M. Lavigne indique que la présence de particules fines et de gaz, comme le monoxyde de carbone ou le dioxyde d’azote, dans l’air pourrait avoir un effet rapide sur la santé des populations qui sont touchées, notamment pour les populations les plus vulnérables.

On parle de symptômes respiratoires comme l’irritation des poumons ou des migraines, indique M. Lavigne.

Les populations les plus à risque

  • Personnes avec des maladies chroniques (asthme, diabète, maladies cardiaques)
  • Personnes âgées
  • Enfants
  • Femmes enceintes
  • Travailleurs à l’extérieur, même en bonne santé

En ce qui a trait aux facteurs de risque chez les enfants, M. Lavigne indique que ceux-ci ont encore un système immunitaire en développement et que les plus jeunes respirent beaucoup plus souvent en raison de la taille de leur système respiratoire.

Comment se protéger des effets néfastes?

Pour les populations à risque, M. Lavigne recommande la prudence afin d’éviter des symptômes liés à l’exposition à la fumée.

Les personnes à risque devraient penser à revoir et à adapter leurs activités, explique-t-il.

Selon lui, cette population devrait envisager de reporter les activités physiques intenses à l’extérieur, comme les randonnées ou le jogging.

Santé publique Sudbury et Districts recommande de rester à la maison avec les fenêtres fermées et de mettre son appareil d’air climatisé en mode recirculation de l’air.

M. Lavigne recommande par ailleurs d’équiper sa maison d'un purificateur d’air muni d’un filtre HEPA, si possible.

Il recommande aussi de surveiller ses symptômes, comme la toux, la gorge irritée ou les migraines.

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